En ce morne jeudi soir pluvieux, je me rends, en compagnie de Polo (mon comparse de la team ITMM) au VK, pour répondre à un « London calling ». La célèbre salle alternative flamande (23 ans d’âge !), située à quelques pas du centre ville de Bruxelles, propose en effet une soirée placée sous le signe du hip-hop londonien « nouvelle génération ».
J’entends par là que ce n’est pas du rap à l’ancienne que nous sommes venus voir, mais bien un mélange de plusieurs genres, en passant par la dubstep et l’électro.

 

STIG OF THE DUMP

Le temps de prendre une bière, on entend résonner la voix grave et le rire diabolique de la première partie, j’ai nommé Stig Of The Dump (aka Stevie Dickhead). Et même si on constate d’emblée que la salle est loin d’être remplie, on sent clairement qu’il va y avoir de l’ambiance ce soir. Les gens ont le sourire, MC et DJ y compris. Pourtant, rien de très original dans ce qu’ils nous proposent, mais le rappeur anglais (aka Stiggy Smalls) a l’air de tellement prendre son pied sur scène qu’il est impossible de rester impassible. Mais derrière cette bonne humeur apparente, on sent tout de même une certaine haine dans le discours du monsieur. En effet, on a beau ne pas tout comprendre aux paroles (il faut dire qu’il a un sacré flow), il paraît évident que le rappeur ne chantonne pas des comptines modernes. Ça devient clair lorsqu’il nous raconte brièvement son histoire, liée à celle de Foreign Beggars. Amis de longue date, ces derniers l’ont hébergés dans leur studio pendant quelques temps, Stig Of The Dump (aka Stigmund Freud) ayant été SDF. C’est pas gai tout ça, mais en attendant, ça fait bouger le corps et voyager l’esprit.
Il faut aussi préciser que le DJ qui l’accompagne sait mettre les sons qu’il faut. On passe agréablement du hip-hop pur avec des gros beats et voix douces à de la dubstep lourde et efficace à souhait. Rien de très surprenant donc, mais on ne s’ennuie pas une seule seconde pendant le set. On aura même droit au morceau « I Got Game », agrémenté de samples de Street Fighters. De quoi ravir les geeks que nous sommes donc. Mais le temps de lever les bras une dernière fois, et c’est déjà la fin. Stig Of The Dump (aka Stigbert Humperdink) quitte la scène en faisant une blague mi-flatteuse mi-lourde sur sa copine présente, et nous, on attend qu’une chose : la suite !

 

 

FOREIGN BEGGARS

Il faudra patienter une grosse demi-heure avant que les tant attendus membres de Foreign Beggars fassent leur entrée sur scène. Tout d’abord, DJ Nonames nous balancent quelques sons hip-hop aux relents électroniques que l’on apprécie à leur juste valeur. Et puis c’est l’arrivée d’Orifice Vulgatron et Metropolis. La salle s’est bien remplie entre temps, et le public hurle à pleins poumons pour les acclamer. Il faut dire que la configuration de cette salle est parfaite pour tout fan des groupes qui y passent : assez de place pour être à l’aise, mais relativement petite pour être intimiste. Le groupe entame son set avec des morceaux issus de leur nouvel album, sorti le jour même, The Uprising. dont « Amen », chanson relativement calme. Mais le groupe fait un come back dans sa discographie en enchaînant avec des titres comme « Seven Figure Swagger » ou encore « Hit That Gash », morceau composé à l’époque avec nos petits français Disiz La Peste et Grems. Pour la suite, les Foreign Beggars demandent à Stig Of The Dump de les rejoindre sur scène, ainsi qu’un inconnu au bataillon (ami du groupe visiblement) pour entamer un freestyle sur le morceau « Slow Broiled Ilk », là aussi vieille pierre de leur discographie. Mais il fallait bien ça car si le public devient de plus en plus chaud, on sent clairement que le groupe en attend plus. Mais à partir de ce moment, tout va aller crescendo. En effet, le groupe enchaîne les tubes sur lesquels on ne peut rester immobiles, tels que « Badman Riddim (Jump) » morceau sorti l’an dernier featuring Vato Gonzalez. Là tout le monde saute, lève les bras, et ça commence même à gentiment pogoter. Bref, le groupe commence à sourire. Foreign Beggars, visiblement fans de métal, balancent un célèbre morceau (de Slayer si je me souviens bien) afin d’entretenir le pogo bien entamé. Et ça marche. Et ça ne va pas retomber jusqu’à la fin du set, vu que le groupe commence à faire tout leur répertoire dubstep. On aura donc la chance d’entendre leur morceau « Lines In Wax » composé avec Flux Pavillion, ainsi que « Scatta » avec Skrillex et Bare Noize. On commence à ressentir des douleurs aux tibias, aux pieds, voire sur le nez, mais c’est pas grave. L’ambiance est enfin là, autant en profiter. Stig Of The Dump reviendra pour un featuring très lourd où les MCs semblent follement s’amuser. Nous on comprend toujours autant rien à ce qu’ils racontent, mais leurs sourires respectifs en disent long. Vient ensuite le moment très attendu de « Contact », morceau composé avec les DJs hollandais de Noisia. Si les sceptiques ne bougeaient pas leurs popotins jusque là, c’est maintenant chose faite. En effet, impossible de résister aux notes de la deuxième partie de la chanson, véritable déferlante de basses et de boucles drum n’ bass efficaces à souhait. Le groupe enchaîne avec deux trois nouveaux morceaux que l’on ne connaît pas encore mais qui sentent bon la violence, et c’est le moment de « Shellshock », passage obligatoire de tout concert de Foreign Beggars. Et oui, c’est le moment du fameux wall of death, soit le moment où le groupe demande au public de se séparer en deux afin de se livrer une bataille façon Braveheart lorsque le morceau prend son envol. Et vu que le groupe n’en a jamais assez, on recommence la danse une fois, deux fois, trois fois. Jusqu’à finir sur les rotules, des douleurs plein le corps. Le concert se finira sur un mélange hip-hop/dubstep où tous leurs potes (présents sur scène pendant tout le concert) viendront danser et/ou chanter, au choix. Le public aura aussi droit à venir montrer ses plus beaux pas de danse, et c’est littéralement le tiers de la salle qui finit sur scène avec le groupe. Bref, de quoi repartir ravis, et même si on aurait volontiers regardé le set d’High’n’Irie Soundsystem, on préfère écouter leur son, bon mélange de hip-hop, dubstep, voire drum n’ bass, de l’extérieur de la salle en sirotant une ou deux bières. Et c’est très bien comme ça.

Merci à Tristan pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe du VK pour l’organisation de cette soirée mémorable. On en redemande !

Hellisha

 


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