Une fois de plus, c’est sur les conseils du petit chaton mignon et menée par la curiosité que je me rends à l’Ancienne Belgique. En réalité, Poliça faisait partie de ces groupes que j’avais mis dans ma sélection de ceux à voir à Dour l’année passée, mais sûrement que la fatigue m’en avait dissuadée … Depuis, aucune écoute. Alors à part dire que je suis perplexe face au public constitué à 90% de jeunes lesbiennes flamandes et de vieux en chemises, je ne m’attends à rien, et puis à tout.

barbarossa

On entre dans la salle, et on a droit au classique « merci bonsoir » de la première partie, j’ai nommé Barbarossa. C’est dommage, ça avait l’air bien pour mettre les choses en place … Groupe anglais de pop originale avec synthé et chanteur un peu fou, la formation suit Poliça sur toute la tournée européenne.

Du coup, direction le bar pour prendre une bière (chemin classique mais non moins important), et patienter avant la venue de la reine de la soirée. Le public est d’ailleurs venu en masse pour accueillir le groupe originaire de Minneapolis. Leur premier album, Give You The Ghost, sorti en 2012, a visiblement eu un succès qui m’est passé sous le nez. Je suis donc encore plus curieuse de savoir pourquoi et pour qui je me suis tirée d’une agréable sieste après une dure journée de boulot.

Poliça

Et puis vient le moment. Le groupe entre sur scène sous les applaudissements, mais nous n’aurons droit à aucun « bonjour » ou autre signe chaleureux. On fera avec. La chanteuse enchaîne directement, et dès les premières notes, je sens que je vais passer un bon moment. En effet, tout y est : deux batteries, une basse, des machines, et une chanteuse à la voix profonde. What else ? Alors que Channy Leaneagh nous envoûtera dès les premières secondes, des petits sons électro balancés par la belle montent lentement mais sûrement. La basse vibre à souhait et les batteurs s’excitent sur leurs instruments, ce qui contraste fortement avec la voix posée. Plaisir des oreilles ! Dès la fin du premier morceau, la chanteuse nous remerciera chaudement de sa petite voix intimidée. Touchant petit morceau de femme, on a envie de la prendre dans nos bras et de lui dire que ça va aller (elle ne cessera de dire à quel point elle est heureuse et émue d’être ici parmi nous, mooooh). On remarque très vite que la musique de Poliça est un mélange de plein d’influences – entre rock, new wave, électro et même funk – notamment via la basse qui sonne à l’ancienne. La setlist est progressive, est dès le quatrième morceau, on n’a plus envie de bouger seulement la tête : que ce soient la batterie ou les machines, tout s’accélère et on se retrouve parfois même légèrement dépassés par le rythme, toujours aussi décalé par rapport à la voix. On aura droit aux trois « tubes » de l’album, j’ai nommé « Fist, Teeth, Money », « I See My Mother » et « Lay Your Cards Out », et je comprends vite pourquoi le public hurle dès les premières notes : ce sont de véritables petits bijoux rudement bien ficelés, entre excitation et mélancolie (toujours ce fameux contraste, et oui !). Le dernier cité me mettra même la larme à l’œil et les frissons sur l’échine … C’est après une heure de rêverie qu’arrive le dernier morceau, petite pépite assez dark qui me rappellera les doux sons de Felix Laband (paix à leurs âmes). J’apprécie, yeux fermés, et me laisse aller à rêver d’un ailleurs. Tel est sûrement le pouvoir de la musique de Poliça : nous faire oublier où on est. Le groupe reviendra pour un petit rappel d’une chanson, et celle-ci nous fera planer une dernière fois grâce à son rythme lent et abyssal, et je peux vous dire qu’on plonge direct !

Merci à Kévin pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe de l’AB pour l’organisation de cette soirée aussi inattendue qu’appréciée !

Hellisha


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