Petit voyage un peu particulier pour aller voir Amon Tobin … à Lille. Et oui, ça marche aussi pour « C’est arrivé près de Bruxelles » puisque c’est à 1h de là. Premier signe, on n’a pas un nuage, mais un petit vent te titille les poils. Deuxième signe, on retrouve Matt H, célèbre reporter chez ITMM, qui nous dégote un petit bar fort sympathique dans une arrière cours en plein cagnard, avec de la Tripel Karmeliet au fût (encore un signe qu’on n’est pas loin de la Belgique).

Pour le concert, rendez-vous à l’Aéronef, une salle de 2000 personnes située dans le complexe EURALILLE, sorte de centre commercial géant et aseptisé à la française. Direction le bar où l’on retrouve notre Jupiler nationale (la Kro belge, en bien meilleure et moins sucrée). On commence alors à se demander si l’on a vraiment changé de pays. Se poste devant nos yeux un babyfoot où il vous est possible de jouer avec les grands musiciens du 20ème siècle : Bob Marley et Elvis en guise de goal, Nirvana, The Hives, AC/DC, et plein d’autres.

A 21h le concert commence avec, en première partie, un Dj américain signé sur Ninja Tuna, Lorn. Mais celui-ci n’arrive guère à réveiller la salle avec une musique lourde et répétitive à souhait. A 22h, c’est le tour d’Amon Tobin, et surtout de sa scène : une immense structure de cubes en reliefs qui en impose. Le concert commence sur son dernier album (Isam – 2011, label : Ninja Tune), et c’est parti. La structure s’anime, c’est un réveil visuel impressionnant. Par contre, niveau sonore, ça coince.

Le son est mauvais, on entend bien les basses, mais les médiums et les aigus  sont quasiment inaudibles. On comprend qu’Amon Tobin essaie de nous assener musicalement par ses basses puissantes, mais on ne fait  presque pas la différence avec le morceau d’avant. On apprécie tout de même un rapide retour aux anciens albums avec le magnifique « Slowly », extrait de l’album Supermodified, sorti en 2000. Ou encore le remix de « Machine Gun », célèbre trio de DJs drum n’ bass hollandais. Mais ce n’est pas suffisant pour les oreilles. On se réconforte alors avec cet amas de pixels et de cubes qui suffit finalement à nous faire voyager. Au bout d’une heure, M. Tobin descend de son trône pour nous faire un coucou, avant de remonter et d’entamer un seconde partie plutôt bizarre, à base de reprises et de divers remix drum’n’bass voire dubstep.

« Mais quoi y a dans sa tête ? » comme on dit au Groland. On aura même droit à « Contact » de Foreign Beggars VS Noisia, et même si on apprécie toujours d’entendre ce morceau en live, on se dit que c’est trop facile pour le bonhomme. Quelle déception de ne pas voir le monsieur nous jouer sa discographie perso pour tomber dans la facilité actuelle du show, à savoir envoyer ce qui marche pour plaire. Le concert se finit à 23h30 sur un final au visuel toujours aussi époustouflant, mais décevant musicalement. Au final, Amon Tobin et son nouveau live, c’est comme la météo de la journée : il fait beau, et ça fait vraiment plaisir, mais ce vent assez désagréable donne un ressenti de fausse belle journée et suffit à gâcher le plaisir d’un soleil bien présent. Mais ne cachons pas le plaisir de ce live : c’est à voir, c’est indéniable, mais il vous faudra vous renseigner sur l’acoustique de la salle. Et surtout vous attendre à ce qu’Amon Tobin ne livre une prestation des plus originales.

Si vous voulez accéder au site de l’artiste c’est par ici : Amon Tobin (http://www.amontobin.com/)

Allez dis vieux !

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Trailer du Live :

Extrait du live :

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