Le Weekend des Curiosités c’est LE festival incontournable de Toulouse. Un de ces rendez-vous que l’on note sur son agenda une année à l’avance.

Début juin c’est Bikini pour deux jours, histoire de donner le coup d’envoi officiel de la saison estivale et de faire de nouvelles découvertes. Depuis l’an dernier le Weekend des Curiosités a retrouvé son ADN, un retour dans la salle mythique de Ramonville et une programmation faite d’espoirs et de nouveautés, aucune importante tête d’affiche mais des groupes qui montent et dont on entendra sûrement parler dans les mois à venir.

Une fois de plus l’organisation nous a gratifié d’une très belle installation générale avec une scène au dessus de la piscine et une autre sur l’habituel parking pro à l’arrière de la salle. Une vraie impression de festival avec un site où l’on peut se balader vraiment, changer d’ambiance et se poser tranquillement entre les concerts.

Deux jours de concerts pour IntheMorning Mag, deux belles soirées, de grosses claques musicales, beaucoup de bières et pas mal de fatigue plus tard, il est l’heure de faire le bilan de cette édition qui comme souvent nous a régalé.

On vous a donc sélectionné nos coups de coeur de ces deux soirées de festival, les groupes et artistes qui nous ont convaincus, parfois cueillis comme des fleurs quand on a découvert sur scène des gens qu’on ne connaissait pas.

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POGO CRASH CAR CONTROL

Les premiers inconnus du week-end qui nous mettent une grosse branlée déboulent sur la grande scène vendredi assez tôt dans la soirée. On est encore en train de se chauffer tranquillement autour d’une pinte bien méritée quand on se rend compte de l’imminence du concert de POGO CRASH CAR CONTROL.

Notre photographe s’approche de la scène et le rédacteur du soir sort son petit carnet en attendant de voir ce que va nous proposer le groupe. Une énorme branlée donc… Dès le premier morceau c’est un mur de guitare ultra violent qui nous tombe sur la tronche. Le temps de reprendre nos esprits et on commence à se demander sérieusement ce qui est en train de nous arriver. Les membres du groupes affleurent la vingtaine et nous envoient le son le plus violent qu’on ait écouté depuis un bon moment.

Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas puisque la salle se remplit à vitesse grand V et le pogo commence à bien s’énerver, ce qui est au final assez logique au vu du nom du groupe. Un bon gros rock, bien hardcore, bien garage et brut de décoffrage qui nous secoue et nous met la première grosse claque du festival. On avait jamais écouté P3C avant et le moins qu’on puisse dire c’est que la surprise est de taille.

Le son est sec, nerveux mais sait rester pro et particulièrement mature dans sa construction. Une véritable surprise qui selon plusieurs avis venant du public n’en est pas réellement une tant les échos à leur sujet sont extrêmement positifs, tout particulièrement sur scène. On ignorait que la France était capable de ce genre de son, on était bien naïfs.

Première grosse découverte de ce Weekend des Curiosités. Comptez sur nous pour vous donner des news de Pogo Crash Car Control très vite.

 

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MAWIMBI

On connaissait depuis quelques temps le collectif Mawimbi, la faute à un pote à nous pas très grand qui n’envisage pas une soirée sans nous en balancer un peu dans la sono. Pas vraiment une découverte donc mais une solide envie de voir en direct ce dont ils sont capables. C’est sur la scène placée au dessus de la piscine que débarquent les DJ pour un show qui ne nous déçoit pas, loin de là. Avec leurs sons éclectiques, ouverts aux influences tropicales et africaines, Mawimbi envoie du lourd. Le public est conquis et malgré la pluie battante par moments la cour du Bikini ne désemplit pas. Jonglant entre afro beat, techno, disco… les mecs réchauffent tout le monde, et tant pis si on finit trempés. Un bon gros set qui dure une bonne partie de la nuit pour le plus grand plaisir du public à en juger par le nombre de danseurs arborant un grand sourire et étant littéralement scotchés devant les DJ.

