Pour l’ouverture de cette nouvelle rubrique consacrée a un format cinématographique injustement délaissé par les médiums grands publics, quoi de mieux que de passer ces derniers sur le grill !

Contre, tout contre est le dernier court de Yoann Stehr, réalisateur belge dont les travaux ont été salués dans de nombreux festivals. Il nous livre ici un moment d’effeuillage médiatique, réalisé au moyen du «Found Footage» qui consiste a glaner des images sur le net et de les remettre en scène par le découpage, le collage et la mise en opposition. Six minutes expérimentales délectables où les images interagissent entre elles, s’habitent à tour de rôle dans une farandole où l’on interroge la célébrité, la gloire et le sentiment de solitude irrémédiable qui y répond et incite à la création perpétuelle.

Pour Yoann Stehr, rien ne se perd tout se transforme, en une alchimie aveugle mais non moins lumineuse, accompagnée d’une voix off qui se détache et pose les différents plans de compréhension de l’image. On nous invite ici à prendre le recul nécessaire à l’analyse de notre monde au travers des fenêtres cathodiques qui, trop souvent, s’ouvrent tapageusement sous les bourrasques du tout-spectacle.

Ce court se pose comme une humble réponse à Guy Debord et son influent essai La société du spectacle (1967 Buchet/Chastel ). 40 ans après, l’hypothèse est vérifiée . C’est avec une surabondance de symboles que Yoann Stehr joue et déjoue les fausses mystifications débilitantes de l’écran dans un univers où les politiciens fusionnent et la sensualité se noie dans un océan de boobs (poétique n’est ce pas ? ) .

A voir, et a revoir , ici et ailleurs .

Monseigneur.

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