C’est en terrain presque inconnu que l’on se rend au Botanique ce vendredi soir. En effet, ce n’est que sur les conseils d’une collègue de boulot et quelques écoutes (alléchantes) d’Esben And The Witch que la team bruxelloise d’ITMM se dirige vers cette mythique salle de la capitale belge. Alors on se dit que c’est quitte ou double, mais on tente le coup.

Thought Forms

On arrive dans la Rotonde (une des salles du complexe le Botanique), petite salle ronde surmontée d’une coupole (you don’t say ?), et on voit que le public a déjà bien prit place, dans la fosse comme sur les gradins. La première partie est en train de jouer, et ça donne envie de se poser et de tendre l’oreille. C’est le groupe Thought Forms qui ouvre les hostilités, jeune formation anglaise qui nous distille un rock entre pop, atmosphérique et agressif. Le trio, composé de l’incontournable combo guitare, basse, batterie, s’il ne nous surprend pas, reste assez original de par les variantes que composent leur morceaux : une fois c’est la bassiste qui chante, une fois le guitariste, et on ne sait jamais où la musique va nous mener. En tout cas ça colle très bien à l’esprit de la tête d’affiche, et on prend plaisir à voir ces petits jeunes balancer à vif tout ce qu’ils ont à donner. A peine 20 minutes après, c’est la fin, et l’impatience du public de voir Esben And The Witch monter sur scène est palpable.

 Esben and the witch

Ils installent le matos, font leur soundcheck rapidement, et un quart d’heure plus tard, c’est parti. Là encore, c’est un trio de Brighton qui prend place, et avec toujours la même formule : guitare, basse, batterie, deux mecs, une fille. Sauf qu’on sent de suite que le niveau n’est pas le même. D’entrée de jeu, les mélodies et surtout la voix de Rachel Davies nous rappellent PJ Harvey, ou encore Beth Gibbons. En effet, à l’image de Thought Forms, le ton oscille toujours entre mélancolie et colère, entre pop lente et rock énervé. Du coup on se laisse vite emporter par ce savoureux mélange, et on ne verra pas passer les 1h15 de show. Loin de là. On apprécie tout, on est toujours surprit par la tournure que prennent les morceaux (ça commence en général gentiment et ça finit dans un déluge de guitares saturées et de batterie qui tape fort), et on se laisse facilement bercer par les silences ponctués seulement par la voix de la chanteuse, ou encore par des sons évoquant les battements de cœur.

On remarque aussi rapidement que le batteur prend parfois place au clavier, et qu’il pousse même de temps en temps la chansonnette. Sa voix s’accorde très bien à celle de Rachel Davies, mais on doit avouer qu’il n’a pas le charisme de la belle, qui nous touche au plus profond avec son regard perçant qui balaye la salle. Cette dernière change d’ailleurs régulièrement d’instrument et prend une deuxième guitare, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Le final sera d’ailleurs à l’image de tout le reste du concert : ça commence tout doucement, on se dit que c’est un peu trop mou et mignon pour conclure un set, mais le morceau ne sera qu’une énorme montée qui finira dans un déferlement de guitare et de basse à la puissance indéniable. Le groupe quitte la scène là-dessus, mais c’est sans compter sur le public qui en redemande. Esben And The Witch reprend place sous les applaudissements et les « hurlements », et c’est avec le morceau « The Fall Of Glorieta Mountain » (présent sur leur dernier album, Wash The Sins Not Only The Face) qu’ils reviennent. La voix cristalline de la chanteuse nous fait partir loin, la larme à l’œil et le poil hérissé. Un petit moment suspendu au dessus du monde … Ils enchaînent ensuite avec la chanson « Smashed To Pieces In The Still Of The Night » qui clôturera le concert de façon magistrale et chaotique.

Une fois de plus, la musique nous démontrera que la curiosité est loin d’être un vilain défaut, et que toute prestation mérite d’y jeter une oreille, voire deux. En tout cas, on repart comblés, un peu abasourdis par ce à quoi on vient d’assister, et on se conforte dans l’idée que l’Angleterre est définitivement une terre de talent. God save the Witch !

Merci à Pascale pour les accréditations, ainsi qu’à toute l’équipe du Botanique pour l’organisation de ce concert qu’on n’est pas près d’oublier ! (et merci à Cynthia pour cette découverte !)

Hellisha

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