Comme à notre habitude depuis maintenant quelques années, c’est avec une équipe restreinte mais efficace que l’on se rend au festival de Dour, cuvée 2014. Motivés aussi, tant par l’ambiance qui se dégage de ce festival, mais également par la programmation qui, si elle ne nous faisait pas forcément rêver sur le papier cette fois-ci, est toujours synonyme de découvertes et de belles surprises. C’est donc avec notre crème solaire sous le bras qu’on débarque pour une édition que l’on n’est pas prêts d’oublier…

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Après un petit tour de chauffe au camping à base de Jupiler et de jeux à boire (une sorte de tradition au sein de la team belge ITMM, il faut bien se mettre à niveau…), on se rend sur le site pour un premier concert, celui de Sohn. Artiste anglais découvert dans l’année grâce à un concert à l’Ancienne Belgique (salle mythique basée sur Bruxelles), c’est avec un grand plaisir que je revois sa prestation. En effet, si les premières écoutes ne m’avaient pas réellement convaincue, notamment à cause de la voix (rien à redire sur la musique, entre trip hop et post dubstep lourde et mélancolique à la fois), la fragilité et l’intensité qui se dégagent de ses sets ne peut pas laisser indifférent. Et puis certains tubes comme « Artifice » ou encore « The Wheel » (avec lequel il finira son set) donnent réellement du baume au cœur ! Du coup c’est une Petite Maison dans la Prairie loin d’être pleine mais enthousiaste qui accueillera cette prestation qui est une bonne préface au festival !

Sur la route pour jeter un coup d’œil au reste du site (là aussi, une sorte de tradition, même si on est un peu comme à la maison), on s’arrête sur la plaine de la Last Arena histoire de voir ce que donne Blood Red Shoes sur scène. Et bien pas grand chose finalement… Enfin si, ce duo sympathique venu tout droit de Brighton distille bien un rock appréciable, mais c’est tellement prévisible que ça en devient assez plat et inintéressant… N’est pas The Kills qui veut ! Du coup on passe notre chemin et on attend par là même la prestation de Chet Faker. Artiste australien aux multiples talents, il fait un AB club sold out en quelques heures fin 2013, et c’est la première fois qu’il vient à Dour. Et là est le problème… En effet, le chapiteau dans lequel il officie en cette fin d’après-midi, la Dance Hall, est remplie jusqu’à la gueule, et il est impossible de se frayer un chemin pour ne serait-ce qu’apercevoir le bonhomme… Du coup on abandonne vite, et on se dit qu’on sera bien mieux à l’Orangerie (une des salles du Botanique, complexe multiculturel lui aussi basé sur Bruxelles) en novembre prochain. Mais apparemment, c’était à voir, et on n’en est pas étonné… On se dirige vers le dorénavant incontournable Bar du Petit Bois (le seul endroit plus ou moins calme du site), et même si on renie Soulfly, c’est après avoir entendu quelques échos de là où on est qu’on ne peut s’empêcher d’aller voir la tribu de Max Cavalera qui a tout de même bercé notre adolescence. Et même si ça ne nous fait plus le même effet qu’à nos 16 ans, ça fait toujours du bien de savoir qu’il est encore là, derrière sa mono dread et sa guitare, heureux comme tout de faire ce qu’il fait de mieux depuis trente ans maintenant (n’oublions pas Sepultura) : du métal. Alors oui, c’est basique, mais ça reste terriblement efficace ! Et c’est devant un beau bordel que le fameux leader quittera la scène, orné d’un casque des Diables Rouges. Pas rancunier le max…

