Dope

Adoubé par la presse et les spectateurs pour son hommage vibrant à la culture hip-hop des 90’s et son côté frais, Dope peut décevoir avec un certain effet de déjà-vu.

 

 

On pourrait se surprendre à se demander ce que le film aurait donné si s’agissait non pas d’une production américaine mais britannique. Outre le fait que l’humour british est efficace à 200% et ses ressorts comiques souvent plus recherchés qu’outre-atlantique, on aurait pu aussi y trouver un côté beaucoup plus corrosif, loin de la consensualité du cinéma américain. Celui-ci souffre souvent de ses propres carcans, de ses stéréotypes et de ses bons sentiments dégoulinants. Mais soit, ce film est bel et bien américain, faisons avec*.

Le scénario tourne autour de Malcolm, lycéen d’origine nigériane qui tente d’échapper aux stéréotypes du ghetto en s’évadant dans le hip-hop des décennies précédentes et dans la culture geek. Malgré tout, les embrouilles de son quartier le rattrapent et le garçon devient un « Boyz N the hood« , ou du moins en passe de l’être. Ce n’est pas sans compter sur son côté ingénieux, persévérant, ses amis et … sur l’amûûûûûr, qui lui maintiennent la tête hors de l’eau. Si le début du film semble s’écarter des sentiers battus et nous surprend par son humour entier, la deuxième partie rebondit difficilement sur une scène de confrontation avec un potentiel mentor. Cette dernière aurait pu être forte si exploitée à fond. Au lieu de ça, la tension retombe et les ficelles tirées par le scénariste se révèlent assez pauvres, n’épargnant aucun cliché sur la drogue festive, les geeks qui savent coder et aiment Game Of Thrones, les blacks qui volent des sneakers, les jolies filles qui en ont marre des bad boys, etc

Spoiler

 

Penchons-nous maintenant sur le casting. Si l’acteur principal Shameik Moore était inconnu jusque là, la brochette de comédiens/artistes qui l’entoure est assez intéressante : citons évidemment le rappeur Asap Rocky, mais aussi le jeune acteur du Grand Budapest Hotel, Toni Revolori et Zoë Kravitz (une des jolies nymphes dans le merveilleux Mad Max Fury Road), fille de vous-savez-qui. Le jeu de l’acteur principal est assez épatant de spontanéité, ce qui enrichit largement son personnage. Les autres acteurs livrent des performances qui ne marqueront pas forcément les esprits, ni en bien, ni en mal.

Quant à la bande-son, elle peut effectivement faire frétiller vos poils de bras en souvenir de cet âge d’or du hip-hop qu’étaient les années 90’s**  (A Tribe Called Quest, Public Enemy, Naugthy by Nature, …) voire provoquer une demi-érection grâce à des sons comme The World is yours de Nas. Mais en réalité, la bande-originale n’est pas aussi riche qu’on pourrait le penser, et ce malgré des piques bien senties sur la musique actuelle : « Je ne commanderai jamais de cd de Macklemore  » dit le jeune héros. Trop cool de chier sur la culture mainstream !

 

(C’est cadeau).

Cela dit, ce film saura vous ravir en ces premiers jours de froid et vous redonner un semblant de patate, remplissant parfaitement son rôle de Feel Good Movie.

 

Par Noémie.

* Ces propos hautement subjectifs n’engagent que son auteur. N’y voyez point d’anti-américanisme primaire mais plutôt l’occasion de débuter un débat sans fin !
** Décidément, que de subjectivité dans cet article !

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