« Qu’est ce qu’on se fait chier … »

« Allez , rien à foutre , on attrape quelques fringues , des guitares et on se trace la route ! Elles sont où les clefs du combi Volkswagen? ….  Comment ça c’est pété ? Mais la dernière fois qu’on l’a fait tourner il marchait parfaitement bien ! »

« C’était en 64 , il y a 48 ans … »

« Mais alors … les années 6o c’est vraiment fini ?  Je me sens mal d’un coup … »

« Ah , je sais ce qui va te remonter va , l’album de Allah-Las , un shoot de pure pop 60’s, de la compo au mix ! »

Ainsi fut soulagé ce nostalgique lambda à qui la fuite du temps a donné le vertige. Car si le groupe est un petit nouveau sur la scène californienne c’est d’un son qui s’est gravé sur les partitions de l’histoire qu’il reprend le flambeau. Les 8 premières mesures de « Don’t you forget it » suffiront pour sentir l’amertume de l’eau salée et saisir les caresses du bois peint sur les vagues de la cote ouest.

L’album s’inscrit dans une longue tradition sonore : basé sur des temps de réverbérations généreux du coté des guitares et des lignes de basse généralement asservies par ces dernières (ce qui ne décrédibilise en aucun cas sa présence). Coté fûts, on retrouve cette batterie un peu autiste popularisée par Ringo Starr : basique et monocorde, mais enrichie par des percussions variées.

L’oreille trouve aisément son chemin au travers des différents titres, on apprécie une image stéréo large et bien définie, chaque instrument trouve sa place dans des interprétations parfois timides mais profondément authentiques, ce qui ferait pencher la balance pour un enregistrement en formation complète. Si l’éclectisme n’est pas la marque de fabrique de cette galette, elle renferme cependant quelques titres marquants tels qu’ « Ela Navega » qui transposerait n’importe quelle scène de cinéma en farce Tarantinesque (désolé…) ou encore la ballade « Catalina » dont les accents de la guitare solo ponctuant une rythmique ultraclassique nous remémore le premier album des Girls in Hawaii.

En empruntant à la pop music  et aux protest songs, Allah-Las distille tout l’héritage d’une école musicale associée à une époque révolue mais dont les interrogations et les revendications ont façonné des courants de pensée subsistant encore aujourd’hui dans les esprits, y compris au sein de générations ultérieures .

Il est donc légitime que cette musique continue d’exister dans les mains de ceux qui l’apprécient, et nul doute qu’ils seront nombreux. Mention spéciale pour le morceau « Long Journey » que je vous laisse découvrir. Et puisqu’on est dans cette ambiance  : peace.

Monseigneur .

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