Deux concerts de Skip&Die en deux jours, est-ce trop ? Après une date en demi teinte à l’Eden à Charleroi, mon petit poney et moi-même nous rendons ce soir au Botanique à Bruxelles pour une deuxième session surprenante !

doop1458612_664062873628258_731587365_n

subp yao204852_122942151117189_2564450_o

On arrive dans le complexe, et dès l’entrée, on est un peu déçues. En effet, le groupe Cairo Liberation Front, producteurs égyptiens qui proposent un son novateur, tout du moins pour ces contrées ensablées, entre électro, hip-hop et sonorités arabes, a annulé la date de ce soir. Du coup, à défaut de bouger notre booty sur leur musique colorée, on va voir ce que donne dOOp vs Subp Yao, eux aussi originaires des Pays-Bas (c’est le cas de Skip&Die, groupe métissée entre Afrique du Sud et Hollande). Et ce sera la première bonne surprise de la soirée ! Sur scène, un MC (dOOp) et un DJ (Subp Yao) dont la bonne humeur met un sourire sur tous les visages. Il faut dire qu’ils savent s’y prendre pour mettre l’ambiance : distribution de vodka, beaucoup d’échanges verbaux avec le public à coups de petites blagues et autres attitudes qui transpirent l’humilité et la joie d’être parmi nous ce soir. Alors on se laisse vite prendre au jeu de leur musique qui, si elle n’a rien de très originale, est fort efficace : subtil mélange entre trap, dub, jungle et hip-hop (qui n’est pas sans nous rappeler les sons de Puppetmastaz). Pareil pour les thèmes, c’est vu et revu et un peu puéril (défonce sous toutes ses formes, rébellion à base de « fuck the law ») mais justement, leur attitude de gamins sur le tard fait vraiment sourire et passer un bon moment ! Et puis quand ils interprètent leur single « Gunshottaflows », on ne peut qu’approuver le talent de dOOp : flow impressionnant et bien calé font que la recette est efficace à souhait ! Du coup, cette première partie de dernière minute passe comme une lettre à la poste, et on est en condition parfaite pour la suite.

SKIP&DIE_Web

 C’est une petite demie heure plus tard que Skip&Die débarque sur scène. Et contrairement à la fois précédente, elle aussi au Bota, il y a trois et non quatre musiciens qui officient derrière une sorte de batterie improvisée avec un bidon en guise de percus, une autre avec des machines, et un musicien touche à tout qui tâte de la cithare comme de la guitare, toutes deux électriques. Et alors que l’intro orientale de « Jungle Riot » fait déjà vibrer la foule, la chanteuse, Cata Pirata, débarque sur scène sous les hurlements de cette dernière. D’ailleurs la foule est bien compacte ce soir, et on sent que les spectateurs sont impatients d’assister à ce concert ! Puis c’est l’enchaînement de tubes via « La Cumbia Dictatura », « Killing Aid », « Love Jihad »,… Ces morceaux, tous extraits de leur album Riots In The Jungle sorti en 2012 seront légèrement remaniés en live dans une version plus électrique et rock, notamment dû au fait que le « batteur » prend la deuxième guitare pour l’occasion. On verra aussi la chanteuse s’essayer aux cymbales, et ça donne plutôt bien, alors que le guitariste s’y attaquera via le bout de son instrument. Puis vient le moment malheureux mais inévitable d’ « Anti-Capitalista », morceau ô combien conventionnel et ennuyeux… En plus il défait tous les arguments qu’on pose sur la table pour garantir que non, Skip&Die n’est pas une musique de hippies… Bref, je croise les doigts pour qu’un jour ils arrêtent avec ce morceau ovni dont ils auraient allègrement pu se passer dans leur carrière… Mais heureusement, après ça, c’est que du bonheur avec des morceaux bien plus branchés électro : « Get Your Braai On », « Zum Zuma » (véritable pépite aux beats ultra lourds et répétitifs qui nous envoient sur une autre planète) et « Muti Murder », pendant lequel Cara Pirata viendra danser au milieu de la foule, jusqu’à s’y asseoir et amener une bonne partie de la fosse à en faire de même ! Pendant ce temps, le percussionniste/guitariste sonne le glas avec une sirène de pompiers, et le tout nous plonge dans une ambiance particulière, entre affection pour le groupe et émeute (je serai d’ailleurs étonnée, voire mal à l’aise pour le groupe qui se fait assaillir par des groupies de 16 ans à la fin du concert, réaction à laquelle je ne m’attendais pas du tout, mais bref). Après une heure de concert sans réelle pause, le groupe revient pour un rappel exquis. Celui-ci commence par une intro à la cithare qui ressemble plus à un solo des plus grands guitaristes qu’autre chose et qui amènera au morceau « Macacos Sujos », petite perle qui oscille entre plusieurs univers et dont le final électro fera bouger la quasi totalité de la foule ! Puis c’est l’heure de la dernière chanson « Senorita » avec son intro à rallonge hyper lente et sensuelle aux sonorités raï moderne. On se laisse donc aller une dernière fois à la musique de Skip&Die qui ne cesse de surprendre de par son inventivité, son audace, et par la joie que le groupe transmet, malgré une tournée qui dure maintenant depuis plus d’un an !

Mais vient maintenant l’heure du bilan : alors, trop de Skip&Die tue ? Et bien je répondrais sans hésiter que non, pas du tout, voire au contraire ! Si le concert de Charleroi nous avait régalé de par la proximité avec le groupe, il est de ces formations qui mérite de se trouver sur des « grandes » scènes, avec un son et des lumières adéquates, ainsi qu’un public à la hauteur des musiciens, et c’est exactement le cas de Skip&Die. Alors on n’attend qu’une chose, les revoir dans des condition similaires, voire en festival, où leur place serait sûrement parfaite (Dour, si tu m’entends…) !

Merci à Pascale pour l’accréditation, ainsi qu’à toute l’équipe du Botanique pour l’organisation de cette soirée qui a donné une belle couleur à notre dimanche !

Hellisha


Laisser un commentaire