Retour à l’Ancienne Belgique après un mois et demi (damn que cet endroit m’avait manqué !), et ce pour une soirée à la cool, tranquille, posey (comme dirait l’autre). En plus, pour une fois j’arrive à l’heure – et même en avance ! – et je peux m’installer confortablement dans les gradins en velours rouge de la salle. De quoi bien apprécier la suite…

357677442_640

En première partie ce soir, l’Ancienne Belgique a apparemment semblé trouver judicieux de programmer Maya’s Moving Castle, groupe de pop flamand tout juste formé (un an et un album à leur actif) et composé d’une batterie, d’un chanteuse qui fait parfois mumuse avec une sorte de petit clavecin, une claviériste/guitariste et un autre claviériste. Jusque là, tout va bien. Mais déjà, le groupe rentre sur scène dans le silence le plus pesant du monde. C’est mauvais signe. Surtout pour eux. Et ça ne va pas s’arranger au fil du set… Malgré tous les efforts de la chanteuse (mignonne à souhait) qui tente de parler avec le public et de faire des petites blagues entre les morceaux, la sauce ne prend pas. Il faut dire que le groupe propose une pop pas vraiment originale. Certes, les montées électro et les beats parfois lents et sombres donnent un petit aspect singulier, mais hélas, la voix tellement insipide de la chanteuse fout tout en l’air. De plus elle a un charisme zéro qui ne permet pas vraiment de la défendre… Du coup le groupe quittera la scène 35 minutes après sous les applaudissements mous d’un public qui n’attend vraiment qu’une chose : l’arrivée de Cat Power !

Austin-Hargrave-Cat-Power-Chan-Marshall-03

Il aura d’ailleurs fallu patienter près d’une demi heure pour ça, mais ça y est, elle rentre sur scène. Et c’est l’ovation ! En fait non, c’est tout d’abord une guitariste qui arrive et qui entame un solo très calme, puis le bassiste/claviériste/tappeur de grosse et caisse claire., puis la batteuse, puis l’autre guitariste, et enfin Cat Power. Elle arrive devant un public en folie, et elle est émue au possible. Elle se ballade d’ailleurs gauchement le long de la scène, en regardant dans les yeux les premiers rangs. Entrée fort émouvante s’il en est ! D’autant plus qu’elle chante un morceau des plus puissants, « The Greatest », dont la version live ne peut qu’émouvoir. Par contre je remarque de suite que le chant n’est pas assez mis en avant, trop calfeutré derrière la musique. Dommage, et ça ne s’arrangera pas pendant le set… Au passage, moi qui ne connaissait vraiment que l’album You Are Free, je suis la plus étonnée de voir débarquer une nana habillée toute en noir avec un perfecto et une coupe de cheveux courte et décolorée ! Je m’attendais plus à voir une nana aux cheveux bruns et à la frange longue, assise sur une chaise, à jouer de sa guitare tout en buvant son thé. Bref. Dès le deuxième morceau, elle joue le single de son dernier album Sun, « Cherokee », chanson beaucoup plus accessible car orientée pop FM à mon goût. La belle aurait-elle pris une mauvaise tournure ? Je dirais oui et non. Car si le concert était bien dans son ensemble, entre morceaux pêchus qui rappellent le bon vieux rock anglais des années 90 ou encore le son lourd et groovy des White Stripes, certains passages déçoivent. Beaucoup. Et je ne parle pas des images sur-démagogiques d’indiens pauvres mais heureux qu’elle balance pendant le morceau « Human Being », lui aussi présent sur le dernier album… Et même si ne ce sont que des détails, ça fout un coup à l’image qu’on a d’elle, si spéciale et décalée. Par contre l’interprétation du morceau « exclusif » « Bully », petite pépite toute douce avec guitare, piano et batterie en retrait, ou encore « Angelitos Negros», reprise de Roberta Flack et qu’elle interprète donc en italien sont des coups doubles ! Elle joue en effet ce dernier morceau dans le noir complet, avec seulement un énorme spot aveuglant au fond de la scène et au niveau du sol. Morceau d’ailleurs très intense grâce au piano complètement dingue qui s’emballe complètement. De quoi faire vibrer 2000 personnes donc… ! Malheureusement pour mes connaissances limitées en la matière Cat Power ne jouera qu’une chanson issue de You Are Free, « I Don’t Blame You », mais totalement revue en live en version « sensuelle » et aux accents « Morcheeba de la bonne époque ». Je peinerais donc presque à le reconnaître. A deux titres près, elle jouera l’intégralité de son dernier album, et le reste de la setlist balayera sa discographie. De quoi ravir les fans de la première heure et montrer la diversité du groupe aux non-initiés. Le groupe jouera 1h40, sans rappel, mais on sent que l’amour d’être sur scène est bien là. Elle offrira toute sortes de cadeaux au public, entre fleurs fraîchement coupées, stickers, dédicaces sur papier,… Tout le monde repart ravi, et moi je me dis qu’il est grand temps de découvrir plus en profondeur cette artiste aux nombreux talents.

Merci à Kévin à l’accréditation ainsi qu’à toute l’équipe de l’Ancienne Belgique pour cette soirée émouvante.

Hellisha


Laisser un commentaire