Première soirée, 15 Septembre 2012, Le Bikini.

L’Electro Alternativ c’est un évènement que je ne raterais pour presque rien au monde. D’ailleurs, depuis quelques années je n’y coupe pas. Soyons clairs, nous sommes à Toulouse, de la musique  électronique s’installe dans différentes salles, au minimum trois fois par semaine (ce festival se déroule  lors des deux dernières semaines de Septembre) et ce ne sont pas n’importe quels DJs qui s’imposent aux manettes.

Au fil du temps la programmation n’a cessé de s’améliorer, de s’étoffer, et nous en sommes aujourd’hui  à la huitième édition. Toulouse n’a pas fini de s’imposer, toujours un peu plus, comme une place à part  entière de la culture électronique. J’en suis témoin, j’ai assisté à cette progression en temps réels.
Cependant il n’est pas possible, pour l’humain moyen que je suis, de participer à toutes les soirées  organisées pour l’occasion. Cette année j’ai donc pris la sage décision de ne me rendre « qu » ‘ aux soirées se déroulant au Bikini. Bon, il faut être honnête, il s’agit, et de loin, de ma salle toulousaine (et alentour) favorite et la programmation y était vraiment impressionnante. Le tout très bien organisé par Reg’arts Asso, qui a su réunir de grands performers dans une ambiance toujours à la hauteur.

C’est donc sans aucune appréhension, conscient de ce qui m’attendait et fort logiquement bien préparé que je me rends sur place, à Ramonville, un peu avant minuit, en ce 15 Septembre 2012.
Ce soir au programme, Tha New Team, Munchi et surtout, surtout… Skreamizm, gros concept de soirée où l’on retrouve Skream donc, et Sgt Pokes en MC pour un show de 2h30 (environ). Je ne trahirai aucun secret en disant que c’était vraiment ce set, en particulier, que j’attendais le plus sur l’ensemble de ces deux semaines de festivités électroniques.
Un peu d’histoire: Skream est, avec Benga (ils se sont également retrouvés dans le super groupe Magnetic Man, aux côtés d’Artwork) l’un des précurseurs du mouvement dubstep, à grande échelle, en Angleterre, au milieu des années 2000. Ce mouvement étant plutôt récent il est évident que ceux qui en sont à la base en seront un jour les « légendes ». Il en irait donc de la faute professionnelle si je n’étais pas ici, à ce moment précis.
Je retrouve sur place de nombreux visages « connus » des nuits toulousaines, beaucoup se sont donnés rendez-vous ici et ça aussi c’est un bon signe.
Après un passage rapide sur le dance-floor, histoire de prendre le pouls de la soirée (la salle n’est pas pleine mais le Bikini affiche déjà complet…) puis un tour au bar extérieur, cela me semble bel et bien lancé. Une chose est certaine, on va tous en prendre plein la gueule. Bon,on dirait bien que ce n’est pas pour tout de suite. Là, sur scène, c’est Munchi et je dois bien avouer que c’est pas vraiment ma came. Voire pire, je n’en comprends pas trop l’intérêt.
Le dj nous diffuse un son limite dance et me rappelle de mauvais moments passés dans des clubs moisis. J’exagère un peu mais dans tous les cas quelque chose à dû m’échapper. Après, pour être tout à fait honnête, le son était bien fat, bien lourd comme j’aime, habituellement. Ma découverte (positive) de la soirée c’est Tha New Team. Un bon gros côté Foreign Beggars dans la construction, du gros son dubstep bien gras, du vrai hip-hop et surtout pas de concession. Niveau rap, un gros débit et du souffle et niveau dj on est sur ce qui se fait de meilleur. Une grosse claque, pour résumer. Je sais bien que j’aurais dû connaitre ce groupe avant cette soirée mais nul n’est parfait. De plus, n’attendant que Skream et Pokes j’en avais oublié que d’autres artistes pouvaient potentiellement m’emmener très loin ce soir. Mais venons en au concept Skreamizm. Un dj (Skream), un mc (Sgt Pokes) et puis c’est tout. Et surtout, ça suffit largement. Si je dois être honnête (et je le dois, la déontologie, tout ça), mes souvenirs d’après 4h du matin sont plutôt flous. Une succession de titres énormes, une salle surchauffée, mes jambes (et tout le reste) qui bougent toutes seules, pendant beaucoup trop longtemps…

