Bruxelles ma belle, qu’as-tu à m’offrir en ce dimanche 20 mai ? Un chouette rendez-vous plein de sueur et de bières sur fond d’apocalypse? Ok!

C’est en effet sous un orage qui laisse les rues de la ville désertes que je me rends dans le centre pour assister à un concert qui s’annonce bien rock n’ roll. Cette fois-ci, ça se passe à l’AB Club, charmante petite salle de plus ou moins 400 personnes, située dans le complexe de l’Ancienne Belgique , lieu mythique de la culture musicale bruxelloise.

Monomaniaque de l’horaire (lorsque ça concerne les concerts …), j’arrive beaucoup trop tôt à la salle, et me retrouve donc dans une pièce où sont parsemés par-ci par-là quelques ados arborant des t-shirts Guns N’ Roses, ou, plus surprenant encore, Bass Drum Of Death ( !!). Léger moment de solitude … Heureusement, la première bière et sa petite sœur me tiennent compagnie, et la salle se remplit peu à peu. Je remarque au passage qu’ici, les amateurs de rock, aussi mainstream soit-il, ont la trentaine,  voire plus, et je ne sais pas si ça doit me rassurer. Entre cris hystériques ou passivité totale, quel est le meilleur choix ? Bref, alors que je me questionne sur l’ambiance à venir, Kabul Golf Club débarque sur scène.

Kabul Golf Club, c’est un jeune groupe de rock/noise créé en 2010 et qui nous vient tout droit de Limbourg, province de la région flamande. Je me dis qu’avec un nom pareil, ils ne peuvent que faire une musique folle. Et bien je ne me suis pas trompée. Dès les premières notes, c’est une véritable claque qu’on prend dans les dents. On regarde ébahi ce qu’il se passe, et à la fois on ne comprend plus rien. Entre rythmes déstructurés, chant hurlé puis soudain voix de crooner, on est un peu perdus. Et c’est tant mieux. Certains sont déroutés et préfèrent s’éloigner de la scène. Personnellement j’admire ce que je vois et entends. Leur musique barrée va même jusqu’à s’offrir la présence d’un violoniste le temps d’un morceau. Autant dire qu’il fallait oser quand on fait du son qui sonne plutôt hardcore. On en prend plein les yeux et les oreilles en ce dimanche soir qui s’annonçait plutôt calme. Le groupe jouera ¾ d’heure, le temps de nous retourner le cerveau et de nous montrer qu’il est encore largement possible d’innover en matière de rock n’ roll. Ca rassure. Leur set se terminera sur une descente dans le public du chanteur et du guitariste. Ce dernier va même aller jusqu’à donner son instrument à un spectateur qui aura la lourde tâche de donner les dernières notes. Fabuleux. Entre rock psyché et hardcore moderne, Kabul Golf Club méritent une certaine reconnaissance qui, j’en suis sûre, ne tardera pas à venir.

Sur cette déferlante de surprises, je me rends au bar, et alors que je savoure une clope devant la salle en compagnie de tous les pestiférés des lieux publics, je me dis que Bass Drum Of Death ont du pain sur la planche pour assurer derrière ce qu’on vient de voir. Car si c’était bien pour eux que je venais à la base, la première partie a mit la barre très haut, et c’est assez rare pour le noter.

Je remonte dans la salle, et c’est l’heure du verdict. Le duo Bass Drum Of Death arrive sur scène, et on n’a même pas le temps de se dire « allez, c’est parti » que le chanteur/guitariste balance les premières notes. Je remarque tout de suite que le rythme est bien plus rapide que sur CD, et ce n’est pas pour me déplaire. Mais premier constat, le public ne bouge pas. Pas du tout. Pourtant, au vu des applaudissements et autres cris poussés entre chaque morceau, il apprécie visiblement ce qu’il se passe. Et il y a de quoi. Le duo originaire du Mississippi enchaîne les tubes qui jalonnent leur album GB City, sorti en 2011. Entre « Nerve Jamming », « GB City » ou encore « High School Roaches », pas de répit.

Le chanteur ne prend même pas le temps de parler au public, ni même de faire une pause entre les morceaux. C’est du non-stop, et c’est très bien comme ça finalement. Le seul moment de calme sera pour les chansons « Spare Room » et « Leaves ». De quoi se poser un peu et apprécier, yeux fermés, ce qu’on nous offre. Car oui, malgré le silence du chanteur, c’est un peu un cadeau auquel on a droit ce soir. Deux groupes sincères, sans fioritures, qui font du rock. Point barre.

Alors même si on pourrait trouver des choses à redire sur l’antipathie du chanteur ou sur l’unique morceau balancé à la va-vite en guise de rappel,  on se dit qu’on a eu ce qu’on méritait : quelques heures pour oublier qu’on est dimanche, que le lendemain faut aller bosser, et que dehors, la grêle tombe sans s’arrêter. Alors on ne se plaint pas, et on rentre chez soi le sourire aux lèvres en se disant que les vieux de la vieille qui ne croient qu’en Pink Floyd et Led Zeppelin n’ont qu’à bien se tenir. Rock is not dead !

Hellisha

Kabul Golf Club :

Site officiel : http://www.kgc-band.com/

Clip :

Bass Drum Of Death :

Site officiel : http://bassdrumofdeath.tumblr.com/

Clip :

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