Une fois de plus, c’est à l’Ancienne Belgique que rendez-vous est prit pour une soirée qui s’annonce exceptionnelle. En effet, ce ne sont pas moins de cinq groupes qui sont présents, tous issus du label Brainfeeder (créé par Flying Lotus, rien que ça !) et Tri Angle, autre label de qualité. L’AB nous présente la soirée comme un mélange entre chill wave, glitch hop, pop expérimentale et dreamwave. J’avoue ne pas trop situer ce qu’ils entendent par là, et préfère me référer à l’autre expression utilisée sur le site : « bedroom producers ». Du coup, je prends mon oreiller sous le coude, et je pars rêver, bercée par la musique…

giraffage-940x660

J’arrive dans l’AB club et Giraffage est déjà en place (j’ai raté Dream Koala, DJ français dont la musique avait l’air plutôt sympa mais bon, pour le voir il aurait fallu arriver à l’heure, et c’est pas vraiment dans mes habitudes). Je vois que le public est déjà bien là aussi (la soirée est sold out), et les corps qui bougent dégagent déjà une chaleur qui en dit long. Certes la musique que nous délivre ce DJ américain n’est pas vraiment dansante, mais elle fait bouger les têtes, entre électro planante et son distordus qui rappellent Crystal Castles. De plus, un grand écran orne tout le fond de la scène, et son set est accompagné d’images folles tiré du film Tetsuo. De quoi vite se laisser embarquer dans un autre monde (son crédo est d’ailleurs « dreaming while you’re awake », on est en plein dedans). Je ne saurais dire s’il joue des morceaux de sa discographie car je ne connaissais pas du tout l’artiste, mais je reconnais à un moment un remix de « Music Sounds Better With You » de Stardust, ainsi qu’un remix contre toute attente sympathique d’un vieux son dance des 90’s. A la fin, ça part même en (presque) dubstep lente et lourde à souhait, le temps d’un ou deux morceaux. Bref, que du positif pour ce concert, même si je trouve quelques transitions légèrement foireuses. L’artiste quitte la scène sous les applaudissement d’un public conquis, et laisse place à celui que j’attends le plus : Slow Magic.

slow-magic-e1320242157444

A peine le temps de fumer une clope, et celui-ci débarque, vêtu d’une veste en jeans sans manche recouverte de bout de tissus multicolores qui forment des sortes de franges, et le visage caché sous un masque qui fait penser à une sorte de loup/zèbre fluo, le tout pieds nus. Sur scène : un Mac et une grosse caisse. L’indifférence du public face à son entrée ne laisse rien présager de bon, et pourtant… Dès le premier morceau, les sceptiques sont conquis, et le concert se finira en véritable ovation. Il faut dire qu’il est difficile de rester insensible face à la qualité de la musique, mais aussi face à l’attitude pleine d’amour de ce DJ, lui aussi américain. En effet, il ne cessera de mettre la main sur son cœur, nous saluer de gestes chaleureux, et il ira même jusqu’à nous faire des petits cœurs avec ses doigts (je trouve ça un peu niais d’habitude, mais là, c’est cadeau !). Il jouera la quasi totalité de son album Triangle, dont les morceaux prennent une toute autre ampleur en live, notamment grâce au fait qu’il martèle sa grosse caisse avec des baguettes (elles finiront d’ailleurs dans un piteux état). C’est tout de suite plus rapide, plus électro, voire plus tribal par moment. Concernant le show, Slow Magic ira tour à tour dans le public, sur une table sur scène, le tout avec son instrument. Il fera même participer les gens du premier rang en leur disant de jouer de sa MPC (vous savez, cette machine avec des gros boutons carrés et blancs qu’ils utilisent tous). Si ça c’est pas un mec sympa ! Il finira son concert avec le tube « Corvette Cassette », et ce n’est littéralement que du bonheur…!

121129-BlackbirdBlackbird

Je me dis du coup que la suite va devoir taper fort, tant il a placé la barre haute. Et malheureusement, je vais vite redescendre de mon nuage… Quand je re rentre dans la salle, Blackbird Blackbird a déjà prit place, et il est en train de balancer un son limite clubbing qui n’a rien à voir avec les deux premiers sets. Je suis un peu déroutée mais bon, c’est pas comme si l’électro un peu plus énervée ne me plaisait pas, alors je m’avance, et décide de lui donner une chance. Et bien c’est loupé… Selon mon humble opinion, son set n’est qu’un semblant de tout ce qu’on a vu avant, en moins bien et surtout en bien plus consensuel. Y a pas grand chose qui retient l’attention, pas même vraiment le fait qu’il chante tout en mixant. Sa voix n’a rien de rare, et je dirais même que j’avais parfois l’impression d’être dans un vilain karaoké, notamment quand il a joué un morceau qui rappelait un peu la mauvaise pop des années 90 (nonante !). Bref, il s’en va comme il est venu, et la mollesse dans les applaudissements du public me réconfortera dans mon idée que je ne suis pas qu’une fille qui n’aime rien…

xxyyxx1

Puis vient l’heure de la tête d’affiche, j’ai nommé XXYYXX. Normalement en solo, le DJ venu tout droit des États-Unis est ce soir accompagné d’un autre mec. D’entrée de jeu, ils balancent du son qui ne me plait guère : dans le genre de celui de Blackbird Blackbird, une électro que je qualifie de « musique de garden party avec cocktails ». Un truc à la Saint-Germain. Un truc chiant quoi… Le tout accompagné de lumières flashys et psychédéliques. Pourquoi pas. Et pendant près d’une heure, ça va osciller entre ça et des sons posés et lourds à nous en faire vibrer la glotte (ce qui est déjà bien mieux, et surtout plus à l’image de sa musique sur CD). On aura d’ailleurs droit aux chouettes morceaux « Set It Off », « Good Enough » (remix du morceau « No Scrubs » de TLC, il faut tout de même le souligner !) ou encore « Fields », tous issus de l’album éponyme, pour ne citer qu’eux. La fin du set sera à la même image, mis à part un remix (je dirais de Foreign Beggars, mais rien de sûr) qui tend doucement mais sûrement vers la dubstep. Sympathique, mais c’est trop peu pour rattraper le reste…

Je repars donc avec un goût légèrement amer en bouche, tant la fin de cette soirée fut décevante par rapport à son début… Alors je m’efforce de ne retenir que Giraffage et Slow Magic, et je me dis que je n’ai quand même pas complètement perdu mon temps, loin de là. En tout cas, vivement que ceux-ci reviennent dans le coin en tête d’affiche, l’équipe d’ITMM sera là pour les soutenir !

Merci à Kévin pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe de l’Ancienne Belgique pour l’organisation de cette soirée.

Hellisha

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire