Par Nico 19/06/12

On en entend parler partout ces derniers temps, le dubstep est sans conteste le genre musical en vogue du moment. Démocratisé en France grâce à des artistes tels que Skrillex, il s’étend peu à peu à des stars plus connues sur le marché, si bien que ces dernières suivent l’avènement de ce mouvement, et les collaborations entre producteurs et célébrités s’intensifient.

Pourtant, malgré ce que l’on peut en penser, le dubstep n’est pas non plus un genre qui date d’hier. Petite rétrospection sur la musique anglaise du moment par excellence.

C’est quoi exactement ?

Selon moi, on a tous été confronté au moins une fois à cette question : c’est quoi le dubstep ? Et bien que ravi de pouvoir en vanter les mérites, on se retrouve souvent dans une impasse lorsqu’il s’agit de la définir. ‘’Eh bien, c’est déstructuré, ça fait Wowowo et ça met bien la pêche…’’. Autant dire une analyse pas très savante qui ne risque pas de motiver vos interlocuteurs à y prêter l’oreille.
Aussi, la meilleure manière d’appréhender le dubstep est d’en écouter… et de ne pas arrêter son opinion à la première tentative, car le genre est varié, et l’offre, de qualité diverse.

Né à l’aube du troisième millénaire (ça fait plus chic que l’an 2000) à Londres, et en particulier sa banlieue sud, le dubstep est un courant récent. Si les pionniers débutent leurs expérimentations à la fin des années 90, le dubstep va décoller à partir de 2001 avec le label Ammunitions Promotions, qui produit les premiers disques et organise des soirées spéciales au club Forward. C’est là-bas que se sont rencontrés les inventeurs du genre : Digital Mystikz, Benga, Skream, Kode9. Créé de manière underground, le dubstep se veut un genre propre à l’expérimentation. Et, s’il s’inspire de scènes électro préexistantes (drum’n bass, techno, dub), chaque DJ cherche à casser les cloisons qui se sont érigées dans la scène anglaise. A ce titre, il est ardu d’en donner une définition précise mais, heureusement, il reste quelques constantes. A savoir une dimension avant tout instrumentale et des basses qui s’attaquent autant à vos oreilles qu’à votre corps tout entier. C’est puissant, déstructuré, parfois violent, et ça explose dans tous les sens.

L’explosion et la démocratisation d’un mouvement.

Vers 2007-2008, de plus en plus de producteurs de musique techno vont finalement rejoindre le mouvement en adaptant leur son à cette nouvelle tendance. C’est également au cours de ces années que va naître le « brostep », une branche du dubstep influencée par des sons plus axés “electro house” et rock. Le “brostep” sera finalement un genre beaucoup plus énergétique et dansant, à travers lequel des artistes tels que Nero, Rusko, ou encore le groupe de rap Foreign Beggars vont pouvoir s’affirmer et exploser.

Foreign beggars ft Skrillex- Still getting it

Finalement, le dubstep va connaître un vif succès musical, et de grandes stars réputées du monde de la musique, beaucoup plus commerciales notamment, n’hésiteront pas à intégrer ce genre à leurs morceaux. C’est le cas par exemple de Britney Spears et de son dernier album, ou encore de Snoop Dogg et Rihanna pour ne citer qu’eux. La Roux, chanteuse d’électro pop adulée outre-Manche ne passera pas à côté de la tendance et verra dès 2009 bon nombre de ses titres remixés par les ténors du genre.

La Roux-In for the kill (Skrillex remix)

C’est finalement en 2011 que le dubstep atteindra son apogée en termes de commercialisation. “Louder” de DJ Fresh deviendra le premier morceau dubstep à atteindre la première place des ventes de singles. En France, le genre, bien qu’existant comme en Angleterre au début des années 2000, ne connaîtra un véritable succès que dès 2010/2011 grâce à des artistes tels que Skrillex, qui parviendront à adapter ce son au grand public et à le démocratiser mondialement (d’ailleurs récompensé de 3 Grammy awards cette année à Los Angeles : meilleur single dance avec le désormais inconditionnel ‘’first of the year’’, meilleur album dance avec ‘’Scary Monsters And Nice Sprites’’, et meilleur remix avec le ‘’Cinema’’ de Benny Benassi ).

Ephémère ou taillé pour durer ?

Les producteurs de musique dubstep sont aujourd’hui très nombreux, et sont porteurs de la démocratisation du genre à travers le monde. Son influence est croissante, c’est devenu un phénomène relayé à travers le globe par tous les médias, et le mouvement s’est transformé en une multitude d’opportunités non négligeables dans les productions pop-rock. Concrètement, c’est le mouvement électro dominant du moment.
Néanmoins, la mode va tellement vite que ça en est presque déstabilisant, et l’on est en mesure de se demander si le mouvement continuera à plaire d’ici quelques années. Car, effectivement, je ne pense pas être la seule personne avide de nouvelles découvertes, et mes tympans sont toujours prêts à trembler sur de nouveaux styles mélodiques novateurs.

Clairement, on tombera tous d’accord sur le fait qu’il ne suffit pas de balancer des bass poussées à bloc pour ‘’faire de la musique’’, mais derrière la brutalité et la précipitation des sons propres au mouvement, l’on sent tout de même percer une certaine créativité, une maîtrise qui est loin de se sentir chez toutes les “stars” modernes qu’on nous sert ces derniers temps.

Un premier élément de réponse m’a été apporté durant le week-end du Garorock. Bien qu’ayant déjà participé à plusieurs concerts mettant en avant cet élan musical (Huche au Bikini pour ses soirées Code), j’ai été agréablement surpris de voir une scène aménagée spécialement pour la découverte de nouveaux artistes (scène Trec). Au milieu de références telles que Dirtyphonics ou encore Bare Noize, une multitude d’artistes se sont succédé entre vendredi et samedi, et ils ont envoyé la sauce.
De bonne augure pour la suite, et je pense sincèrement que le style musical va encore évoluer au cours des prochains mois, et les artistes se multiplier encore. Et puis quel étonnement de voir des collaborations inédites (les membres encore vivants des Doors avec Skrillex), de voir le tremplin que peut représenter ce courant pour certains artistes (Le groupe hollandais Dope DOD a explosé en mélangeant leur hip hop avec le dubstep), et ceux qui sont attendus comme les futurs patrons d’ici peu, bien que leur renommée les précède déjà (Knife Party défoule déjà le monde entier depuis juin 2011, le groupe étant composé de Rob Swire et Gareth McGrillen, membres de Pendulum, oui rien que ça !) .

Dope DOD-What happened

Knife Party – Centipède

Le dubstep, on aime ou on n’aime pas, mais sa domination sur la scène électro mondiale actuelle est indiscutable. Alors imprégnez-vous de l’énergie qu’il peut dégager tout en ménageant vos fragiles petits tympans.

Bonne huche à vous tous!

J Majik-Solarize (RUN DMT and Bird Peterson)

 

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