Il y a quelques mois, notre écurie était allée voir un concert qui nous avait grandement marqué : celui de Skip&Die. Crée par Jori Collignon (Pays-Bas) et Catarina Aimée Dahms alias Cata.Pirata (Afrique du Sud), cette fois-ci accompagnés de deux autres membres du groupe, Gino Bombrini et Daniel Rose, le groupe mixe avec brio une multitude de langages culturels et musicaux. Depuis lors devenu un élément récurrent de nos playlists, il était évident que quand leur tournée repasserait ici nous serions présents.

Et comme être toujours plus près des étoiles est un peu comme un mode de vie, nous les avons mis au défi : deux salles, deux villes, deux dates pour un même groupe la même semaine. Est-ce que trop de Skip&Die tue le Skip&Die ? Rien n’est moins sûr… Mais revenons à nos chevaux, et galopons plutôt vers la première date à L’Eden, Charleroi…

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C’est d’un trot enjoué que nous arrivons juste à temps pour les voir, mais hélas trop tard pour la première partie, Cairo Liberation Front, pionniers de l’électro Cha3bi (où quand le Caire se réveille sur des beats électro-dancehall et hip-hop) qui vient de finir… Nous le savions déjà, et c’est avec impatience que nous attendons de les voir dimanche. À suivre…

Une bonne surprise, la scène a été montée dans le café, donc un concert vraiment à portée de bras, ce qui a peut-être aidé les multiples interventions du groupe dans le public, comme le guitariste qui saute dans la foule tout en jouant de son instrument pour pogoter, ou Cata.Pirata qui passe danser avec nous à tout moment.

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Tout commence par quelques notes de sitar qui arrivent à nos oreilles du bas de la scène et petit à petit les différents membres de Skip&Die entrent, bien évidemment dans leurs tenues de l’espace/sea punk et leur énergie cosmique encore intacte après toute une tournée européenne.

Cata.Pirata, grande poupée désarticulée et chanteuse du groupe/vidéo-plasticienne entre dans un grand manteau de laine verte et mini-robe en sky noir et entame le très fameux «Jungle Riot» en lançant un petit «Bobby more beat please» qui annonce la couleur. Et c’est un déferlement de percussions lourdes et imposantes, de sauts en semelles compensées accompagnés d’un mégaphone et d’instruments en tout genre qui rythmera les différents titres tirés de leur album Riots In The Jungle. Tous revisités et réinventés depuis le concert de mai dernier, ce qui permet une nouvelle écoute et découverte de l’étendue de la créativité et la liberté de ce bouillon de culture qu’est Skip&Die. Ils sont là devant nous et surtout avec nous, on participe en chantant, en dansant dans tous les sens à leur demande, et pas dans cette ambiance gênée qui règne souvent quand un chanteur veut faire participer son public. Chaque membre du groupe fait un peu de tout et est mis en avant avec des solos et des impros. Pas de doute, ils sont très bons musiciens et prennent leurs pieds avec nous.

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Et quand la salle commence à ressembler à un pays tropical, ils se permettent un temps plus posé, plus lancinant sur une intro improvisée. Cata ondule ses bras, les hanches ralentissent leurs mouvements. C’est ce qu’on appelle le calme avant la tempête. Et quand ça repart, le tsunami n’est pas loin : ils ne seront pas satisfaits avant que tout le monde entre en transe. Et ça fonctionne à merveille !

Gros bonus du jour, un morceau absent de l’album, «Zum Zuma», puissant et hypnotisant qui ne fait qu’annoncer un futur encore prolifique pour ces quatre piles électriques.

Vient le rappel avec un solo de sitar grésillante comme un vieux rock’n roll bollywoodien délirant, encore et encore du rythme et de la danse sur un morceau qui se rallonge à coup de tambours. Bref, c’est les sabots en nage et les naseaux bruyants que nous les voyons repartir pour la dernière fois.

Fin du concert, et la lumière se rallume à peine qu’enchaîne aussitôt Surfing Leons derrière ses platines de l’autre côté de la salle. Le DJ belge prolongera cette ambiance d’un set mêlant hip-hop et autres références du moment comme M.I.A, Die Antwoord ou Cashmere Cat pour un plaisir des oreilles et de l’arrière train, et c’est à regret que nous ne resterons pas là jusqu’au bout de la nuit…

En remerciant L’Eden pour les accréditations et la soirée.

Je m’en retourne à mon box jusqu’à la prochaine,

Poney 1er


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