Rendez-vous est pris au Botanique ce samedi soir pour une soirée qui s’annonce « exceptionnelle ». En effet, le show de Kid Koala est apparemment unique, vu qu’il ne s’arrête pas à un simple mix de sa part. Non, là on nous présente la chose comme un spectacle avec des danseuses, des machines, de robots, des jeux, … Intriguant donc, tant on sait que le DJ canadien a tendance à faire des concerts qui sortent de l’ordinaire (la dernière fois qu’il est passé à Bruxelles, il y a quelques mois, il a mixé plusieurs heures d’affilée par exemple). Bref, je me rends à la salle conquise d’avance, et je ne vais pas être déçue du tout, loin de là.

J’arrive dans l’Orangerie (une des salles du Botanique) et je me régale déjà, rien qu’en observant la scène elle-même. On peut y voir trois platines et un clavier, le tout surmonté de deux caméras dont l’image est projetée sur le rideau en velours rouge à l’arrière. De quoi admirer le talent du célèbre DJ donc. Mais ça ne s’arrête évidemment pas là. On peut voir aussi un panneau à l’ancienne façon speakerine des années 50, un boîtier avec écran de température et gros bouton où se tient un nounours rose, un controler géant, … le tout en carton. Bien cheap le décor, mais tellement mignon. On attend un bon moment que Kid Koala montre le bout de son nez, quand les lumières s’éteignent enfin. On entend au loin une voix qui dit « hey les gars, je voudrais bien venir, mais je suis enfermé dan les loges », suivi d’un fou rire tellement sincère qu’on ne peut s’empêcher d’en faire de même. Puis une lumière s’allume au fond de la salle, et débarquent alors deux danseuses vêtues façon cabaret des années 20, tenant un parapluie fait de petites loupiottes. Elles sont suivies de près par Kid Koala qui, boîtier dans une main et micro dans l’autre, fait du son en traversant la salle tout en nous souhaitant la bienvenue dans son monde. Il a un sourire qui ne peut laisser impassible, et on sait déjà que ce show va être magique. Je ne vais d’ailleurs pas pouvoir tout vous raconter tant il s’est passé de choses pendant 1h30, mais je vais au moins essayer de vous faire ressentir l’ambiance qui régnait.

Le DJ monte donc sur scène, et au bout d’à peine quelques notes, il commence à blaguer sur le fait qu’il a oublié son PC et son casque, et qu’il s’excuse pour ça, mais ce soir, on aura droit à un vrai mix, avec des machines et des platines vinyls.  Quel dommage. Il enchaîne quelques vieux morceaux entre jazz, blues et hip-hop léger. C’est tout posé, mais ça fait quand même bouger la tête, et surtout on lève les bras et on crie quand il passe un morceau des Beastie Boys, et qu’il dit au micro « make some noise for MCA ». Un petit frisson me parcourt le corps à ce moment-là, mais cette partie du concert reste personnelle. RIP en tout cas. Puis vient le moment des nouveaux morceaux, les 12 qui composent l’album 12 Bit Blues (« bit » fait d’ailleurs beaucoup rire Kid Koala). Là on est carrément dans un univers blues, et l’arrivée des danseuses nous le confirme. Jeux de plumes et petites coquineries vont à ravir avec cette musique sortie tout droit d’un vieux club enfumé. On passe ensuite à un répertoire plus rock n’ roll, avec notamment un morceau des White Stripes. Et puis, non sans nous surprendre, Kid Koala nous fait faire un voyage dans le temps en balançant du hip-hop old school qui nous donne l’impression d’être en plein New-York, avec un complet Adidas et un ghetto blaster sur l’épaule. Tout le monde tape dans ses mains et ondule des épaules sur le rythme, et la bonne humeur se lit sur tous les visages.

