Rendez-vous donné au Botanique à Bruxelles pour le concert de Rone, une des révélations de la musique électronique cette année. Avec l’album Tohu Bohu, Rone a tapé très fort fin 2012. Il est en quelques mois, passé d’artiste connu à artiste reconnu jusqu’à se payer le luxe de jouer à l’Olympia et au Trianon à Paris. L’automne est là et on attend beaucoup de Rone pour nous chauffer la salle.

res-Soir4_LaCarriere_Rone11_©Felix-Roumagnac

C’est toujours aussi plaisant de se retrouver au Botanique. Grande verrière, végétation florissante dans le bâtiment et surtout salles de concerts toujours aussi jolies. Mais ce soir là un événement extra-terrestre est en cours dans ce lieu culturel : la Belgique est en train de se qualifier pour la coupe du monde de football, nous éviterons donc le bar et son écran géant où des hommes gloussent des cris improbables à base de 4 ou 5 notes différentes (« poh poh poh poh poh »).

Bière à la main, nous rentrons dans la salle pour assister à la première partie (pour une fois à l’heure – non pas que les premières parties ont souvent du retard, c’est plutôt nous qui avons du mal à être à l’heure…). Superpoze est le maître de ce premier set. N’ayant quasiment aucune idée de qui il est et ce qu’il fait c’est avec l’avantage de ne pouvoir qu’être surpris par l’artiste que l’on s’installe devant ses machines.

Une bien belle claque va nous être infligée : armé de son pad et clavier, Superpoze construit sa musique au fur et à mesure. D’abord la mélodie, ensuite les basses et toutes les sonorités nécessaires à faire bouger l’ensemble de la salle, un vrai plaisir. Un mélange de Birdy NamNam (vous savez ce groupe qui avait fait un super album éponyme et puis plus rien …) & de Nosaj Thing, pour une musique ultra dansante et tripante. Les mélodies viennent souvent de nulle part (comme ce violon sur « Silver Head », digne du Seigneur des anneaux). Tout le monde se dandine et voyage seul dans son coin. Superpoze, lui est de son côté ravi de jouer et ça se voit, grand sourire et interactions avec le public, ça fait plaisir. Au bout d’une demi heure on se demande si l’on peut en avoir plus sachant que ce n’est « que  » la première partie, et bien le monsieur nous fera un set d’une heure ! Un beau cadeau.

res-Soir4_LaCarriere_Rone11_©Felix-Roumagnac3 bières plus tard c’est au tour de Rone de prendre place sur scène (joie non dissimulée puisque cela fait un an que Bruxelles l’attend !). Étant tombé par hasard sur son premier album, j’ai pu découvrir que le monsieur vient de la techno minimale, donc un parcours intéressant puisque dès son deuxième album Tohu Bohu il dérive sur une électro perchée ultra détaillée. Et là comment dire ? Tout s’écroule. Rone commence chacun des ses morceaux du dernier albums et le fait dévier à chaque fois vers une techno peu originale qui, certes est efficace, mais ne remplit en rien la « charte qualité » que l’artiste devait livrer avec un tel album ( j’ai même ouï-dire de quelqu’un « il y a tromperie sur la marchandise »…). Ce n’est donc avec aucun plaisir que je reste là à écouter une de mes déceptions de l’année. J’en attendais effectivement beaucoup, même peut-être trop; mais en essayant de rester objectif, Rone n’a pas livré un travail aussi pointu que son album. Efficacité avant originalité, voilà comment j’ai vu son live. C’est avec beaucoup de déception que je sors de la salle; un ami présent lui a beaucoup aimé le concert et ne connaissant que très peu l’artiste, il n’a pas eu de préjugés. Voilà peut-être mon problème docteur !

Par Polo

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