Dans un précèdent article sur le concert de Flying Lotus , j’ai pris le parti de honnir ce dernier pour une faute de goût caractérisée ; du fait qu’il ait choisi de la Dubstep pour clôturer son set. Le genre est né de la fusion du Dub aux origines jamaïcaines et du 2 step britannique (également appelé garage jungle), en empruntant à chacun d’eux des patterns rythmiques et des signatures sonores.

Parmi ces dernières figure la pierre angulaire du genre : le wobble. Simple sinusoïde modulée par un filtre (Low Filter Oscillator, ou LFO pour les intimes), ce type de son s’est imposé comme le must have d’un set réussi et s’infiltre dans tous les genres avec plus ou moins de cohérence. Même Britney Spears s’y met, et c’est bien la preuve qu’il s’agit là d’un atout vente.

 Vous l’aurez compris, à mon sens, la Dubstep a un gout de réchauffé, et ne fait que condenser les éléments centraux de modèles musicaux qui ont déjà été considérablement développés dans le passé. Comment vous dire … c’est comme si un aristocrate du 19e avait choisi le staccato de violon, une signature rythmique à 6/8, et avait produit un répertoire entier sur ce simple canevas. Ça n’aurait pas fait long feu … contrairement à son hérétique créateur sur le bucher de la bienséance musicale.

 Mais que l’on ne s’y méprenne pas, il serait réducteur et étroit d’esprit que d’écarter pour ainsi tout production du genre. Il y a eu , et il continue d’apparaître ça et là quelques trésors au fond de cet étang boueux peuplé d’alligators à lunettes qu’est la Dubstep.

N’écoutant que mon devoir, je vous livre donc quatre titres qui, à mon sens, se classent dans ce genre, bien qu’on ne risque pas de les entendre en club. A noter que parmi les artistes qui vont suivre, aucun n’est répertorié comme producteur de Dubstep. Ces titres sont plutôt le résultat d’une curiosité et du virus du touche à tout, aussi répandu chez le producteur alternatif que la démagogie chez le politique.

#1 : Horsepower Productions – Water

Un pionnier ! Les amateurs de Dubstep ne le savent peut être pas, mais Horsepower Prod a éloigné la 2 step du R&B qui commençait a l’envahir et ainsi posé les bases du genre. Avant que Skrillex ne viole son cadavre.

 #2 : Robot Koch – Powerstrip 66 (feat. Doshy)

Qualifié par le dénicheur de talent de la BBC John Peel de «Pop du futur», les productions du beat maker berlinois sont riches d’influences diverses et en avance considérable sur le temps musico-commercial. Je vous invite fortement a découvrir son album Songs for trees and cyborgs, inégal mais souvent fascinant.

#3 : Black Sun Empire – the 405

Depuis de nombreuses années Black Sun Empire arbore fièrement l’étendard Drum and Bass. Morceau d’introduction de leur dernier opus, Light and Wires , il marque un attrait nouveau du collectif pour des tempos plus lent qui naguère ne passaient pas sous la barre des 170.

#4 : Hecq – Sura

Voici la meilleure production affiliée Dubstep qu’il m’ait été donné d’entendre. Hecq est un ponte de l’IDM ( Intelligent Dance Music ), et a toujours fait preuve d’une qualité de production et d’une créativité qui enfantent des univers personnels, extatiques, éclectiques. « Sura » apparaît sur l’EP éponyme qui contient un autre titre, « Tiamat », plus anodin . Ne manquez pas son album Nightfalls , décrit comme un album de musique romantique (au sens littéraire du term) électronique. Tout simplement magnifique et intemporel.

N’hésitez pas a nous faire partager vos pépites du genre dans les commentaires ci dessous !

Monseigneur .

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