C’est par un dimanche terne que je me rends de nouveau à l’AB club, et ce pour une date plus ou moins tranquille mais 100% londonienne. En effet, la salle bruxelloise nous gratifie ce soir de deux artistes dont les parcours se suivent mais ne se ressemblent pas, j’ai nommé patten (à écrire sans majuscule, il y tient) et Forest Swords, véritables étoiles montantes de la nouvelle scène électro alternative.

patten - ESTOILE NAIANT - Press Shot WEB RES

La première partie est assurée par patten, artiste aux multiples talents signé depuis peu sur Warp, label anglais que l’on ne présente plus. A son actif, deux EPs (GLAQJO XACCSSO et EOLIAN INSTATE sortis respectivement en 2011 et en automne 2013), ainsi qu’un premier album ESTOILE NAIANT (là par contre, il tient à ce qu’on l’écrive en capitales) paru en février dernier. Deux galettes toutes aussi barrées l’une que l’autre et qui nous transportent dans un univers déroutant où les machines auraient prit le contrôle. Il suffit en effet d’entendre le premier morceau de son set « Aviary » pour comprendre de quoi je parle : entre grosses basses et électro rapide, on se laisse prendre au jeu tout en ne sachant pas où ça va nous mener, et le VJing n’arrange rien tant il est déconcertant. Sa musique, patten la compose à partir de plusieurs sources : PC, pad, guitare et chant (ces deux derniers malheureusement à peine audibles pendant toute sa prestation), et il semble totalement dans son monde (on n’entendra pas le son de sa voix, que ce soit pour dire bonjour ou au revoir). Il faut dire que ce soit des morceaux lents et lourds façon « Towards Infinite Shores » ou des plus déments à l’image d' »Agen », le travail de composition semble finement ciselé et travaillé au mini son près. Du coup, qu’on adhère ou non à ce genre de musique, on ne peut que respecter le talent créatif du jeune londonien qui, on en est sûr, n’a pas fini de faire parler de lui.

forest-swords-fact-interview-main-8.12.2013

Puis vient l’heure du set tant attendu de Forest Swords : découverte électro/trip-hop de 2013 pour ma part, je m’impatientais de le voir (la date a en effet été repoussée de deux mois et elle était annoncée depuis un bon moment) et je ne vais pas être déçue ! Première surprise, la configuration de la scène avec la table placée sur le côté droit, perpendiculairement au public, et ce pour une bonne raison : un bassiste l’accompagne en effet pour la quasi totalité de son set, face à lui (lui-même prendra la guitare pour quelques morceaux), et tout comme pour patten, un écran trône sur tout le fond de la scène pour balancer des images de nature principalement, ce qui colle parfaitement à son univers sonore. Mais dommage, celles-ci n’ont rien de sensationnel, et si j’aime me laisser transporter par le VJing d’un set, ça ne marchera pas du tout dans le cas présent… Du coup je me concentre sur la musique, et me rappelle de la qualité de cette dernière : entre beats hip-hop et sons orientaux, rien n’est laissé au hasard et tout se mélange pour nous faire voyager dans des contrées éloignées. Évidemment, la basse rajoute de la lourdeur à l’ensemble (ce qui n’est pas pour me déplaire !) et on se laisse vite emporter par ces sons qui nous touchent au plus profond de la cage thoracique, même si ce n’est de toute évidence pas le cas de tout le public, tant celui-ci restera statique tout du long… Niveau setlist, on aura droit dans le désordre aux morceaux phares de son dernier album Engravings sorti en août dernier, « Thor Stone » et « Ljoss », petits bijoux qui contiennent tous les éléments de la musique du petit anglais : mélancolie, fausse légèreté, sons asiatiques et ambiance de bande originale de film. Il prendra sa guitare sur « The Weight of Gold », nous fera onduler sur les sons dub de « Friend, You Will Never Learn » et de « Marchies » et nous amènera au-delà de toute frontière via les mélodies de « Rattling Cage », ces deux derniers morceaux étant extraits de son premier EP Dagger Paths sorti en 2010. Il jouera également un nouveau morceau où la flute traversière prendra une place encore plus grande que sur ses précédents efforts, puis quittera la scène pour mieux revenir et nous faire bouger une dernière fois sur une compo entre violon et hip-hop. Bref, un sans faute pour cet artiste que l’on aimerait voit plus souvent dans nos contrées !

Merci à Kevin pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe de l’Ancienne Belgique pour l’organisation de cette soirée vivifiante !

Hellisha

 


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