Portfolio par ANTHONIN WEBER

Ne vous étonnez pas si dans la campagne barcelonaise un enfant vous regarde de haut, aussi haut qu’un immeuble. Ce sont les Castellers, ces châteaux humains qui s’érigent en été dans toute la Catalogne.

Juste avant le commencement des Castelers, l’étroite place d’un petit village près de Taragona, à quelques dizaines de kilomètre de Barcelone, s’anime. Les adultes se préparent, la foule arrive, les enfants courent partout. Casteleros et spectateur se mélangent en attendant qu’une pyramide ne fende soudainement la foule.


La « proteccion civil » veille à la sécurité de tous. La place est tellement remplie qu’il n’est pas rare qu’un spectateur s’évanouisse. Une blessure peu survenir lors d’une mauvaise chute, mais les « casteleros » savent tomber de ces pyramides humaines impressionnantes. Un accident grave est très rare tant la maitrise des corps est grande.

Les habitants s’amassent aux fenêtres et aux toits pour voir s’élever les pyramides donnant un petit air d’arène à la place du village, d’habitude moins calme. Aujourd’hui trois groupes de « casteleros » s’affronteront dans un combat vertigineux.


La base de la pyramide est constituée de « Casteleros » mais aussi de spectateurs. Aussi impressionnés qu’excités, on se retrouve vite à faire partie d’un socle solide fait de bras, de poigne et d’accolade en béton! Une petite fourmi parmi ses sœurs ouvrières. Seule la colonie compte!


Les pieds et les mains se mélangent et se tiennent, jeunes et vieux, grands dadais ou petites brindilles. Il y a une beauté particulièrement forte à ressentir l’unité du groupe et les frontières de la pudeur sauter dans ce mélange des corps.


Soudain les « Casteleros » sortent le la foule et fleurissent de partout. Tout se passe vite, en un instant la deuxième base se forme.


Puis c’est l’érection au son des instruments traditionnels. Dès que le meneur le décide, la musique commence et il n’est alors plus question de retour en arrière.


Tout se passe très vite. Prendre appui sur son camarade pour soi-même servir de base une fois son niveau atteint. Maîtriser son équilibre, celui des autres, s’aider et tenir bon.


Un jeune « Castelero » s’apprête à gravir la pyramide humaine. Agé d’à peine dix ans, il grimpe à toute vitesse pour former le sommet. Plus les étages s’accumulent et plus les participants sont jeune et légers.


Formés par groupes de trois, les « étages » se transformeront pour former différentes figures. Au moyen-âge les éclaireurs construisaient ces pyramides humaines pour repérer l’ennemi! Heureusement, maintenant, plus d’ennemis mais une compétition à vous couper le souffle!


Le public retient son souffle, le jeune « Castelero » s’apprête à grimper au sommet d’une pyramide. Celle-ci fera sensation en offrant huit étage ne reposant que sur un(e) « Castelero » à chaque niveau. Le moindre déséquilibre et c’est la chute (très impressionnante). Heureusement, un colosse à plein régime, héructant et suant de toute part, soutenu par ses camarades, veille à la solidité de l’édifice.


Un jeune « Castelero », descendu du sommet d’une pyramide qui se défait aussi vite qu’elle est apparue, est félicité par sa mère, sûrement très fière. Participer aux « castelers » est avant tout un évènement familial, une passion qui se transmet de génération en génération. Dans le film « La teta et la luna » de Bigas Luna, (dont les participants du jour ont joué dans le film) l’honneur de constituer le top de la pyramide est bien représenté par le papa du héros, un peu peureux, qui l’encourage au son des: « tienes corones! tienes corones! » A voir absolument!


La pyramide redevient foule, à bout de forces, les participants se reposent, s’encouragent, se réconfortent.


Dans une ambiance survoltée, les « Casteleros » reprennent leurs esprits, se retrouvent, commentent et blaguent, prêts à recommencer un quart d’heure plus tard.

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