Plus sérieusement, personne n’a vu le temps passer, et j’ai perdu la personne qui m’accompagnait ( je l’ai retrouvé, plus tard, en vie et en forme, c’est le principal il me semble). La scène a pris vie de manière exceptionnelle et tout s’est arrêté, sans que l’on ait réellement le temps de réaliser. La musique s’est arrêtée, les lumières se sont rallumées et chacun est rentré chez lui, au bout de presque 2h en ce qui me concerne…

    Une grosse semaine m’attend et le samedi d’après le programme se répète, en un sens. Toujours l’Electro Alterntiv, toujours au Bikini. Mais le 22 Septembre c’est Big Splash Party avec Gtronic, Savant, Belzebass
Le concept est simple : des gros Djs sets au début et à la fin de la soirée. Mais au milieu ? Au milieu nous retrouvons les battle qui ont faits de ces soirées des moments cultes. Des battle entre djs qui s’attaquent un quart d’heure durant, chacun leur tour, à coups de gros sons, forcément. La victoire se joue à l’applaudimètre et le perdant se fait épiler le torse par l’une des très jolies « hôtesses » en direct sur scène. Son humiliation n’ayant de sens que si chacun peut en être témoin, bien évidemment.

Deuxième soirée, 22 Septembre, Le Bikini.


Pour cette deuxième soirée ambitieuse en peu de temps (avec le Festival du Groland entre les deux) je suis différemment accompagné. Mon acolyte précédent, pourtant plein de bonne volonté, ne peut pas, enfin, il ne peut plus. Sans doute le fait de ne se rappeler que de la moitié de la soirée précédente. Sans doute aussi le fait de s’être retrouvé dehors, à un certain moment, sans savoir pourquoi… Il est donc temps de réunir une team motivée et efficace. Comme un fait exprès, l’un des rédacteurs d’ITMM (dont je tairai le nom) est dans la place. Lui et l’autre pote qui nous rejoint comptent parmi les wingmen les plus importants de la région sud-ouest.

Arrivés au Bikini, toujours la même constatation, le son est violent. Surtout lorsque Savant est derrière les platines (oui, c’est vrai, on a réussi à rater le début, voire la moitié de son set). Pas le temps de tergiverser, ni même d’aller chercher une bière. Il semble que l’on ait d’ores et déjà perdu trop de temps, alors qu’il n’est même pas si tard que ça. La nuit n’en est qu’à ses balbutiements de toutes façons. Nous avons pas mal de temps, c’est du moins ce que l’on a envie de croire. Savant est un dj qui n’a peur de rien, signe reconnaissable des bons. Même si la tendance dubstep est la plus évidente dans dans sa prestation ce soir-là, il n’hésite pas à envoyer des mélodies bien senties, voire même « légères ». Ce qui rend encore plus abruptes les drops dans ses morceaux. Sa technique ne s’arrête évidemment pas là mais il s’agit de l’aspect que j’en préfère.
Après Savant, qui nous a bien chauffés, il est temps de faire un arrêt au stand, avant le début des « clashs ». Bon, après il faut bien dire que rétrospectivement c’est très con de prendre une pinte pour aller se mêler à une foule folle se déchainant sur du gros son (problématique déjà soulevée par un rédacteur lors de Rock en Seine me semble-t-il)…

Sur scène et alentour ça devient assez violent. Entre l’habituel « Monsieur Loyal » qui annonce les artistes et motive le public, les animatrices/hôtesses qui défilent, annonçant les rounds qui se succèdent et surtout, bien entendu, des mecs comme Gtronic et son son Heavy Bass Trash (marque déposée par lui-même), Pro7 et autres Tom Deluxx, disons le tout net : nous nous trouvons dans une arène, et les djs en sont les gladiateurs. C’est là l’essence même des Big Splash. Une violence inouïe, partout. Les sets sont des tableaux. Pas toujours très aboutis, pas toujours très « esthétiques » mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est que les gens soient heureux, déchainés, transpirants et ne se souciant pas de l’image qu’ils peuvent renvoyer. Cette image de toute manière, c’est eux. Ils sont eux-mêmes, même si tous ne s’en rendent pas compte et ne s’en souviendront pas le lendemain. Cette soirée aura été faite de rencontres, beaucoup de rencontres. Avec des personnes que je connaissais déjà, avec certaines que j’ai été content de rencontrer pour la première fois et même des gens que je n’aurais jamais cru/dû voir dans ce contexte.
Au final, tout le monde a gagné. Les clashs entre djs ne sont que des prétextes (certains ont beaucoup d’amis dans la salle et l’applaudimètre n’a que faire de l’objectivité), le public s’est amusé et les lumières se sont rallumées alors que dans ma tête on était au beau milieu d’un set.

Un samedi soir au Bikini, en gros.

Arnaud


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