Rendez-vous religieusement rock à l’Ancienne Belgique en ce jour dominical pour voir les dieux suédois The Hives. Rock électrique et Speedy Gonzales à tous les instruments, ainsi qu’à la voix. 20 ans de carrière derrière eux et pourtant c’est une véritable cure de jouvence qu’ils nous offrent.

Cette fois-ci, la team ITMM version Bruxelles était à l’heure pour voir le concert dans son intégralité (c.a.d. ne pas rater la première partie). On arrive à point nommé pour le début de la première partie, assurée par le groupe The Bronx, débarquant tout droit de Los Angeles. Fondé en 2002, ce groupe distille un punk hardcore qui, à défaut d’être original, est sacrément efficace.

Et bim … c’est sous une musique Mariachi que le groupe rentre : deux guitaristes, un bassiste, un batteur et un chanteur/crieur/hurleur. C’est parti pour une soirée qui va petit à petit devenir le meilleur concert de l’année, mais aussi le meilleur concert rock de ma vie (et oui). Le groupe entame à peine les premiers riffs que cinq Zinneke (« chien bâtard » en Brusseleir) se ruent littéralement sur le devant de la scène pour exécuter la danse non moins traditionnelle de ce genre de concert : le pogo. Pour une des premières fois à l’AB, il y a de l’ambiance, et ce n’est pas au groupe d’aller la chercher. On s’en prend plein la gueule, au propre comme au figuré, et les titres s’enchainent devant un public qui ne faiblit pas. Le chanteur descend à plusieurs reprises dans la fosse histoire de sentir la transpiration ambiante. Ça sent le fauve à plein nez et la joie du groupe, qui jouait son dernier concert de la tournée ce soir-là, amène le public et cette soirée vers un petit chef d’œuvre scénique. Une énergie magique commence à se dégager, et vu l’état de fatigue à la fin de la première partie, on commence à se demander comment on va tenir jusqu’au bout. The Bronx finissent leur concert sous un tonnerre d’applaudissement.

Après une petite pause au bar et quelques bières, nous repartons à l’intérieur de la salle pour ne pas rater un morceau des suédois. Des petits couples tout mignons et bien sapés s’amassent aux premiers rangs ; sûrement qu’ils n’ont pas vu la première partie : ils se feront chasser dès les premiers sons « Hiviens » par la meute sauvage qui n’attend que la musique pour se foutre sur la gueule.

La scène s’allume, de grandes lettres s’illuminent et inscrivent « Hives », manipulées par un marionnettiste sur une tenture. The Hives font leur entrée habillés en chapeaux haut de forme et costards en queue de pie.

Le concert commence alors sur « Come On ! » (première chanson de leur nouvel album, Lex Hives). Électrique, rapide et ravageur, il n’en faut pas plus pour que le public se mette à remuer dans tous les sens avec les suédois. Les guitares balancent les riffs, la batterie est frénétique, la basse est à la limite de faire péter le score de notes jouées et le chanteur s’égosille ; tout ça pour un rendu magique. On danse à ne plus en pouvoir, les musiques s’enchainent à un rythme effréné (environ 2 minutes par chanson – j’ai même eu le réflexe de regarder ma montre en pensant que c’était bientôt la fin et seulement une demi heure était passée). Au bout de 3/4 d’heure, Per Almqvist (chant), nous offre une petite pause, et commence à parler avec le public en vantant de façon délurée son groupe. Et ça repart à n’en plus finir. The Hives c’est un peu comme AC-DC : ils ont trouvé la formule qui marche, et ils l’exploitent, mais sans être opportuniste; et ils sont rares à pouvoir le faire. On se demande encore comment le chanteur avec son physique typique de scandinave travailleur arrive à tenir ce rythme; il nous le dira par la suite en rigolant : « I’m a fucking rockstar and it’s good ». Tu m’étonnes !

Après une heure de show, le groupe sort de scène pour nous servir un rappel qui marquera le groupe – je pense – par la puissance de la gratitude d’un public heureux d’avoir vécu un concert comme pas deux. Quatre chansons, cela suffira à l’ensemble de l’assistance et au groupe pour partager un vrai moment de musique. Le chanteur profite de la dernière chanson du concert, « Tick Tick Boom » présent sur The Black And White Album, pour faire la présentation des musiciens du groupe, et chose inhabituelle, tout le public s’est assis et relevé à chaque présentation : bel hommage mon cher. Monsieur Per Almqvist s’est ensuite assis en bord de scène pour nous faire rassoir (et il a vraiment attendu que TOUT le monde soit assis), et nous avons eu droit à un final grandiose où tout le public s’est levé à l’unisson sur les riffs électriques de cette dernière chanson. C’est sur un salut émouvant en compagnie de The Bronx et la main sur le cœur que le groupe nous dit au revoir.

Le bonheur à la sortie est visible sur tous les visages. En effet, nous avons eu là une véritable démonstration de rock et de réelle osmose entre public et groupe. Une prestation qui restera gravée et qui permet de croire au vrai pouvoir de la musique : réveiller nos sens. C’est, je l’espère, un des héritages que l’on pourra se vanter d’avoir vu. Sur ces mots je vous laisse avec le rêve impossible de les revoir ce soir …

Merci à Thomas pour l’accréditation, ainsi qu’à l’équipe de l’AB pour ce concert incrusté dans le marbre !

Popol

 

 


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