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Jeudi 13 Novembre 2014, Toulouse, Le Connexion

Ce soir c’est excité mais également curieux que je me dirige vers le bar/salle de concert/parfois même salle d’expos. Excité car c’est l’occasion de voir Elephanz, un duo dont j’ai (et pas mal de monde avec moi) aimé l’album, à la fois raccord avec les références qu’il revendique et moderne par son traitement instrumental et ses choix de direction musicale. Curieux car c’est seul que je me rends sur place.

Ben ouais, on est en semaine et l’entrée est aux alentours de 20 euros. Pas facile de trouver queulqu’un au dernier moment. Passer un concert (ou pas mal d’autres évènements) seul c’est un peu bizarre et, surtout, une première pour moi. Espérons qu’il y aura sur place quelques personnes « de qualité ».

Une fois là-bas, ce qui crêve les yeux c’est que les gens présents semblent tous sur leur 31 (là j’avais une vanne sur Toulouse mais je ne la publierai pas), comme un jour de photo de classe au lycée, ou mieux, une réunion de rentrée en ESC (enfin, j’imagine). Pour l’ambiance à venir je commence à craindre le pire… Mais pas vraiment le temps de m’attarder sur ces glands en mocassins, la première partie débute.

C’est ALB qui s’y colle. Alors en fait ALB j’ignorais qui c’était en le voyant sur les affiches mais je connais pas mal de ses chansons. Et vous aussi.

Accompagné d’un batteur et de Hal (celui de 2001 : l’odyssée de l’espace) il nous gratifie d’envolées pop-rock très très bien gérées, avec des morceaux d’electro et de General Elektriks dedans (pour le côté « piano fou » qui à l’occasion fait surface). Une bonne première partie en somme.

Fun fact : mes craintes sont confirmées lorsqu’entre les deux concerts une partie du public se met à acclamer les mecs qui font les balances… Un public impressionné par un do tenu plus de 3 secondes…

« Eteindez les lumières, commencez » Elephanz

Flanqués d’un bassiste à mèche et chemise sarcastique ainsi que d’un batteur, les deux bros débutent leur concert par Dust or Delight, comme sur l’album. Bonne intro, surtout que la set list ne sera pas, au final, dans le même ordre que sur leur opus.

Lors de ce morceau, ce qui ne m’avait jamais crevé les yeux m’apparaît maintenant évident : On dirait du Is Tropical, en plus tranquille par moments. Et du Pony Pony Run Run, mais en beaucoup mieux, en plus abouti. Avec une pointe de Phoenix. C’est frais, simple et funky. J’oublie même que je suis seul (sans ami quoi) et pas super bien entouré. Ce duo est en fait un groupe, et, ça fonctionne bien. Le bassiste est chaud et le batteur plein d’une énergie à laquelle  je ne m’attendais pas nécessairement en me rendant ici. En revanche, autant les mecs sur scène s’éclatent un minimum, autant le public n’a pas l’air de savoir comment on fait pour s’amuser. Ils aimeraient bien mais ça semble compliqué. Bon, ils gueulent comme des bons gros fratboys quand le chanteur prononce  » Toulouse « . C’est peut-être ça le plus triste.

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Après quelques morceaux, je commence à penser que ces mélodies semblent convenues, « logiques ». Et c’est sans doûte là la force d’Elephanz. Tout est à peu près tubesque et ce qui n’est pas dansant a le mérite d’être doux à l’oreille. Et tout ça dans le bon sens du terme, à mon goût du moins.

Les tubes (Time for a Change, Stereo) m’ont semblé expédiés mais comment leur en vouloir… Ces titres n’ont même plus besoin d’être vendus et ont du être interprétés un bon million de fois par le groupe. De-ci de-là les remarques du public sont de plus en plus surprenantes :  » Là ça sent pas très bon, les gens sont sales de nos jours », « et il y a même des mecs qui ont l’air bourrés »… Qu’on ne soit pas habitué à sortir c’est une chose (qu’on ne peut reprocher à personne) mais se comporter comme un gros con c’en est une autre. Public de merde…

Retour au concert avec Je n’ai jamais qui sera jouée de manière…bien fausse. Les mecs se confondent en excuses mais l’assistance n’ayant pas remarqué grand chose et n’offrant aucun retour ça ne paraît pas bien grave. Aimant les aléas du live je trouve tout cela relativement cool. Je ne peux m’empécher d’être malgré tout un peu triste pour eux. Surtout lorsque par la suite les micros dysfonctionnent. Ils finiront Elizabeth (ma préférée…) acapela , avec un seul micro. Et c’est un beau moment de live encore une fois…

Le rappel se fera sur Time for a Change. Classique j’imagine.

On a souvent le public que l’on mérite. Mais ce soir le public ne méritait pas Elephanz.

Arnaud

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