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ROMEO ELVIS

Sans doute l’un des artistes les plus populaires qui ait été programmé lors de ce weekend. Vous n’êtes cependant peut-être pas tous sans savoir que la rédaction d’ITMM flirte dangereusement avec la trentaine d’années ce qui par conséquent, provoque parfois un certain temps de retard concernant quelques nouveautés. Lorsque Roméo Elvis est devenu un personnage notable du rap game francophone nous n’étions pas particulièrement au courant et c’est il y a seulement six ou sept mois que son hip-hop bruxellois est arrivé à nos oreilles. Les instrus sont travaillées, relativement old-school bien que flirtant assez souvent avec la trap, toujours dans l’air du temps malgré les réticences des plus réacs des fans de rap. Chez Roméo Elvis ce qu’on aime, hormis les instrus et ses paroles c’est aussi l’attitude, le flow, la dégaine sur scène. Tout le monde sait qu’en live l’attitude c’est une grosse partie du travail et force est de constater que le Belge en a à revendre. Il arrive sur la scène du Bikini comme chez lui, porté par un public qui l’attendait, à n’en pas douter. Le phrasé est propre, audible (cette précision peut paraître anecdotique mais croyez-nous, les concerts de rap sont souvent compliqués à ce niveau-là), les morceaux s’enchaînent et le public est chaud. Un vrai bon concert qui laisse à penser que le rap a de l’avenir mais de toute façon ce n’est pas à nous qu’il fallait demander de douter à ce propos. Petite fausse note très personnelle, l’absence du titre Bruxelles Arrive sur la setlist, dommage…

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LESKA

On a évoqué la découverte Pogo Crash Car Control ainsi que l’évidence Roméo Elvis mais le surprise, la meilleure performance live de la soirée, le duo qui a fait l’unanimité au sein de la rédaction est là et bien là, il s’agit de Leska. Au moment d’écouter un peu tous les artistes présents au cours du festival histoire de se faire une idée de ce qui nous attendait, Leska nous avait interpellé de par sa qualité sonore exceptionnelle mais aussi par son faible manque de followers sur les différents réseaux sociaux. Qu’on le veuille ou non (pour nous c’est plus non que oui d’ailleurs) cette information est forcément représentative de la popularité de tout et n’importe quoi. Ce qui nous surprend c’est justement que Leska c’est loin d’être n’importe quoi. Un duo donc, qui exécute une musique aux rendus électroniques tout en ayant des constructions symphoniques dans ses différents morceaux. Chaque titre est ciselé, travaillé, balancé à nos petites gueules avec une propreté hallucinante. L’ensemble est vaporeux, créé des nappes aussi douces lors des différents ponts que vivifiantes dans les sorties de breaks. De véritables musiciens au service de l’electro, des mecs qui prennent leur style au sérieux et respectent leur auditoire, du plaisir pour une salle principale encore une fois remplie pour l’occasion et un jeu de lumière et de mise en scène particulièrement impressionnant. On retrouve chez ce duo un côté très proche d’Odesza musicalement parlant et c’est exactement ce dont on avait besoin à ce moment précis, histoire de se chauffer toujours un peu plus pour la suite.

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DARIUS

Comment finir un weekend musical en tous points parfait? L’option Darius est plutôt intéressante, soyons honnêtes. La salle principale (oui, on a beaucoup traîné là-bas) est pleine, les étages sont ouverts, la foule est dense, le son s’annonce puissant tout en ayant un aspect aérien parfait dans la mesure où il est 4h30 quand commence le live, les infra sont réglées d’une manière aussi parfaite que l’on est en droit de l’attendre de la part du Bikini et le dj français a particulièrement l’air alerte derrière ses platines. On sent une atmosphère particulièrement positive à ce moment précis de la nuit, encore plus que durant le reste du weekend dans la mesure où chacun sait qu’il s’agit de la dernière performance de la soirée. Une soirée que personne ne veut voir s’arrêter mais qui devra tirer sa révérence à un moment ou un autre. On a déjà essayé, il est impossible de rester au Bikini pour l’after puis pour dormir, les mecs sont très protocolaires…Avant de fermer ses portes c’est un live particulièrement réussi que nous offre la meilleure salle de concerts de tout le sud de la France. Un live qui offre plusieurs moments de grâce que l’on partage avec tout le public, aussi motivé que mélancolique, aussi beau que bientôt absent. On ferme les yeux, on se laisse transporter par des nappes légères d’electronica couplées à des basses nettes et sans bavures.

On se dit une dernière fois qu’il faut profiter de ces dernières minutes en attendant que les lumières s’allument. Pas de chance, comme d’habitude elles finiront par s’allumer.

Déjà fini… Déjà la fin de ce Weekend des Curiosités 2017 qui aura tenu toutes ses promesses. Il est temps de rentrer, de prendre le métro mais on embrasse une dernière fois le site du regard en se disant que Juin 2018 c’est encore loin.

par Pierre & Arnaud

Photos – PNC Photographies

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