Quitte à faire envier la moitié du webzine, je vais prendre un malin plaisir à vous narrer la concert auquel j’ai eu le droit d’assister hier soir à l’Ancienne Belgique : Black Rebel Motorcycle Club. Un bien beau concert pour un groupe qui commence à rentrer dans la légende du rock. Le tout servi avec une première partie tout aussi rock – Transfer.

Transfer

Transfer, groupe originaire de San Diego, arrive sur scène pile à l’heure. Chacun s’installe à sa place, un chanteur/guitariste, un bassiste, un guitariste/solo et un batteur : configuration en rock basique pour ce groupe assez récent (premier album – octobre 2011) mais qui monte en puissance.

Pendant une demi-heure, le groupe tire sa musique vers une ambiance très planante et énergique avec des guitares saturées qui suivent le rythme d’une batterie abîmée par un frappeur ma foi bien bourrin. La voix du chanteur est parfaitement dosée et quand le bassiste le rejoint au chant cela donne un duo aux tons différemment sublimes pour un rock-psyché très proche de Arcade Fire (en plus garage). Je reste conquis par cette musique et regarde avec attention le guitariste/solo Matthew Molarius, s’évertuer à gratter le plus vite possible ses cordes pour monter un peu plus haut dans l’atmosphère. C’est avec un grand plaisir que je me surprend à danser sur cette musique. Malheureusement, Transfer ne joue pas bien longtemps et c’est en seulement 5 morceaux que leur set se termine. Pas grave me direz-vous ? Ben non car derrière on attend de pied ferme les BRMC et leur réputation scénique que même Noel Gallagher loue.

BRMC

Black Rebel Motorcycle Club c’est un peu comme si on vous parlait de Led Zeppelin au début des années 70’s : ce sera, dans un futur proche, un groupe qui comptera parmi les légendes du rock. Rassurez vous, si vous n’êtes pas d’accord, je m’en vais vous convaincre ! Formé à la fin des années 90′ le groupe est passé par 6 albums, des tournées mondiales, une nouvelle batteuse (Ex-Ravonettes) et un 7ème opus sorti tout frais en mars dernier.

La salle est pleine à craquer et par une flemme passagère, je décide de m’installer dans les gradins ; regret presque immédiat sur le premier morceau : le public bouge dans tous les sens et tandis que le groupe joue deux nouveaux titres je me dépêche de descendre dans la fosse pour m’installer quasiment au premier rang. Ça déménage d’entrée de jeu, Robert Levon Been est à la basse et vise le public avec son instrument comme avec un fusil d’assaut tout en rythmant de façon ravageuse la mélodie. Leah Shapiro savate sa batterie tel un chasseur finissant sa proie à coup de crosse, et Peter Hayes use ses cordes pour nous montrer que le boss à la guitare c’est lui !

Le groupe fait alors une pause pour nous dire qu’ils sont ravis d’être là ce soir et que c’était la première fois pour la nouvelle batteuse sur les terres du plat pays il y a 5ans lors du précédent concert. On a ensuite le droit à « Beat the devil’s tattoo », leur tube planétaire, en version plus acoustique que l’originale mais avec un final apocalyptique. Les tubes s’enchaînent les uns après les autres, et pour montrer qu’ils sont super forts, Peter Hayes et Robert Levon Been n’hésitent pas à s’échanger basse et guitare entre les morceaux. A la moitié du concert, tout le monde sort de scène est on a le droit  à une chanson à la guitare acoustique de la part de chacun des bad boys de la bande. Balade pop avec « Devil’s Waiting » pour Peter Hayes et balade plus folk avec « Mercy' » pour Robert Levon Been devant un public un peu trop indiscipliné à mon goût, mais un vrai régal tant leur qualité de musicien est grande et leurs voix puissantes. S’entrecoupent ensuite des balades acoustiques-électriques et les morceaux bien remuants de leur longue discographie. « Six barrel Shotgun », « Conscience Killer » ou encore « Ain’t No Easy Way » – pour ne citer que ces morceaux – s’enchaînent de façon magistrale, le public est très réceptif et l’atmosphère pue le rock-blues-garage à plein nez.  Robert Levon Been passe ensuite au piano pour « Windows », ça sent la fin mais on en veut encore, c’est tellement bon.

Au bout d’ 1h45, le groupe fait ses adieux … pour signer un rappel d’1/4h de pure magie. « Sell It » entre autres, où le groupe va monter la chanson jusqu’aux limites du psychédélisme, ça tremble de partout, ça palpite, ça s’excite, ça réchauffe les âmes. Le groupe finit alors sur une belle balade histoire de nous dire qu’ils partent vers un autre point mais qu’un jour ils reviendront.

Bref, Black Rebel Motorcycle Club est un véritable bijou sur scène – 2h de show, un répertoire visité de fond en comble, une transport direct vers un des meilleurs rock qui se fait actuellement et surtout une technique d’hypnose par la musique qui guérit n’importe quelle mauvaise humeur.

Par Popol

Transfer – « Still Bad Blood » :

Black Rebel Motorcycle Club – « beat the devil’s tattoo » :


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