Puis c’est l’heure de l’évènement du jour, en tout cas pour moi : la venue de Trash Talk. Groupe de punk/hardcore californien complètement barré et aux shows qui le sont tout autant, ils font partie de la clique de Odd Future et plus particulièrement de Tyler, The Creator que l’on verra trois jours plus tard (enfin, on croyait en tout cas…). C’est un peu le groupe ovni dans la programmation, et ça fait du bien ! En effet, pendant une petite heure, on ne sait plus trop où on se trouve, et on pense encore moins au festival de Dour. Car si ce dernier a une réputation assez sulfureuse, Trash Talk nous transporte dans un festival hardcore intimiste où les sing alongs s’enchaînent, où le chanteur passe la majorité du concert dans le public et où il vient ce dernier à monter sur scène pour le dernier morceau. Bref, une véritable claque dont on mettre quelques temps à se remettre. Tellement que l’on préfèrera se poser et reprendre nos esprits plutôt qu’aller voir la prestation de Detroit sur la grande scène…

trash talk

Par contre on est bien en forme pour la suite, soit The Subs. Là encore le concert a lieu sous une Dance Hall pleine à craquer, mais contrairement à Chet Faker, ce n’est pas si dérangeant. De toute façon, ça envoie tellement qu’on en prend autant dans les tympans que ceux du premier rang je pense… On passe donc une petite heure à se déchainer sur l’électro complètement barrée du groupe belge qui n’a plus rien à prouver (en tout cas en live, en CD c’est déjà plus discutable…) et on appréciera grandement de réentendre après toutes ces années le fameux tube « Mitsubishi » qui nous fait toujours le même effet. Le groupe parfait pour une nuit qui s’annonce longue en somme ! Mais l’humeur scandaleuse redescend tout aussi vite qu’elle est montée via le concert de Bonobo… L’année dernière sous la Dance Hall (et maître d’une bonne claque sur le nez !), il passe cette fois sur la Last Arena, et ce n’était peut-être pas la meilleure idée qui soit… Car si la musique du petit anglais, entre trip-hop, soul et hip-hop, nous transporte en général vers des terres lointaines, le manque de puissance cette fois-ci fait que nous ne décollerons pas bien loin…

On préfère donc laisser le public apprécier le spectacle et on se dirige vers le Bar à Bières Spéciales, nouveauté de cette édition. Et bien je crois que l’on peut dire qu’il est bien inutile… Si l’emplacement est pas mal (à l’arrière de la grande scène) le terme « bar à bières spéciales » est bien trop exagéré pour un espace qui ne propose que de la Leffe en plus de celles présentes dans les autres bars. De quoi en faire rager plus d’un, et nous les premiers ! On attend donc la suite, soit DJ Hype. Présent sur la De Red Bull Elecktropedia Balzaal (chapiteau où la plupart des concerts drum ont lieu et dont l’espace extérieur permet aux assidus de musiques électroniques d’apprécier le son au grand air), il fera une prestation que je pourrai qualifier de quasiment risible… En effet, rien de nouveau à l’horizon, juste de la vielle drum n’ bass molle qui ne sert à rien… Désolée mec, mais là je ne peux pas te défendre, alors je m’en vais voir ailleurs si tu n’y es… pas !

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On se dirige donc vers la Jupiler Boombox où le trap fait rage ce soir. On arrive en plein milieu du set de Baauer (vous savez, ce mec qui a connu le succès en un tube, via le fameux Harlem Shake de 2013…) et ce n’est finalement pas si mal ! Entre grosses basses à deux de tension caractérisant à merveille ce nouveau style musical qui fait de l’ombre à la dubstep et sons plus dansants aux frontières de la drum, on se laisse convaincre, et on en redemanderait presque. Et ça tombe bien, vu que ça enchaine avec Flosstradamus, autre artiste venu tout droit de Chicago, et on reprend la même pour une heure de plus ! Par contre, c’est vrai qu’après une heure et demie de trap, on se dit qu’on en a prit pour les quatre prochains jours. C’est efficace certes, mais beaucoup trop répétitif… Alors on revient à la De Balzaal histoire de manger de la drum pour la dernière fois de la soirée, et le DJ anglais Audio fera ça à merveille ! Du coup, premier soir, on est déjà sur les rotules, mais on a quand même le sourire, et c’est tout ce qu’on demande à un festival finalement !

Hellisha


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