Il y a moins d’un an et en réponse à une question abordant le nombre réduit (en comparaison avec les albums précédents) de chansons sur leur dernière galette, Dolziger str. 2, Odezenne nous avait répondu que l’ambition était de pouvoir mettre en scène chacun des titres sous forme de clips.

En revanche, ce qu’ils ignoraient à ce moment précis c’était que l’actualité allait les pousser à revenir sur un ancien EP, Rien

Concernant Dolziger str. 2, la promesse est pour l’instant tenue et entre le magnifiquement glauque Bouche à lèvres ou les étrangement nostalgiques Vodka et Souffle le Vent, on ne peut que féliciter les différentes directions artistiques prises par le collectif ainsi que les choix concernant les metteurs en scène impliqués dans les différents projets.

Avec le clip de Novembre c’est une toute autre volonté qui transpire, celle de réaliser un clip-documentaire parfaitement raccord avec l’actualité française, actualité toujours plus anxiogène, symbolique d’une société dans laquelle il semble obligatoire de faire un choix, de se positionner quant à certaines convictions, de prendre parti, toujours. On savait les gars d’Odezenne assez engagés, relayant des idées allant à contre-courant de la société de consommation telle que nous ne la connaissons que trop bien ( en attestent les parole de Dedans ), mais on ne se doutait pas encore qu’ils pousseraient la démarche jusqu’à faire appel à un authentique réalisateur de reportages ayant suivi entre autres des photographes de guerre en la personne de Jérôme Clément-Wilz.

Partant du postulat qu’Odezenne refuse de se définir par un style particulier, qu’il soit musical ou dans la mise en scène des clips illustrant les morceaux, il n’est pas étonnant de les voir s’attaquer au reportage réaliste empruntant ses images au réel et aux différents mouvements sociaux qui désormais font partie de notre quotidien, qu’ils remettent en cause la loi travail ou tout simplement la manière dont on voudrait nous faire vivre de manière générale sans jamais nous consulter, nous, acteurs/victimes d’un système qui se présente encore comme étant une démocratie. Les images de Novembre sont crues, réelles et mettent en scène une jeunesse en marche et des ralentisseurs étatiques ayant ici la forme de CRS. La voix d’Alix est grave, la photographie grise/bleue bitume l’est tout autant. Certains plans ont presque l’air surréalistes mais c’est bien de notre monde et plus précisément de la France dont il s’agit. La beauté comme la laideur n’ont pas besoin d’artifices pour être crédibles et cette vidéo le prouve.

Odzenne et Jérôme Clément-Wilz ne comptent pas arrêter leur collaboration en si bon chemin et Novembre est, par conséquent, le premier volet d’une série de clip-documentaires à venir.
   
Cette approche originale, esthétique et à la démarche assez militante se veut être une confrontation entre la réalité d’images récentes, actuelles, captées « caméra au poing » et la fiction prenant la forme de paroles d’une chanson écrite il y a six ans.
Ces paroles, pourtant relativement anciennes, imaginaient un ras-le-bol entraînant une longue marche, lancinante et inéluctable, se dirigeant vers Paris…
Une idée en forme de prédiction pour une sortie de clip en plein dans l’actualité du moment, un clip coup de poing, plein de justesse et qui laisse la caméra de Jérôme Clément-Wilz comme seul accompagnant de nos regards… Novembre ressemble à s’y méprendre à une réussite.

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire