Nuits Botanique, deuxième. Et ce n’est pas peu dire que je suis impatiente de la vivre ! En effet, si l’affiche est intrigante avec les groupes belges et anglais Pale Grey et Chvrches (groupes que je ne connais pas), c’est pour La Femme que je suis là. C’est donc après avoir réécouté leur album en boucle pour la énième fois que je me rends sous la verrière musicale bruxelloise histoire de leur montrer qu’ils ont aussi conquis le plat pays !

pale-grey

J’arrive dans l’Orangerie, la plus grande salle du complexe le Botanique, et Pale Grey a déjà bien entamé leur set. Mais c’est sans regret d’avoir raté le début que je regarderai la fin… En effet, si leur musique n’est pas désagréable car bien jouée et carrée, ; le quatuor – composé d’une guitare, d’une basse/chant, d’une batterie et d’une MPC/claviers – nous délivre une pop ponctuée de touches électroniques des plus consensuelles. Aucune surprise, jamais de réelle montée ni redescente. Bref, c’est un peu fade. Pourtant le groupe a l’air de prendre plaisir à être là, et les applaudissements à la fin de leur set montreront que le public aussi. Tant mieux pour eux. Et ils auront beau nous assurer qu’il y aura de très jolies filles à leur stand de merch, l’argument n’est pas assez fort et je sors de la salle en me disant que c’est définitivement La Femme qui va me mettre une claque sur le nez ce soir…!

MAD1494_078

Quand je reviens, je vois qu’il y a un petit troupeau qui s’est formé devant la scène. Certainement des gens à peu près aussi impatients que moi de voir ce petit phénomène de rock français. En effet, La Femme a fait sensation cette dernière année via deux EPs et un album, Psycho Tropical Berlin, au talent certain. Il faut dire que leur son, entre surf music esprit seventies et new wave des années 80, rafraichit énormément une scène rock française où il ne se passe plus rien depuis des années. Certes, les paroles ne sont (souvent) pas des plus recherchées (même si je ne peux m’empêcher de (souvent) penser à une seconde lecture) et ça reste (souvent) léger, mais à quoi bon chercher à toujours tout compliquer quand on peut faire un truc simple et efficace ? Je me positionne donc parmi la foule déjà en place, et je vois que la scène est remplie de claviers, tambourins, batterie, micros, guitare, basse, et même d’un thérémine. Et chose intéressante, mis à part les deux chanteurs et le batteur, tous les musiciens passeront d’un instrument à l’autre pendant tout le set, chose rare ! Le groupe, composé de cinq mecs et une nana, débarque sur scène et chacun prend possession de sa machine à sons qui nous fera danser pendant quarante minutes. La chanteuse, aux faux airs d’Uma Thurman façon Pulp Fiction avec sa frange et son carré noir corbeau, entame sans un mot le morceau « Amour dans le motu » et ça sonne tout de suite très bien. Par contre je remarque aussi que le public ne réagit absolument pas… Pourtant ils feront tout pour, avec une setlist (plus ou moins) idéale : « Packshot », « La Femme », « Françoise » (de quoi se reposer un peu, car si le public est mou, je suis en mode excitation et je bourre dans le tas !), « Si un jour », « Nous étions deux » (très chouette morceau sur la tromperie amoureuse interprété par le chanteur), « It’s time to wake up (2023) » (petit bijou post apocalyptique de sept minutes), « Sur la planche », « Antitaxi » (où le public se réveillera ENFIN pour rentrer dans un joyeux pogo) et « Télégraphe » (il ne manquait plus qu' »Hypsoline » et « La femme ressort » pour atteindre la perfection, mais ce n’est que subjectivité). Bref, que du bonheur pour ce concert, que le chanteur passera à nous demander si on va bien, et à nous souhaiter « santé » en tendant sa bière. Je repars donc de là en sueur et plus que comblée, en me disant que je remettrais bien le couvert rapidement, et pour une heure de plus, sans problème !

chvrches

C’est maintenant l’heure de la tête d’affiche, Chvrches. Mis à part les singles « The mother we share » et « Now is not the time » que j’entendais en boucle au boulot et extraits de leur premier EP Recover sorti en 2013, je ne connais pas du tout ce groupe. C’est un trio anglais claviers/guitare, claviers/machines et chant, menée d’une main de maître par une adorable petite nana au physique et à la voix d’adolescente. Ils jouent une électro pop planante et assez prenante. Le problème, c’est qu’après la prestation de La Femme, c’est plutôt fade… Alors même si j’ai su apprécier leur musique qui, si elle n’a rien de très originale, adoucit les mœurs et nous laisse à rêver d’un ailleurs, je ne saurais rentrer totalement dans le truc. Pourtant, ils sont très sympathiques, nous expliquent que c’est leur première fois en Belgique et qu’ils sont ravis comme tout (ça se voit d’ailleurs), ils nous ont joués un nouveau morceau « en exclusivité » et échangeront même d’instrument pour le dernier, mais rien à faire, c’est avec une demi oreille que j’entends leur musique. Du coup je sors de là comme j’en suis rentrée, en chantonnant La Femme dans ma tête.

Merci à Pascale pour les accréditations et à Tristan du VK pour la place gratuite, ainsi qu’à toute l’équipe du Botanique pour m’avoir permis de tomber amoureuse !

Hellisha

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire