On l’attendait depuis plus d’un an : le retour du gras et sombre Polza Mancini, le quatrième et dernier volume d’une série déjà culte… Pourvu que les bouddhistes se trompent.

 

Blast. 4. © Dargaud

Blast. 4. © Dargaud

Comme un vieux pote qu’on aurait perdu de vue depuis des lustres, c’est avec un mélange de joie et d’appréhension qu’on retrouve Polza : l’artiste, le marginal, le drogué. Ce philosophe des temps modernes qui a choisi de vivre sa vie la tête la première.

Mais en ouvrant ce quatrième tome on sait qu’on y est, qu’on arrive au bout du voyage.

Blast 4. © Dargaud

Blast 4. © Dargaud

Finies les pérégrinations bucoliques en forêt, le squat des maisons secondaires et les trips à l’héro. On avait laissé notre héros en compagnie de son ancien camarade d’hôpital psychiatrique : Roland, qui n’a qu’un seul rêve, produire un magazine porno de « femmes à poils ».

Deux détraqués portés à bout de bras par la jolie Carole, dans une maison isolée, loin de tout.

Mais revenons un peu en arrière. Tout avait commencé huit cents pages plus tôt, par un banal interrogatoire de police. Deux maigrichons beaucoup trop sérieux tentaient tant bien que mal de faire raconter son histoire à un pachyderme qui les dégoute. Véritable partie de poker où, bien entendu, il faut payer pour voir. Mais comment jouer face à un homme qui ne semble obéir à aucune logique ?

Blast 4. © Dargaud

Blast 4. © Dargaud

C’est là tout le génie de Manu Larcenet qui parvient à rendre crédible un personnage qui, sous la plume de n’importe qui d’autre, aurait semblé grotesque. Au fil des pages, de ce noir et blanc tortueux, on explore avec l’auteur, ses émotions, ses joies, ses peurs … Et ses Blasts. Moments où tout s’arrête, où la couleur remplace le noir et blanc, un « endroit où la souffrance n’a jamais existé ».

Visuellement, c’est très beau, on peut sentir le dessin murir d’un volume à l’autre. Parfois lent et contemplatif, Manu Larcenet sait aussi faire dans le saccadé, l’agressif, alors on se laisse porter par chaque planche, chaque case. Un chef d’œuvre, sans aucun doute.

Blast 4. © Dargaud

Blast 4. © Dargaud

Évidemment, on ne dira rien de la conclusion, du bouquet final, mais sachez tout de même que jusqu’au bout vous serez surpris par cet inconfortable héros… Et qu’arrivés à la fin, vous n’aurez qu’une seule envie, tout relire depuis le début.

 

 

Anto Tenac

 


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