C’est par un jour sans pluie que mes sabots se sont remis en route pour le concert de Connan Mockasin, (groupe d’origine néo-zélandaise, avec à sa tête le chanteur/guitariste Connan Hosford). Et c’est dans une salle de l’AB tout à fait transformée que j’arrive. Les balcons qui entourent la fosse ont été recouverts d’épais rideaux rouges et de loupiotes qui nous balancent illico dans un cabaret burlesque tamisé. La scène déjà embrumée résonne de quelques titres de Joséphine Baker… Une bonne entrée en matière je dirais…

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 Photo de Tina Herbots

 

J’avoue que j’avais quelques doutes; grande fan de l’album  Forever Dolphin Love, j’avais un avis un peu mitigé à la sortie en Septembre dernier de Caramel ; un peu trop dans le brouillard pour moi, malgré quelques résonances langoureuses de soul qui parodient délicatement une époque musicale de crooners encore pleine de richesses (voir le clip I’m The Man, That Will Find You). Un peu mou dans l’ensemble.  Mais bon, j’ai peut-être été plus surprise que déçue, sans noter la disparition de déguisements faits maison certes déjà vus mais toujours séduisants. Quoiqu’il en soit, c’est donc pleine d’appréhensions voire de mauvais esprit que je m’approche des planches.

La lumière s’abaisse, un rythme commence, puis un, deux, trois musiciens se mettent en place au petit pas de course. Et c’est l’arrivée de Connan Mockasin, salué par quelques cris dans le public. Son grand nuage de cheveux blonds-blancs autour de la tête, un sobre petit blouson de cuir noir et sa guitare en bandoulière, le sourire aux lèvres, il agite ses doigts sur les cordes…et, en un instant, la magie opère.

Sa guitare part tout de suite dans des notes délirantes qui se distordent et se retordent avec pesanteur dans le ventre, et c’est suspendue comme le poisson suit le doigt sur le bocal que je tends les naseaux et oreilles sans hésiter.

Il est certain qu’un morceau prend toujours une autre ampleur joué en live; et c’est là que j’attendais d’être surprise. L’album étant planant et lent, un peu trop homogène dans sa bizarrerie à mon goût, j’étais curieuse de voir comment ils allaient nous garder debout. Et je n’ai pas été déçue : c’est avec le rythme puissant et pour une fois pas trop sourd de la batterie et des percus que la voix frêle et les mélodies divaguantes de la guitare de Connan Mockasin ont pris toute leur ampleur.

Chaque chanson a été revisitée , et ça, ça fait toujours hennir de bonheur, comme pour la version de  It’s choade my dear  à peine susurrée puis sifflotée dans des envolées à la limite du maîtrisé.

Sinon, il est évident que le groupe à l’air heureux d’être là, et ça se communique immédiatement. Petites blagues et échanges décomplexés, Connan et ses Mockasins nous gâtent. Il paraîtrait même que la Belgique est un de leur endroit préféré pour jouer ! Des ballons de baudruche surgissent du public, et valseront de pieds en mains, de mains en guitares pendant de longues improvisations pour finir en direct de « ballon-frotté-sur-cordes », audacieuse expérimentation plutôt réussie, encouragée par les rires des autres membres du groupe.connan2-tt-width-604-height-403

 

La lumière baisse, et c’est plus une pause que l’habituel faux rappel qui nous plonge dans le noir. Quelques flashs révèlent une couette blanche en boule au devant de la scène, et quand la lumière s’allume une jolie japonaise en kimono en sort sa tête, et nous fait scander les quelques jingles  thank you Connan , C.O. N.N.A.N. Conan !  de I wanna roll with you.
Le musique redémarre, tranquillement, la couette remue, et peu à peu la tête blonde dans un kimono presque aussi blanc que sa personne en émerge, chantant à la fois dessus, dessous, ou au travers de celle-ci.
Le set se finira sur une version de  Forever dolphin love , toujours en envolées psychédéliques et c’est donc ravie que j’ai trottiné vers la sortie, encore toute embrumée dans les dissonances délicieuses de la soirée…

Merci à Kévin pour l’accréditation,

Sur ce, je m’en retourne à mon pain de sel,

Poney 1er.

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