En cette fin de semaine froide et pluvieuse, l’Ancienne Belgique nous donne rendez-vous pour une soirée placée sous le signe de l’occulte et du psychédélisme. En effet, est programmée une affiche plus qu’alléchante avec les flamands de Briqueville et leur musique sombre à souhait, ainsi que les anglais d’Uncle Acid & The Deadbeats qui nous feront voyager dans les années les plus noires des 60’s.

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J’arrive dans l’AB club, et Briqueville a déjà plongé la salle dans une ambiance lourde. Très lourde. Projet solo amené par  « un homme d’environ 45 ans, originaire de Flandre orientale, qui aurait passé près de 27 ans en prison pour avoir assassiné son père de 6 balles dans la tête, à l’âge de 13 ans » qui prend tout son ampleur en live. En effet, sur scène, trônent cinq musiciens vêtus de capes et cachés derrière des masques dorés (qui ne sont pas sans nous rappeler les goules du groupe Ghost) qui officient derrière deux guitares, une basse, une batterie et des machines, et jouent une musique qui se place directement entre doom et fuzz, où des voix proches des chants shamaniques se mêlent à l’ensemble. La batterie, qui est rapide et sonne comme dans des cérémonies et autres rituels tribaux, contraste avec les guitares qui ne sont pas sans nous rappeler les sons rock et psychés dans lesquels nous berçaient nos parents. Et si ce mélange peut paraître légèrement indigeste, ou tout du moins inadéquat, il n’en est rien. La musique de Briqueville prend aux tripes, et le groupe nous emporte presque malgré nous dans son univers obscur et décalé. Fort à parier que ce projet fera parler de lui, et qu’on parlera bientôt de Briqueville comme des groupes de la Church of Ra. C’est dire si je respecte !

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Une petite demi-heure plus tard, c’est une foule compacte qui s’est amassée devant la scène pour accueillir chaleureusement la tête d’affiche, Uncle Acid & The Deadbeats. Révélation du Roadburn 2013, véritable phénomène qui, avec seulement trois albums et quatre ans de formation se retrouve à faire la première partie de la tournée européenne de Black Sabbath. Autant dire que le public est impatient d’assister à cette performance ! Et dès les premières notes, en l’occurrence celles de « Mt Abraxas », extrait du dernier album Mind Control, on est transportés dans l’atmosphère psyché et sombre du groupe. Car si la musique se rapproche de ce qu’on pourrait vulgairement appeler « de la musique de hippies » façon années 60, il plane au-dessus de cette dernière un esprit occulte, véritable ode à Charles Manson et Sharon Tate (les deux auront d’ailleurs droit à une dédicace, respectivement sur « Poison Apple » et « Valley Of The Dolls », film phare dans la carrière de la belle morte). L’intro avec laquelle ils sont d’ailleurs montés sur scène nous renvoie vers ces BO d’anciens films d’horreur où les vampires faisaient vraiment peur et ne brillaient pas dans le noir… Bref, on se laisse vite emportés par leur musique, via notamment une setlist qui ravira tout le monde : entre « Mind Crawler », « Crystal Spiders », « Vampire Circus », « I’ll Cut You Down » et autre « I’m Here To Kill You », tous les albums sont représentés. Ils feront durer le plaisir pendant 55 minutes, et reviendront pour un rappel lourd à souhait grâce aux morceaux « 13 Candles », « Desert Ceremony » et « Devil’s Work ». Le groupe quittera la scène sous les applaudissements, mais je sens malgré tout une légère frustration au sein du public. Car en effet, si tous les éléments étaient là, un petit quelque chose pas forcément palpable manquait à ce concert. Manque de puissance ? D’énergie ? De communication avec le public ? Je ne saurais dire, mais il aurait fallu un petit plus pour que ce show soit « parfait ». Enfin ça va, on les pardonne les petits anglais, et on espère vite retrouver Uncle Acid & The Deadbeats pour qu’ils nous narrent à nouveau leurs contes macabres en musique…

Merci à Kevin pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe de l’AB pour l’organisation de cette soirée occulte !

Hellisha


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