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Belgica, le 5ème opus de Felix Van Groeningen est sorti en salles mercredi 2 mars. Profitons donc du super plan que propose l’ABC avec les séances à 4€ toute la journée. Car après avoir vu et beaucoup aimé la Merditude des Choses (sélection au festival de Cannes en 2009) et Alabama Monroe (primé d’un César en tant que Meilleur film étranger et sélectionné dans la même catégorie aux Oscars en 2012) c’est avec une certaine impatience que je m’installe dans la salle.

Le scénario développant l’histoire de deux frères qui rachètent un bar devenu un lieu incontournable des soirées belges sur fond de rock’n’roll, ne fait qu’augmenter mon excitation bien entendu.
Passées les deux heures de film c’est quelque peu déçue que je rejoins la rue Saint Bernard tout en ayant la sensation d’avoir vécu un bon moment de cinéma.

Le Pitch :

Ce long-métrage retrace l’histoire de Jo (Stef Aerts) qui achète un café, le Belgica, dans la ville de Gand. Il retrouve son frère Frank (Tom Vermier) marié, père de famille qui travaille chez un concessionnaire auto.

Frank voit alors une opportunité d’échapper à son quotidien monotone et aide son frère au café le week-end. Quand Jo décide de partager sa passion de la musique grâce à l’agrandissement du bar donnant lieu à une véritable salle de concerts, Frank s’investit complètement dans le projet.
Le Belgica devient alors l’endroit le plus branché de Gand. Tout le monde est le bienvenu dans cet « arche de Noé ». L’ambiance est à son comble, l’alcool coule à flots, la drogue se fait de plus en plus présente et les filles d’un soir aussi. Cette euphorie laisse présager un violent retour à la réalité.
L’histoire est tirée de faits réels et s’inspire de l’histoire de deux amis qui avaient racheté le Charlatan de Gand en 2000.

 

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Bilan après visionnage :

Au vue de sa filmographie, pas de doute, Félix Van Groenigen est un passionné de musique(s). Il a pour habitude d’octroyer une place significative à la bande sonore dans ses longs métrages (le meilleur exemple étant Alabama Monroe). Ici, elle est centrale. Une BO puissante et efficace créée de toutes pièces par Soulwax, Dj’s électro-pop-rock de Gand (et également frères, tiens tiens…). Les compositions font vivre les scènes live comme si on y était. On se surprend à taper du pied et à bouger la tête devant le grand écran. On est à deux doigts de se lever, commander une bière et danser, grâce à une mise en immersion maîtrisée. L’ABC se transforme en salle de concerts belge. La scène d’inauguration du bar, absolument jouissive, nous emplit d’une émotion de joie, de fête, d’euphorie. Sex, Drugs and Rock’n’roll est la devise de Belgica.
Connaissant le talent du réalisateur pour le jeu des montagnes russes émotionnelles, on se doute que ce temps d’allégresse ne sera que de courte durée et que les pots cassés devront être payés.
En effet, après une période pleine de folies, de beuveries, de drogues et de filles, les deux frères font face à un brusque retour à la réalité.

Faire la fête c’est bien mais gagner de l’argent c’est mieux. C’est ce que développe la deuxième partie à travers la perte de l’idéal recherché jusqu’alors d’un lieu ouvert à tous. Le réalisateur cherche à dépeindre une réalité actuelle d’un monde de la nuit de plus en plus uniformisé dans lequel la rentabilité prime sur le plaisir.

Malheureusement, la réalisation y est moins bien maîtrisée. Les scènes s’enchaînent et ne font que survoler les émotions, le rythme est déstructuré apportant ainsi quelques longueurs. Du coup, le spectateur s’égare. Le même sentiment d’inachevé, d’un manque de jusqu’au-boutisme éprouvé à la fin de la Merditude des Choses se fait ressentir sur la dernière image de Belgica. Le traitement du scénario à travers certaines situations très violentes (scène du tabassage d’un client) et la rapidité de succession des événements en deuxième partie, auraient mérité un final plus franc.

Cependant, je conseille ce film. Il agit physiquement. On vit les nuits à Belgica à travers le grand écran. Ceci est rendu possible par une mise en scène maîtrisée, principalement en ce qui concerne les les scènes live. Il faut également souligner la qualité de la photographie, une fois de plus portée par le talentueux Ruben Impens (directeur de la photographie pour Alabama Monroe et la Merditude des Choses). Le contraste entre la chaleur des images aux lumières tamisées et la froideur de la météo belge, rappelle Alabama Monroe. Le tout mené sur une BO encore une fois excellente. (Dès sa sortie physique, je m’octroie un petit cadeau.)

 

Je vous laisse sur une petite touche culinaire avec les mots d’un Franck à la narine toute blanche : « le jazz c’est du pesto et le rock’n’roll de la bolognaise ». Ainsi, au menu de la filmographie de F. Van Groenigen, Belgica serait un plat de pâtes bolognaises bien gratiné comme il faut mais avec des pâtes un peu trop cuites.

par Anaïs

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