By Thibaut

L’équipe de ITMM a eu la chance de pouvoir rencontrer le programmateur et le directeur du festival des Eurockéennes de Belfort. Rencontre exceptionnelle et « fun » de deux amoureux du rock n’roll.

ITMM : Bonjour. Pouvez vous vous présenter chacun votre tour ?

Jean-Paul Renaud : Je suis directeur de l’association. C’est une association qui s’appelle « Territoire de Musique ». J’y travaille depuis 2001. Avant, je m’occupais de la communication du festival, conseiller artistique, et un peu de théâtre de rue. Enfin je gravitais autour du festival…

Kem Lalot : Je suis programmateur du festival depuis 2001. Avant j’étais programmateur dans une salle qui s’appelle le Noumatrouff, à Mulhouse.

ITMM : Vous pouvez nous expliquer pourquoi le choix de Belfort ?

Jean-Paul : Ça a été inventé en 1989. Le prétexte c’était le bi-centenaire de la révolution française. Et donc le plus jeune président du conseil général voulait inventer une fête pour redorer l’image de la ville. C’était d’abord une volonté politique. Ensuite, le premier nom du festival, c’était la fête du ballon parce que le premier site s’appelait « le Ballon d’Alsace ». Sauf que le ballon d’Alsace, c’est un spot inaccessible en camion, où il fait 5 degrés de moins que n’importe où ailleurs en France et qu’en plus, les écolos locaux se sont mobilisés pour protéger ce site. Donc on a gardé le nom et le président du conseil général a insisté pour qu’on choisisse le plus bel endroit du territoire de Belfort. C’est donc une presque-île qui a été choisie, avec une zone naturelle protégée au fond, ce qui permettait de faire également la promotion de la région.

ITMM : Merci beaucoup. On va enchainer avec la programmation du festival. Concernant les découvertes comment faites-vous les sélections ?

Kem : La recherche d’artistes est permanente. On est tout le temps à la recherche d’artistes en allant à des concerts, en écoutant des albums, en allant à des festivals… Malgré tout, la programmation des découvertes, ce sont essentiellement des découvertes que l’on fait sur scène. Même si on écoute du son avant, c’est sur scène qu’il faut que ça se passe. Il faut qu’on sache si ça tient la route pour être programmé pendant le festival

Jean-Paul : Et la où le vrai travail de programmation se fait, c’est que généralement on va voir des groupes ou des artistes dans des tout petits showcase, où les conditions sont très très « roots ». Et donc le vrai travail de programmateur, c’est de réussir à imaginer comment ils peuvent être sur une grand scène, sur une plus petite scène et décider de l’heure. Même si c’est une découverte pour nous, ce n’est pas impossible qu’il aille sur la grande scène. Bien que cela ne dépende pas toujours de nous.

ITMM : Et du coup, pourquoi Lana Del Rey sur une petite scène, alors que c’est une des artistes les plus attendues sur le festival ?

Jean-Paul : Là, c’est autre chose (rire)

Kem : Ouais, là c’est plus compliqué. En fait c’est une demande et même une condition de l’agent qui ne voulait pas qu’elle joue sur une scène de plus de 10 000 places. Donc ça tombait bien, on a une scène qui s’appelle « La Plage » et qui fait 8 000 places. Mais du coup, ça a été un peu l’émeute, vu le nombre de personnes qui voulaient la voir (qu’ils soient fan ou pas d’ailleurs). C’est pour cette raison que les « Vieilles Charrues » n’ont pas pu la programmer, ils n’ont pas de scènes de moins de 10 000 places. C’est une artiste très entourée.

Jean-Paul : Au départ, on voulait la mettre sur une scène plus importante aussi, parce qu’on voulait mettre en place un système de captation avec un écran géant, etc… Là elle se trouve sur une scène presque plus « rock n’roll », mais c’est pas plus mal non plus.

