Il est de ces concerts auxquels on va sans ne rien attendre de particulier. On n’est pas vraiment impatients d’y être, et pourtant on a sauté sur la place dès qu’elle a été mise en vente. Ce n’est pas un groupe que l’on écoute depuis toujours, mais malgré tout, on a une affection toute particulière pour lui. D’ailleurs on n’entend quasiment jamais parler de cette formation, et pourtant elle est sur toutes les lèvres dès que le sujet remonte à la surface. Bref, mardi soir, j’ai assisté au concert de The Brian Jonestown Massacre, et voici ce que j’en ai pensé.

Les-Big-Byrd-2

Les hostilités démarrent avec le groupe Les Big Byrd, groupe inconnu au bataillon me concernant. Venus tout droit de Suède, ils ont pour objectif de chauffer la foule, venue en masse ce soir à l’Orangerie (le concert était à l’origine prévu à la Rotonde mais le Botanique a préféré déplacer la soirée, celle-ci ayant affichée complet très rapidement). Alors certes, pour eux la foule est plus éparse, celle-ci préférant se délecter d’une bière au soleil dans le parc du complexe. Et bien ce n’était pas une si mauvaise idée, car si le début du set (ou tout du moins le début de ce que j’en ai vu) n’était pas trop mal, la fin fût bien décevante… En effet, lorsque que j’arrive devant la scène et que je vois ce groupe aux visages grimés façon cadavres, ainsi que des leds ornant leurs doigts et leurs vêtements, je me dis qu’il y a peut-être quelque chose d’original dans ce qu’ils font, à défaut d’intéressant. Et bien non. Leur musique, si elle n’est pas désagréable, est tellement convenue, entre Kasabian et de la mauvaise pop, qu’on s’ennuie ferme devant leur prestation… C’est dommage, car il y a de bons éléments, notamment le clavier qui sonne très 70’s et le fait que la majeure partie des morceaux soit instrumentale, mais l’ensemble ne colle pas… Ou plutôt si, mais pas à l’esprit… Du coup on ressort de là comme on est rentrés, et on attend la suite !

bjm

Celle-ci viendra 25 minutes plus tard, et les choses deviendront sérieuses d’entrée de jeu avec le morceau « What isn’t you », extrait de Revelation, album sorti il y a peu, et déjà décrié… En effet, certains morceaux semblent trop accessibles pour le fan de la première heure, mais d’autres, comme ce dernier, rentrent tout à fait dans la continuité de la discographie du groupe qui ne contient pas moins de quatorze albums ! Bref, le public est immédiatement enthousiaste, et on est parti pour un bon moment dans cette ambiance joviale et bon enfant (aussi surprenant soit-il pour du Brian Jonestown Massacre qui oscille plutôt dans un monde où la déprime rencontre la drogue…). En tout cas on est pas en reste niveau setlist car le groupe piochera dans toute sa discographie ainsi que dans tous genres, et on prendra autant plaisir à planer sur des mélodies lourdes et planantes façon « Devil May Care » extrait de Give It Back ! que sur celle plus pêchues de « Oh Lord », véritable hymne aux morceaux façon BO de Cry Baby, avec parfois même des relents de « Gloria » de Patti Smith dans les chœurs, interprété à l’origine avec leurs (ex ?) comparses des Dandy Warhols. On notera également les prestations de « Vad Hände Med Dem ? », chanson du dernier album et pour laquelle le chanteur de Les Big Byrd viendra sur scène pousser la chansonnette, celle de « Straight Up and Down », apparu dans le générique de la série HBO Boardwalk Empire, mais également l’émotion brute ressentie durant l’interprétation de « Open Heart Surgery », morceau extrait de Bravery, Repetition and Noise, ou durant celle de « Anemone », chanson parue sur l’album ‘Their Satanic Majesties’ Second Request et dont l’ambiance psychédélique nous transporte vers des années rêvées. En gros, une setlist implacable qui retrace parfaitement les 24 ans d’activité du groupe, qui a traversé des périodes plus ou moins troubles, et qui fut lui même composé d’une quarantaine de membres en tout. Le final quant à lui, et non des moindres, sera à la hauteur du set, avec une version longue du morceau « When Jokers Attack » (extrait de And This Is Our Music) qui se finira dans une ambiance chaotique où les quatre guitares satureront au rythme des stroboscopes et nous feront oublier où l’on est une dernière fois… Alors oui, c’est vrai, le groupe semble moins sulfureux, ou tout du moins son leader, Anton Newcombe, qui avait pour habitude de se disputer, voire de se bagarrer avec ses partenaires de scène. Et puis il y a un côté un peu trop mainstream dont on se passerait bien, tant au niveau du dernier album que du public. Mais le groupe fait ça tellement bien, que l’on n’a rien à redire, si ce n’est « revenez vite ! ». Bref, un concert sans faute, que l’on revivrait avec le plus grand des plaisirs !

Et pour la petite anecdote, le concert devait initialement durer 1h15 et comporter 8 morceaux. J’en ai comptabilisé pas moins de 17 (et il m’en manque quelques uns), pour une durée totale d’1h50. Merci les californiens !

Merci également à Pascale pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe du Botanique pour l’organisation de ce concert mémorable !

Hellisha


Laisser un commentaire