Dans le monde merveilleux du show-biz, il n’est pas toujours facile d’assumer sa soif de l’argent, son amour du billet vert, sa quête perpétuelle du buzz. Pourtant, certains n’hésitent pas à se manquer de respect, jours après jours, pour récupérer les quelques euro qui leurs permettront de finir tranquillement leurs vies dans le petit pavillon de banlieue parisienne de leurs rêves. On les appelle  putes à crack. Et Cauet est leur prophète.

Je ne voulais absolument pas me spécialiser dans le trash talking, mais il est des jours comme celui-ci où l’on tombe par inadvertance sur un clip de l’animateur bas de gamme d’NRJ (et non, il n’y a pas d’animateur haut de gamme sur NRJ, pour ceux qui se posent la question) et où le mauvais fond vous rattrape. Après le torchon précédemment pondu sur Daphné Bürki, je me disais « allez, calme toi, tente un article de fond sur la crise politique à l’UMP, un truc bien tourné, intelligent, histoire que les gens ne te prennent pas pour une mauvaise imitation de Guillon période Ardisson », et puis bon, j’ai craqué.

Vous vous demanderez, à raison d’ailleurs, pourquoi je viens parler ici de ce triste sire. C’est simple. J’étais tranquillement assis dans un bar en buvant mon petit blanc de 10h, lorsque l’impensable se produisit. Sébastien Cauet apparaissait sur l’écran de télévision suspendu au dessus du comptoir dans un titre sobrement intitulé ‘la fin du monde ». Je passerai sur le fait que la chaîne passant cette stratosphérique daube se trouvant être NRJ 12 (auto-promotion, bonjour), pour me concentrer sur ce que le clip représente en terme de danger pour la jeunesse.

Quand j’utilise le terme « danger pour la jeunesse », je pèse mes mots. Cauet joue d’ailleurs énormément sur ça. Mais là, ça va trop loin. Déjà, faire une chanson sur la fin du monde en novembre 2012, c’est comme faire une chanson sur les bikinis en été, c’est vendre son cul de la pire des manières. Mais bon, le mec est coutumier du fait, on le sait, et plus personne ne s’étonne. Le problème est autre.

Je m’explique : on prend un sujet facile, si possible d’actualité, une musique à la mode (ici, de vagues relents dubstep, me semble-t-il), quelques guests en manque de reconnaissance, deux-trois catins qui bougent leurs boules, et on place sur tout ça un texte que n’aurait pas renié un gamin de 6 ans encore bloqué au stade anal. Et voila, on fait un single pourri, on est content, on ramasse le cash, bonjour bonsoir, merci madame.

C’est de la merde, soit. Mais le pire, c’est que ça marche! Parce que le gamin de 10 ans quand il entend ce genre de pastiche à deux balles, il kiffe. Y’a du gros mot,  donc c’est marrant! Ne leur jetons pas la pierre, ce genre de pratique, c’est quasiment comme attirer des enfants à la sortie des écoles avec un paquet de bonbons. Les amateurs le savent. Alors loin de moi l’idée de comparer les activités douteuses de Pervers Pépère avec le nouveau titre de Cauet, mais reconnaissons leur tout de même de troublantes similitudes…

Le public ébahi devant tant de mauvaise foi se demandera pourquoi une telle véhémence. C’est pourtant évident, public ébahi,  je m’insurge parce que de nombreuses études prouvent que les gosses qui écoutent ce genre de saloperies pendant leur enfance sont baisés à vie pour la musique et n’hésiteront pas plus tard à écouter sans rougir du Soprano et autres Kesha . Soit le point zéro du bon goût musical.

Je prie donc officiellement tous les lecteurs d’agir en conséquence et de prendre soin des jeunes oreilles qui pourraient traîner autour d’eux. Faites écouter des trucs sympa à vos enfants, neveux, petit voisins et autre représentants de la génération future. Ils ne vous serons surement pas reconnaissant au début, surtout si vous les attachez sur une chaise, mais la technique Orange Mécanique à depuis longtemps fait ses preuves. Et puis n’oubliez jamais que c’est pour leur bien.

Je sais bien qu’en faisant ce papier, je prend le risque inconsidéré de vous imposer le visionnage de « ça », et que certains d’entre vous ne s’en remettront peut-être jamais, mais on ne combat que mieux son ennemi quand on sait de quoi il est capable.

Aussi, c’est du fond du coeur que je vous le demande, tenons la jeunesse loin des putes à crack. Nous pouvons y arriver, si nous sommes unis. Et, comme le disait un génie incompris, autrefois dirigeant de notre belle république : ensemble, tout devient possible.

Matt H.

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