ITMM : Vous pensez que ça a un lien avec l’accueil un peu hostile qu’elle a reçu en France ?

Jean-Paul : Peut être. Mais depuis peu, on peut voir les premières vidéos de sa tournée sur internet et les retours sont plutôt unanimes.  Puis on a souvent pris des risques, comme avec Amy Winehouse, quand on nous disait qu’elle n’allait pas venir et que c’était un peu du pipeau (bien que les 2 ne soient pas comparables).  Puis 4 morceaux de bien dans un album, c’est déjà pas mal ! (rires)

ITMM : Pourquoi selon vous le festival continue de marcher toujours aussi bien ?

Kem : Je pense que le plus important c’est le site et la programmation. Dans un premier temps. Les dates on l’air de convenir pas mal aussi, ça aide. Puis à cette période là, il y a beaucoup de groupes internationaux qui tournent, ce qui nous permet de trouver des grosses têtes d’affiche.

Jean-Paul : Je pense également que les gens sentent que c’est un festival humain, où ce sont des personnes qui travaillent dessus, et pas des grosses machines à festivals. Puis c’est un ensemble concernant nos choix et nos refus en terme de programmation.

ITMM : En parlant de ça, le choix de programmer un humoriste sur un festival rock ça vient d’où ?

Kem : Oui, on a décidé de programmer le Compte de Bouderbala cette année, déjà parce que c’est quelqu’un qu’on aime bien. A chaque conférence de presse qu’on fait en avril pour présenter le festival, on en profite pour présenter un groupe. L’an dernier on avait un humoriste qui s’appelle Thomas VDB qu’on connaît bien on l’a fait venir à cette conférence en lui demandant de présenter un peu son spectacle parcequ’il avait un côté très rock n’roll. Ça avait cartonné ! Du coup, on a rencontré le Compte de Bouderbala à l’Alhambra à Paris et on s’est dit : « tiens pourquoi pas le mettre sur une scène et pas seulement à la conférence de presse? ». Il était partant, il avait déjà fait ça au Canada, donc parfait !

Jean-Paul : Puis finalement, le risque est pas si important, puisque il y a un lien avec la musique, du moins dans le rythme. Le « stand up » c’est une histoire de rythme. On a voulu faire en sorte que l’humour soit dans un esprit rock. Toujours dans l’esprit découverte.

ITMM : Je voulais revenir sur la soirée Pédro Winter. Comment s’est mis en place ce partenariat ?

Kem : Ben Pedro, c’est une personne qu’on connaît bien aussi. Ça faisait un moment qu’on voulait faire quelque chose avec lui. Pas forcément autour de Ed Banger, mais lui laisser une part de choix dans la programmation en collaboration avec nous, évidemment. Il a voulu mettre en avant en peu tous ses goûts musicaux, qui ne se limitent pas à l’électro et donc mettre en place une soirée tout en progression, en commençant par de la pop pour finir sur de la grosse électro.

ITMM : Pour finir, j’ai 2 questions « Huche » à vous poser. Est ce que ça aide d’être programmateur et directeur des Eurocks pour serrer ? Vous estimez votre consommation d’alcool à combien en festival ?

Kem : Alors la conso de bière sur les Eurocks, c’est pas énorme parce qu’il faut que je garde un peu les idées claires. Mais aux Vieille Charrues, c’est pas la même… (rires)

Et concernant les nanas, ben évidemment que ça aide. Enfin plus maintenant, mais ça m’a bien aidé à une période oui.

Jean-Paul : Alors moi, mon souci, c’est que j’ai jamais de thune sur moi aux Eurocks, et comme je dis toujours au serveurs d’éviter d’offrir des verres, ben même à moi ils m’offrent plus rien (rires)

Concernant les filles, j’ai commencé à bosser aux Eurocks j’étais déjà avec ma nana, donc vraiment pas possible.

Un GRAND MERCI à Jean Paul et Kem de nous avoir accordé cet entrevue : HUCHE!!

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire