Aaaah Kavinsky Kavinsky… Je ne savais pas à quoi m’attendre en venant te voir, tant les avis sur tes performances divergent… Tu exaltes autant que tu déçois… Et ce soir?
Quoi qu’il en soit, nous sommes un mercredi de début décembre sur la charmante Bruxelles, et je me dirige vers l’AB pour voir Vincent Belorgey revenir d’entre les morts…

djpone

Et c’est avec plaisir que je pousse la porte de la salle, des échos de hip-hop à la Puppetmastaz au loin… Je lève les yeux, et c’est bien DJ Pone, entre autre membre de Birdy Nam Nam, qui vient faire la première partie de Kavinsky, arborant même un de ses tee-shirts… Très bon début de set, du son lourd qui annonce une soirée sérieuse… Puis le tout vire dangereusement en dirty/club/house qui est moins ma tasse de thé, mais à ma grande surprise ne faisait qu’annoncer un très gros Gesaffelstein. Audacieux. Bien entendu, ni une ni deux, tout le monde part au quart de tour, sauf que pour avoir eu la chance de prendre ma claque cet été par l’original, je reste partagée… Mais une  bonne série de citations toutes meilleures les unes que les autres (au hasard Mr. Oizo, Daft Punk, et alors je ne sais pas si j’ai rêvé ou Jupiter aussi) dans un subtil mouvement de va et vient font de ce set un subtil moment musical à vous faire remuer la croupe jusqu’à l’épuisement. La preuve en est avec le monde qui s’agglutine et persiste même à répondre aux multiples demandes du DJ… Il est maintenant 21h05, et grâce à Dj Pone,  la salle est aux abois.

Outrun Kavinsky

Dans l’épais brouillard d’un cimetière un soir d’ Halloween, des notes surgissent du néant, et voilà que bondit le capot de la Testarossa rouge de notre cher zombie. Deux écrans sur les côtés de la scène comme les fenêtres de son bolide ne cesseront de nous faire avancer à la lumière des phares qui se baladeront tout au long du concert. Et dans ce nuage brumeux, frétillant au son du synthé et clope au bec, flottent deux petits yeux rouges lasers, et enfin la fameuse silhouette au blouson rouge et blanc se découpe par flashs…

Alors, ce qui est certain, c’est que visuellement, c’est génial. Absolument nickel, couleurs effets stroboscopes, mouvements, tout est synchronisé à la milliseconde près, et chaque morceau a sa scéno propre qui évolue au fur et à mesure du concert. L’album Outrun, qualifié plus d’une fois de roadtrip, se métamorphose littéralement sous nous yeux en tableaux 3D. Purement subjectif, mais j’y ai vu la voiture tailler la route, aller à toute allure, faire des tonneaux sous la foudre et se crasher, puis dans un calme pluvieux, à la lumière des phares, reprendre vie. La naissance du petit Kavinsky quoi.

Plongé dans sa course sans fin, le DJ reste dans ce rythme profond et régulier qui fait la base de son album; c’est bon, on s’assoit sur la banquette pour reconnaître ses petits sons intergalactiques qu’on apprécie tant. Mais personnellement, au bout d’un moment, je m’essouffle avec lui, et même si effectivement je «vis le voyage», je pensais avoir un peu plus d’adrénaline en live. Il reste tout à fait collé à ce qu’on connaît, dans cette espèce de nostalgie de la route 66, et même si c’est exactement ça qui était séduisant, ça manque peut-être un peu de folie, de danger. Pour rester dans la métaphore automobile, on a foncé sur une autoroute géniale, mais on avait espéré quelques loopings mortels…

Puis vient la fin. Nette, précise, celle où tout le monde sait qu’il y aura un rappel. Mais on applaudit, ça fait partie du jeu. Après quand même quelques minutes de cris surchauffés d’un public tenu en haleine depuis plus d’ une heure, c’est évidemment sur « Nightcall » que revient en force le superzombie. Et là, dans un éclatement complet, le morceau offre toutes ses qualités et c’est un peu du délire. Tip Top. Sauf que, c’est tout. C’est vraiment tout. Alors d’accord, il était prévu une heure de Kavinsky, et c’est ce qu’on a eu. D’ailleurs il revient encore, salue d’un mooonwalk gêné et traverse la scène à plusieurs reprises, serre des mains; c’est même un peu drôle comme situation. Mais le problème, c’est que quand la foule en délire voit le DJ réapparaître derrière ses platines pour enlever blouson et lunettes et qui celui-ci sourit, elle s’imagine qu’il nous annonce un morceau encore inconnu à venir, un petit moment d’ impro, bref , quelque chose pour prolonger un peu, n’importe quoi d’ unique à ce soir. Il s’avère que pour lui, c’était une manière de dire qu’il avait fini. Donc nous voilà avec une salle pleine de gens frustrés encore tout chauds. Aaaahhh…Kavinsky Kavinsky… on t’aime bien mais sache que tant qu’on te voit sur la scène, c’est que tu vas faire quelque chose. Donc on reste, on attend et on espère. Et donc rester devant nous pour qu’on t’admire, c’est un peu cute, mais au départ on est venu pour ta musique quand même.

Bref, tout le cocktail-Kavinsky promis était là : du mort-vivant, du bolide et des synthés qui retournent dans le futur. Mais je me dis, avec tous ces éléments géniaux, y’aurait pas moyen d’aller encore un peu plus loin ?

En remerciant l’AB pour l’accréditation et l’accueil,

Doloreanement vôtre,

Poney 1er

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