Direction la Wallonie, et plus précisément Charleroi, « la ville la plus moche du monde » (oui oui, la Flandre a décerné cet honorable titre à ce patelin célèbre pour ses usines à charbon et ses histoires sordides). Mais ce soir on n’est pas là pour du tourisme, et même si on a le temps de regarder autour de nous étant donné qu’on se retrouve coincés au milieu des amateurs de foot (la Belgique est qualifiée pour la coupe du monde tout ça…), on se presse vers l’Eden pour un concert qui s’annonce acide.

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En effet, le centre culturel accueille ce soir le Klub des Loosers, groupe de hip-hop décalé de la scène française. Mais pas décalé dans le sens où on l’entend d’habitude, via une extravagance diverse ou variée. Non. Le Klub se différencie des autres formations grâce à sa musique, très souvent empruntée à des bandes originales ou des vieux tubes 70’s, mais aussi par ses textes, véritables petites perles qui devraient donner envie à certains slameurs de se cacher au fond d’un placard… C’est d’ailleurs Fuzati, l’homme masqué derrière le micro, qui compose tout, et le dj (en l’occurrence Detect) ne fait que reproduire les sons en live. Looser, mais pas trop donc…

C’est le collectif La Douane qui a l’honneur d’ouvrir les hostilités ce soir, mais force est de constater que malgré l’envie des MC’s d’ambiancer la foule, ça ne fonctionne pas sur nous… On préfèrera donc se diriger vers le bar et attendre l’arrivée du maître de cérémonie.

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Et après trente petites minutes, le voilà enfin. Il embraye directement avec un de ces morceaux phares, soit « Le manège des vanités », issu du premier album sorti en 2004, Vive la vie. On remarque au passage que ce n’est pas Detect aux platines, mais bien Orgasmic, premier DJ du Klub et qui officie maintenant (officiait ?) au sein de TTC. De toute façon ça ne change pas grand-chose, car soyons honnêtes, quand on va à un concert du Klub des Loosers, c’est plus pour apprécier les textes qu’autre chose… Et on va être servis ! Fuzati nous a en effet concocté une setlist des plus appréciables qui emprunte autant au premier qu’au dernier album (La fin de l’espèce, sorti l’année dernière), mais aussi au Klub des 7, formation créée en 2006 avec des membres de Svinkels, Gravité Zéro et ATK., via les morceaux « La parapluie » et « L’éponge ». Il fera aussi deux freestyles dont les thèmes seront choisis par le public : « lunettes, béret et coagulation » pour le premier, « autopsie, escroc et sodomie » pour le deuxième. Sans surprise, Fuzati s’en sortira à merveille et nous fera autant sourire que grincer des dents via des paroles bien senties où il prendra un malin plaisir à s’en prendre à ceux qui ont proposé des mots. Un des points culminants de la soirée, et surtout une des sources de frissons le long de l’échine, sera l’interprétation live du morceau « La fin de l’espèce ». Véritable pamphlet anti natalité (thème principal du dernier album) que le MC interprètera assis en bord de scène, le public autour de lui. On notera aussi avec un grand plaisir tous les clins d’oeil que fera Fuzati à la Belgique en changeant ses paroles et en plaçant des « wallons », « Jupiler », « Belgique-Croatie » au milieu de ses textes. De quoi séduire son public pour mieux le rabrouer ensuite donc… Il finira son set avec « Perspectives », morceau d’une noirceur incroyable, et c’est déjà l’heure du rappel. Rappel hautement chaleureux, étant donné qu’il sera composé de « Toute la vérité », « Destin d’hymen », « De l’amour à la haine », et bien évidemment, le fameux tube « Baise les gens » que le public prendra un malin plaisir à scander, majeurs pointés vers le ciel. Et quand Fuzati quitte la scène, ce même public hurle à plein poumons pour un deuxième rappel, mais nous n’aurons droit qu’à Orgasmic qui annoncera une after dans la brasserie de la salle. Et certes, c’est sympa de ne pas finir sa soirée brutalement, mais l’électro/trap qu’il dessert nous fera quitter la salle rapidement…

Bref, ce soir on a assisté à un concert de toute beauté, où même si sur scène trônait un des MCs les plus antipathiques et virulents de la scène rap française, la bonne humeur se lisait sur tous les visages, je crois même sur le sien… Fuzati, on attend déjà ton retour !

Merci à Martine pour les accréditations, ainsi qu’à toute la chaleureuse équipe de l’Eden pour cette soirée dont on se souviendra !

Hellisha


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