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On avait été peu convaincu par son précédent film, La Merditude Des Choses, qui montrait d’une manière peu subtile le quotidien d’un univers très masculin. Pourtant Félix Van Groeningen ne semble pas avoir dit son dernier mot et revient aujourd’hui sur nos écrans avec Alabama Monroe, adaptation d’une pièce de théâtre écrite par l’acteur principal.

Alabama Monroe c’est avant tout une histoire d’amour et de musique. Les premières scènes ramènent directement à celles du film Walk the line grâce à la beauté des plans mais surtout à ce mélange de country et de bluegrass. On vous conseille d’ailleurs d’écouter la bande-originale, qui est superbe, et qui colle très bien aux principaux thèmes abordés dans le film. Il faut également préciser que les deux acteurs interprètent eux-mêmes leurs chansons.

Vous l’aurez donc compris, on rentre très vite dans cette histoire où les événements s’enchaînent dans un ordre non chronologique. Pas de vieux flashbacks grossiers, ni de couleurs trop saturées pour séparer le passé et le présent. Juste un scénario solide, qui permet aisément de passer de l’un à l’autre sans aucun souci de compréhension. A noter que la bande-annonce contribue beaucoup à la découverte de l’histoire. Puisque si, comme nous, vous l’avez vu avant d’aller voir le film, vous avez dû être surpris. En effet, celle-ci s’abstient volontairement de montrer un élément très important du récit. Élément qui joue d’ailleurs un rôle capital dans la dramaturgie jamais trop lourde du long-métrage, excepté vers la fin où Félix Van Groeningen semble s’être laissé aller à la facilité.

Mais c’est tout de même un parcours presque sans faute que s’offre Alabama Monroe avec une réalisation impeccable, mais tout de même assez tranchée quant au choix du découpage. En effet, les nombreux plans d’ensemble mettent en valeur les décors intérieurs (caravane, maison ou salon de tatouage) et extérieurs (champs, jardin), qui, on le dit au passage, sont sublimes. La présence de beaucoup de plans rapprochés permet de saisir plus précisément les émotions qui animent les deux personnages principaux : Didier (Johan Heldenbergh) et Elise (Veerle Baetens). Deux acteurs qui incarnent parfaitement les forces et les faiblesses d’un couple à l’écran. Un jeu convainquant porté par le personnage féminin haut en couleur de Veerle Baetens, entièrement tatouée pour l’occasion. De faux tatouages dessinés par l’artiste Emy La Perla.

Un film avec peu de clichés et d’une grande justesse que je conseille vivement. Assurément un des coups de cœur de l’année qui nous dit que le cinéma a encore quelques beaux jours devant lui.

Lucille.C


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