Une fois n’est pas coutume, je me rends à l’Ancienne Belgique pour une soirée sold out. Seulement ce soir, je m’immerge dans un univers adolescent que je n’ai pas l’habitude de côtoyer (ou plus, tout du moins)…

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Je rate la première première partie, Sights & Sounds, groupe de « métalcore » canadien qui, ma foi, était peut-être le groupe au plus gros potentiel de la soirée avec ses montées aux limites du post rock et son chant aérien pas si désagréable. Dommage…

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Du coup j’arrive vers le début du set de Pierce The Veil, et si le groupe m’est inconnu, il n’en est rien pour le reste de la salle. Tout le public (composé de beaucoup de filles qui crient fort, très fort !) chante les paroles à tue-tête, les bras en l’air et le visage ébahi. J’ai donc vraiment loupé un épisode… Alors, pour être honnête, leur prestation, somme toute assez basique, ne m’a pas vraiment donné envie d’approfondir la question (ça reste du métalcore classique et tout ce qui va avec : les mèches, les tattoos, les pirouettes, les pieds sur les retours, les claviers et les moshparts), mais je dois avouer que c’était bien fait. Le chant clair du leader n’est pas insupportable et plutôt juste (il me rappelle parfois même la douce voix de Cedric Bixler-Zavala, chanteur charismatique de feu The Mars Volta), le son est bien mixé, et le groupe a l’air content d’être là (il partage beaucoup avec le public). La formation californienne finira sur leur single « King For A Day », (sur lequel chante Kellin Quinn, leader de Sleeping With Sirens) et la foule est en délire. Bon, après, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais il faut leur reconnaître qu’au moins ils donnent à leur public ce que ce dernier attend d’eux, avec notamment un set de 45 minutes (chose de plus en plus rare pour une première partie), et bien exécuté. On respecte donc.

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Une petite demie heure plus tard, c’est donc le groupe tant attendu de la soirée Bring Me The Horizon qui entre sur scène, et ce sous les cris hystériques des adolescentes qui m’entourent. Car oui, le célèbre groupe anglais, devenu pur produit marketing avec ses gueules d’anges et ses corps recouverts de tattoos, provoque plus ou moins la même réaction qu’un Justin Bieber. Dingue…! Bref, un rideau se lève sur le fond de la scène sur un immense lettrage BMTH blanc entouré de leds, qui changeront de couleurs au fil du set. Assez sobre finalement, et qui sort des clichés « dark » de cette nouvelle scène. Le set démarre sur « Can You Feel My Heart ? », extrait du dernier album, Sempiternal, et on sent de suite que ce n’est pas ça… On distingue mal la voix, ainsi que les guitares, du coup c’est assez brouillon, et on peine à reconnaître les morceaux (car non, ça ne s’arrangera pas au fil du concert…). Oliver, le leader, justifiera d’ailleurs son manque de voix en prétextant une grippe, ce qui lui permettra de faire du playback pendant une bonne moitié du set (pour le plus grand bonheur des fans, qui connaissent tous les textes par cœur). Pas convaincue… Ils enchainent avec « Shadow Moses » (autre single du dernier album), puis vient le tour de « Diamonds Aren’t Forever », extrait de l’album Suicide Season, sorti en 2008 (le seul que je connaissais vraiment au final). Mais même là, c’est au bout de quelques temps et hurlements stridents d’adolescentes dans mes oreilles que je reconnais le morceau ; c’est dire si c’est mal interprété… Ils joueront également « Chelsea Smile » de cet album, et tout le reste du set sera globalement extrait du dernier album, « Go To Hell, For Heaven’s Sake », « Anti-Vist » et « Sleepwalking » (sur laquelle ils termineront le concert) en tête. Et si les wall of death, stage divings et autres sing along s’enchainent à une vitesse folle, c’est sans le cœur que le groupe quittera la scène au bout de 45 pauvres petites minutes (autant dire que ça faisait la gueule à la sortie de la salle…). Et c’est ce que je trouve le plus honteux dans l’histoire : quand on fait tout pour devenir un groupe à groupies, qu’on accumule les unes de magazines « rock » et qu’on devient un « super band » qui est passé du presque death au presque émo, suivi par des millions de fans, le minimum syndical serait encore de satisfaire le public qu’on a voulu amasser. Mais visiblement, Bring Me The Horizon est bien au-dessus de ça, et c’est assez triste… En tout cas, on ne m’y reprendra plus !

 Merci à Kevin pour l’accréditation.

 Hellisha


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