C’est avec mon petit poney personnel que je me rends dans un des châteaux de cristal, qui prend place ce soir à l’Ancienne Belgique. Le duo canadien revient une nouvelle fois pour enflammer le dancefloor bruxellois, et on ne va pas s’en plaindre. Mais on va vite se rendre compte que les maîtres des lieux sont des êtres capricieux …

En effet, ce soir, il n’y aura pas de première partie. Initialement, c’était le groupe Zucchini Drive qui devait ouvrir les hostilités, mais la rumeur court comme quoi Crystal Castles auraient préféré annuler leur prestation. Auraient-ils eu peur de se faire voler la vedette par ce groupe d’hip-pop indé londonien ? On ne le saura jamais. De toute façon moi je m’en fous, je voulais qu’ils jouent avec Crim3s, nouvelle sensation made in England. Bref. Du coup, à la place, l’AB a programmé un DJ que l’on n’aura pas la chance de voir (mais apparemment on n’a rien loupé).

On se dirige donc vers le cœur de la foule déjà compacte, et on constate que le public, s’il est diversifié, est constitué pour la plupart de jeunes ados. Pour changer, je me prends un coup de vieux dans la gueule, mais on fera avec. On remarquera dans l’attente qu’une batterie trône sur la scène, ce qui ajoutera une touche fortement rock n’ roll. Par contre on a un peu plus de mal à digérer le fait que le groupe pointe le bout de son nez avec plus de 20 minutes de retard. Capricieux le roi et la reine, je vous l’avais dit …

Ethan Kath prend place derrière ses machines de manière froide et stoïque, et Alice Glass débarque sans un mot pour entamer le premier single de leur dernier album (III), j’ai nommé « Plague ». Le public réagit aux premières notes, et les mouvements de foule commencent. Et ça va durer pendant plus d’une heure. Dès le deuxième morceau, «Baptism », présent sur l’album Crystal Castles II, on se rend compte qu’il y a beaucoup trop de basses, et que le chant de la maîtresse des lieux n’est pas au point. Saturation à mourir, ça part dans les aigus, et ça ne sonne pas bien juste. Heureusement, ça va s’améliorer tout au long du set, et la fin du show sera (presque) une copie conforme de ce qu’on entend sur CD.

Alice, telle une petit marionnette maigre et désarticulée, braille à n’en plus pouvoir sur tous les morceaux. Et les bons. En effet, pas trop de chansons du dernier album (beaucoup trop calme à mon goût pour ce groupe d’électro/punk), mais une setlist quasi parfaite. On entendra, dans le désordre, tous les classiques du duo : « Alice Practice », « Telepath », « Suffocation » « XXZXCUZX Me », « Celestica », « Black Panther », « Crimewave », « Insulin », … De quoi ravir les amateurs des trois albums donc, sans tomber dans un truc brouillon et planant à la fois (ce que je craignais).

En tout cas on oublie vite qu’il n’est que 21h30, qu’on est lundi, et à l’AB. On se croit plutôt au fin fond d’un club londonien, ambiance 3h du matin quand le public donne tout ce qu’il a. Il faut ajouter que les lumières feront beaucoup pendant le set. Pas vraiment d’abus de stroboscopes, mais plutôt des lights qui accompagnent à merveille la musique : un mélange de couleurs acidulées et d’ambiance sombre à souhait. A l’image du groupe et de leur musique donc.

Seul petit bémol de la soirée (hormis le fait qu’on n’aura ni droit ni à un « bonjour », ni à un « merci » et encore moins à un « au revoir », mais bon, on ne va pas voir Crystal Castles pour partager un moment chaleureux non plus), le groupe finira son set à l’heure prévue, et on a donc perdu 20 minutes de concert. Sans même avoir eu de première partie, ça fait un peu mal aux fesses, il faut bien le dire. Mais bon, comme je le disais plus haut, on a passé une grosse heure à danser, chanter, sauter les bras en l’air, et c’est déjà bien. Sans rancune les canadiens, on reviendra vous voir !

Merci à Thomas pour l’accréditation, et à toute l’équipe de l’AB pour cette soirée agitée !

Hellisha


 


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