Le DJ nous laisse ensuite en compagnie des danseuses pendant un autre nouveau morceau, et alors que celles-ci fabriquent un gramophone en carton, Kid Koala revient déguisé … en koala ! Il nous explique qu’il a perdu un pari, et qu’il doit porter ce costume pendant 100 dates. Nous en sommes à la 98selon lui. « Fuck my life » commente-t-il. Puis c’est l’heure du morceau préféré de sa fille de trois ans, et là on tombe carrément dans un univers enfantin à souhait. En effet tout le monde se met à chanter « Are you ready to have some fun ? » et monte les bras en l’air, paumes grandes ouvertes, ou en bas poings serrés, comme un groupe de gamins qui apprend une chorégraphie au Club Med. Un peu ridicule, mais ça fait du bien. On finit le morceau tous assis dans le public, Kid Koala y comprit. Il sourit à n’en plus pouvoir. C’est tout simplement parfait. C’est ensuite le moment de la venue des tant attendus robots. Alors qu’il balance un autre nouveau morceau (« 6 Bit Blues »), une des danseuses sort de sous la table devant lui, déguisée en robot donc. L’autre arrive dans la foulée, déguisée en personnage bleu à lunettes qui s’époumone dans le fameux panneau de speakerine. Cette dernière joue ensuite avec tout ce qui se trouve sur la scène, jusqu’à enlever le drap qui cachait quelque chose depuis le début. Et là ce n’est pas moins que six choristes en peluche et carton, tenues et donc activées par des bâtons qu’elle tire ou pousse de droite à gauche. Une véritable ambiance gospel ! Kid Koala créé une fois de plus la surprise en mixant « Reign In Blood » de Slayer. Je suis la seule du public à réagir, mais ça m’étonne guère : du thrash en plein concert « hip-hop », ça surprend ! Cette fois c’est des marionnettes qui pogotent, et ça donne presque envie de faire pareil, mais je me retiens. Tout de même. Après ça, le DJ balance quelques morceaux hip-hop avec des légères touches électro qui ne sont pas pour me déplaire.

Puis vient le clou de la soirée : il descend dans le public, suivi des deux danseuses, et nous propose de faire une chenille avec lui. Évidemment, tout le monde se prête au jeu. On ira même jusqu’à faire du limbo. C’est du grand n’importe quoi. Je ne sais pas par quel critères, mais les danseuses choisissent un mec dans le public, et celui-ci monte sur scène pour une chorégraphie ridicule mais adorable, et devient ainsi le roi des koalas. Enfin, il se fait surtout offrir un beau coffret Kid Koala dont il a l’air ravi. Tu m’étonnes. Et alors que le DJ enchaîne sur des sons hip-hop, western, voire même de films de kung fu, les danseuses reviennent déguisées en hôtesses de l’air sur le nouveau morceau « 8 Bit Blues ». Elles nous jettent des avions en papier dessus, mais aussi des maniques à l’image de Kid Koala. De quoi ne plus jamais faire la cuisine comme avant en somme.

Puis c’est l’heure de nous quitter. Et alors que le public hurle à n’en plus finir pour d’autres petits moments de bonheur, le DJ revient pour nous jouer le « morceau préféré de sa maman ». Morceau très calme, mais ça fait du bien après tout. On voyage au son de la musique, jusqu’à ce qu’il joue « « 2 Bit Blues », et là, c’est le clou de la soirée. En effet, les danseuses jettent des kazous estampillés « 12 Bit Blues » dans le public, ce qui amènera à une « concours de solo », dont le gagnant aura le droit de choisir ce qu’il veut au merchandising. Décidément, c’est un grand prince ce petit koala ! Il nous dit au revoir là-dessus, et même si on aurait aimé que ça dure 1h30 de plus, on se dit que toutes les bonnes choses ont une fin, et qu’il faut bien sortir de ce rêve éveillé à un moment ou à un autre.

Merci à Pascale pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe du Botanique pour cette soirée magique !

Hellisha

Vidéo de Kid Koala :

 

 

 

 

 

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