Je pensais juste aller voir un concert. Il s’avère que c’était bien plus que ça. Je me demandais surtout comment le petit génie californien Flying lotus, producteur, DJ et rappeur de tout juste 30 ans allait retranscrire l’univers de ses clips aussi étranges que fascinants en live. Et surtout comment il allait se démarquer de la masse actuelle des Djs touche-à-tout. C’est donc avec un peu d’attente et d’appréhension que je me suis dirigée vers l’ AB pour ne pas rater ce concert de la tournée 2014 signée Brainfeed

thundercat apocalypse

C’est donc Thundercat qui ouvre le bal. Nous avions eu l’occasion de le voir il y a quelques mois au VK aux côtés de Flako et Lefto … Ce petit protégé de Flying lotus fait de plus en plus parler de lui, leurs collaborations étant toujours vivement acclamées. Ne le connaissant pas à l’époque, nous étions restées un peu perplexes sur un son bien plus jazz fusion que ce que nous pensions trouver ce soir-là. Mais il s’avère parfois que l’endroit, le temps, les gens font qu’avec les mêmes éléments, le résultat diffère. Et il a réussi à me faire changer d’avis.
Le  personnage est toujours le même : yeux fermés et dents dehors, ébouriffé dans un grand sourire avec sa basse un peu trop grande. Des solos en notes lasers et une voix haut perchée qui nous ramène un peu de chaleur quand le free jazz part (à mon goût) un peu trop loin. Bref c’est calme, amoureux et divaguant, c’est qu’il nous fait rentrer dans sa tête le petit. Certes, je me suis un peu lassée à un moment, mais bon…je ne peux que reconnaître un artiste de talent.
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Et voilà qu’arrive sur scène un gars cagoulé, micro à la main. Les lumières changent mais les musiciens continuent à jouer. La cagoule est accessoire, on la connait. Et c’est donc Captain Murphy (le pseudonyme, maintenant à découvert, de Flying Lotus quand il rappe – Flylo pour les intimes- ) qui rejoint le groupe de Thundercat sur scène pour apporter une toute nouvelle ambiance à la salle. Des instrus aux notes divagantes de Thundercat en live et la voix posée et revendicatrice du Captain nous raviront. La soirée se poursuit en nous prouvant bien que ce soir, le son est éclectique mais toujours très bien maîtrisé. Tellement bien que ça me semble un peu trop court, comme toujours quand quelque chose est de qualité, mais comme c’est pour mieux préparer la suite, je laisse ma déception de côté…

Flying Lotus
Courte pause, enfin. Un Dj qui n’avait pas l’air vraiment certain du temps qu’il devait rester à mixer nous a fait patienter. Cela dit l’idée de ne pas couper toute la soirée par des pauses est plutôt chouette, mais je crois que l’installation de la scène de Flylo demandait une précision qui a été difficile à obtenir. Donc, après des déplacement de rideaux et colonnes vers la droite puis la gauche, puis à droite à nouveau, des techniciens qui courent un peu partout et un dj plein de faux départs, Flylo rentre enfin en scène.
Il se place entre les deux écrans installés un peu plus tôt, celui de devant étant évidemment translucide (ben oui sinon on ne le verrait pas du tout hein)
Et BAM on a beau s’y attendre, ça fait toujours son effet quand un gros son bien lourd et des flashs en rythme démarrent. Les projections se superposent, son nom s’écrit en lettres de lumière et de temps en temps le Dj apparait comme un fantôme dans cet océan d’images. Nous avons littéralement la bouche ouverte, hypnotisée par des labyrinthes bien plus psychédéliques que l’écran de veille de Windows 98, et c’est avec plaisir et encore une certaine béatitude que je vous annonce que j’ai complètement arrêté de prendre des notes à ce moment-là.
C’est une succession de tableaux (oui comme au théâtre, parce que contrairement à certains Djs qui se contentent de 4 images pour 2H de set, ici chaque chanson à son univers visuel propre). Il pioche d’un album à l’autre avec aisance, comme si c’était l’ordre prévu dès le départ.

C’était pourtant un dimanche soir calme, où même une petite bière était de trop, et pourtant après discussion avec d’autres spectateurs, le résultat est sans appel: c’était un peu comme un trip de 2 heures en continu, comme si toute l’AB était devenue un repère de zombies mélomanes en recherche de sensations fortes.

Et il se dit qu’il prépare une collaboration avec Herbie Hancock, vivement !

Bref, Brainfeed organise un concert? On consomme, sans modération! En attendant je vous laisse avec une des collaborations des deux artistes ..

Merci à toute l’AB pour l’accréditation et pour la soirée,

Poney 1er

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