C’est par un dimanche pluvieux que je me dirige vers les locaux de Tour & Taxis pour cet événement annuel que les passionnés de tatouage attendent tous : l’International Brussels Tattoo Convention.

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Pour cette quatrième édition, l’organisation a mit les petits plats dans les grands en invitant pas moins de 200 artistes venus des quatre coins du globe pour trois jours d’exposition et de performances. En effet, le concept de la convention ne s’arrête pas à la découverte de tatoueurs ou à la prise de rendez-vous. Il s’agit aussi de mettre en lumière certaines formes d’art qui gravitent autour de ce milieu (plus si) alternatif. C’est pourquoi, au fil du circuit qu’on exécute dans cet immense hangar du nord de Bruxelles, on tombe sur les magnifiques voitures customisées de Supreme Car Club Worldwide, les coupes rockab’ du salon The Barberstation (Pays-Bas), les statues et autres tableaux custom d’Alain Meues (Belgique), des vélos style hot road, les crânes en chocolat de Chocolate Skulls (France), le cabinet de curiosités ultra classieux (et onéreux !) de Bugs & Bone (Pays-Bas), les délicieux cupcakes (et les jolis sourires) de Bakblik Bende (Pays-Bas) ou encore les bons cocktails du Sailor Jerry Cocktail Bar.

Niveau performances, le public ne sera pas en reste, notamment grâce aux Inglorious 13 Candy Girls (Belgique) et leur show pyrotechnique qui n’aura laissé personne indifférent, le Brussels Burlesque Festival et les déshabillages des Slinky Sparkles, de Talulah Blue, de Chantilly Lace ou de Constance Peach, ou encore le défilé des High Gloss Dolls, vêtues de lingerie en latex. La convention propose également des concerts, combats de filles en tenue légère, et même une sorte de tombola pour remporter des tattoos gratuits. Il faut souligner que tout ceci est présenté par Femke Fatale, célèbre modèle ultra tatouée et habituée des conventions (elle présente notamment celle de Bruxelles depuis la création de celle-ci). Malheureusement, tout ceci est légèrement gâché par une sono beaucoup trop forte, qui sature à mort, et qui balance du son tout sauf alternatif… Dommage.

Bref, cette convention propose donc beaucoup de choses. Beaucoup beaucoup de choses. Et finalement, c’est peut-être trop… On a comme l’impression d’assister à une foire au boudin où on se ballade sans réel engouement tant il y a de gens et de choses à voir. Du coup, on ne retient pas grand chose, et malgré tout ce qu’on nous propose, on repart de là avec un sentiment d’insatisfaction, voire de frustration.

Il faut quand même noter que j’ai eu des coups de cœur pour pas mal de tatoueurs. Pour les locaux, mes yeux se sont régalés devant les pièces au trait fin d’Alex Mister P, Fabian de chez Lucky 7 Tattoo et ses pièces fortement geek, Riet (aka Black Bird) de chez Inkhouse Tattoo Belgium et ses tattoos graphiques, Gypy de chez Kustom Ink dont les dessins ne sont pas si enfantins que ça, et mes chouchous de chez Deuil Merveilleux avec San et ses dessins aigre-doux, Jean-Philippe Burton qui nous fait voyager dans son système solaire, ainsi que L’Andro Gynette dont l’univers sombre fait sourire jaune.

Ensuite, même si ce n’est pas mon style, il faut avouer que j’ai été assez bluffée par la précision des traits d’Alvin (Malaisie), ainsi que de ceux de Don Fat (Espagne), tout deux artistes « on the road ». Pour ce qui est du old school, c’est Daniel Gensch de chez Blackfish Tattoo (Allemagne) qui a retenu mon attention, ainsi qu’Elisa Carisi de chez Swan Song Tattoo (Italie). En effet, si les thèmes sont somme toute plutôt basiques, il y a une finesse derrière tout ça qui fait que leurs dessins ressortent plus que chez d’autres artistes au style souvent assez grossier finalement. Niveau graphique, j’ai apprécié les œuvres de Mr Halbstark (Allemagne), ou encore celles de Sven de chez Scratchers Paradise (Allemagne). Dans d’autres styles, je me dois de parler des magnifiques mandalas de Jondix d’Holytrauma, ou encore des personnages fantaisistes de Kelly Doty de chez Off The Map Tattoo (États-Unis).

Mais voilà, comme je le disais plus haut, au final, tout ça est un peu écœurant, et je ressors de là avec un sentiment partagé. Certes, ça donne l’occasion de se faire piquer par un artiste qu’on n’aurait peut-être pas eu l’occasion de croiser ailleurs, ou encore de faire des découvertes intéressantes en Europe et à travers le monde, mais le côté « trop plein » donne un peu l’impression qu’il n’y a pas de passion derrière tout ça, et ça refroidit quand même pas mal…

Sur ce, je retourne à ma boutique du coin où l’ambiance est bien plus chaleureuse…

Merci tout de même à Kim pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe de l’International Brussels Tattoo Convention 2013 pour l’organisation de cette convention qui m’a permit de découvrir de chouettes artistes (et d’avoir le plus beau rideau de douche du monde !).

Hellisha


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