Une fois de plus, voilà la team ITMM version Bruxelles en place à l’Ancienne Belgique pour une date de bon goût. Ce soir (et oui, comme d’habitude, il fait moche sur la capitale, inutile de le préciser), la fameuse salle bruxelloise nous propose de voyager au son de deux DJs aux renommées différentes, mais non moins négligeables. J’ai nommé Doctor Flake et Wax Tailor. De quoi rêver un peu après une longue journée de boulot donc …

Enfin, la rêverie va rapidement couper court car le concert a commencé une demi heure plus tôt que prévu, et alors qu’on arrive dans la salle en courant (oui oui, on n’a même pas pris le temps de prendre une bière pour étancher notre soif post McDo !), Doctor Flake est bien en place. Il l’est tellement qu’on aura tout juste le droit de voir son « au revoir Bruxelles, et merci à tous », la main sur le cœur. Ok. Autant on savait qu’on était un peu la team de la lose niveau timing, mais là on a quand même fait très fort. Du coup on n’a plus qu’à espérer que le monsieur fasse une tournée « solo », et qu’on ait l’occasion de voir ça. Et promis, on vous racontera.

A peine le temps de boire une St Bernadus (en fait on n’a même pas le temps , il faut le dire), que Wax Tailor joue ses premières notes. Du coup, rebelote, on court, histoire de trouver une chouette place pour la suite des hostilités, et malgré quelques épaules rigides et pleines de résistance, on y arrive. Sur scène, le monsieur trône derrière ses platines, vêtu d’un costume noir, cravate rouge, et chapeau assorti. Je crois qu’on appelle ça la classe. Il est accompagné de quatre musiciens : une flutiste traversière, une violoniste, un guitariste, et un violoncelliste. Que du beau monde, eux aussi tout en rouge et noir, tous situés devant un écran géant qui diffusera des petits films d’animation pendant tout le set.

Le concert débute sur l’intro du dernier album, Dusty Rainbow From The Dark, et le voyage commence. En effet, cette quatrième galette, à l’image des précédentes, est une véritable ode à la songerie. On va et vient entre mélodies douces, mais parfois sombres, et hip-hop posé, mais entraînant. Dès le troisième morceau, Charlotte Savary arrive sur scène pour nous envoûter de sa douce voix. Elle est rapidement rejointe par Mattic, MC présent sur les deux derniers albums, pour jouer « This Train », extrait de In The Mood For Life, remixé pour l’occasion en version boostée. On notera alors que la violoniste, bruxelloise de surcroit, abandonne parfois son instrument pour se mettre à la basse. De quoi ajouter une bonne touche groovy à l’ensemble !

On revient ensuite  au dernier album avec « Only Once » et « Heart Stop », où le groupe nous fera même une petite chorégraphie tout à fait bienvenue (il faut dire qu’à part Mattic, c’est pas très funky sur scène). On revient ensuite vers le troisième album avec « No Pity », et enfin un remix de « I Don’t Know », extrait du premier album, et je repense avec tendresse à ma découverte de ce DJ vernonais : le pur hasard, seulement due à un regard attiré par une pochette magnifique dans un Gibert toulousain (celle de Tales Of The Forgotten Melodies s’il est indispensable de le préciser). Voilà pour la petite histoire.

Puis vient le moment où Wax Tailor fait la réflexion à 10 000 dollars sur le public belge. Car disons le clairement, les spectateurs du plat pays ne sont pas les plus expressifs, et ils ont souvent besoin qu’on les chauffe un peu histoire qu’il se passe quelque chose. Et c’est chose faite : à partir de ce moment-là les gens bougent un peu leur popotin et lèvent les bras en l’air. Une petite révolution en somme !… Il faut dire que le morceau qui suit, « The Sound » présent sur le dernier album, ne laisse pas vraiment le choix, ainsi que « Positively Inclined » où les MCs de ASM pointeront enfin le bout de leur nez. On aura même droit à un solo de flute traversière.

Wax Tailor enchaîne ensuite avec un morceau aux accents rock, puis avec un morceau dont je ne saurais dire le nom, pour finir sur la (deuxième) perle du premier album, j’ai nommé « How I Feel » avec le magnifique sample de « Feeling Good » de Nina Simone. Quelques frissons plus tard, retour au dernier album avec Charlotte et Mattic pour « Fireflies » où on sent une véritable complicité entre les deux chanteurs. C’est plaisant à voir, et ça s’apprécie à sa juste valeur, soit un truc qui n’a pas de prix (comment ça j’en fais un peu trop ?).

Toujours issu de Dusty Rainbow From The Dark, Wax Tailor balance les premiers sons de « Time To Go », un de mes coups de cœur de l’album, puis retour au deuxième album avec « In The House Of Wax «  et enfin « Magic Numbers » avec ASM et Mattic. Bel enchaînement hip-hop et funky à souhait qui fera bien bouger le public ! Mais l’effervescence laisse vite la place à l’évasion via le morceau « Our Dance » issu du premier album, ou encore grâce à l’épilogue de l’histoire, via le morceau « From The Dark ». Et c’est l’heure pour Wax Tailor de quitter la scène.

On redescend un peu sur terre le temps de hurler à la mort pour qu’il revienne, et c’est chose faite : il entame les premières notes de « Que Sera », véritable chef d’œuvre qui l’a fait connaître. Il nous nargue en disant que c’est le deuxième meilleur concert de la semaine après celui de Londres, donc pour les battre, il va falloir chanter. Alors on s’exécute, et ce ne sont pas moins de 1 000 personnes qui crient en même temps « Que sera sera ». Joli moment en suspens du monde qui nous entoure … Mais, retour à la réalité oblige, les ASM reviennent sur scène pour le tube de In The Mood For Life, j’ai nommé « Say Yes ». On en surprendra même quelques uns dans le public qui iront jusqu’à sauter … ! Puis vient l’heure du dernier morceau, mais impossible de remettre un nom dessus. Je sais juste que Mattic est revenu chanter avec ses compères, et que c’était chouette à entendre et à regarder. Mais après 2h entre moments posés et dansants, c’est bien la fin. Le DJ (re)présente toute l’équipe, on a droit à un beau salut théâtral, et c’est déjà fini.

Alors on va boire une dernière bière dans le bar du coin, la tête pleine d’images et de sons en demi-teinte. Car oui, vous vous direz sûrement que ce live report est fort scolaire, mais il est à l’image d’un concert de Wax Tailor : on apprécie de le voir autant que j’ai eu du plaisir à écrire cet article, mais ça reste carré et dans les sentiers battus. Alors même si on ne prend pas la claque de sa vie, on passe un bon moment, et on en redemande (presque) !

Merci à Thomas pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe de l’AB pour ce concert onirique !

Hellisha

 


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