Avant de le retrouver au Bikini début juin pour le Week end des Curiosités, IntheMorningmag est allé écouter le nouvel EP de François 1er dans une salle de cinéma. Une expérience particulière avant une rencontre avec l’artiste, l’occasion d’en savoir plus sur ce talent toulousain désormais parisien.

Lundi 19h, la population electronica de Toulouse se retrouve devant l’Utopia afin de découvrir le nouvel EP « Hotel du Nord » de François 1er sorti officiellement aujourd’hui en écoute sur le label Haut Cinq.

On s’installe dans la salle face à l’écran, aucun matériel de mixage en vue et pour cause, une personne nous annonce au micro que les nouveaux titres de François Giesberger (de son vrai nom) seront présentés sous forme d’écoute, c’est-à-dire pas d’artiste à regarder mais des titres à écouter illustrés par les photos de l’album projetées sur le grand écran.

image francois 1er

Nous sommes donc dans notre siège face à un paysage de gare de nuit flouté au maximum enveloppés dans un son électronique, planant, atmosphérique. S’en dégage alors une ambiance salon. Certains fixent l’écran, d’autres discutent, mon voisin ferme les yeux pour mieux profiter du son, il y en a même qui lisent l’Équipe… Nous sommes emportés dans un univers très contemplatif qui s’illustre d’autant plus à travers le clip en noir et blanc du quatrième morceau où les gros plans d’une femme allongée sur son lit et prise de crispations s’enchaînent .

A la fin des 40 minutes, on sort de l’Utopia ne sachant pas vraiment quoi penser de ce que nous venons de vivre. C’est original, c’est une première, une découverte qui titille notre curiosité. On a hâte de rencontrer l’artiste afin qu’il puisse nous éclairer sur ce concept d’écoute et sur son univers musical.

Nous sommes invités à prendre un verre ( 3€50 le demi ! ) au Cyrano où se trouve François, arrivé trop tard pour participer à l’écoute.

Il nous rejoint en terrasse.

Après avoir vécu dix ans à Toulouse, notre artiste local vit depuis près d’un an à Paris où il se produit plus facilement. Il tenait cependant à présenter son nouvel EP en avant-première dans sa ville sous ce format original, choix stratégique par rapport à sa personnalité aux multiples facettes artistiques.

« C’est l’idée d’un ami Antonin Romeas, mon manager qui est sur le projet depuis le début. Étant donné que je suis étudiant en cinéma, que ces nouveaux titres comportent beaucoup de références cinématographiques (le titre « Hotel du Nord » en hommage à Michel Carné) et que nous avons réalisé un clip, il lui semblait judicieux de faire la présentation dans un cinéma d’art et d’essai de ma ville d’origine. J’étais un peu sceptique au début, je ne visualisais pas les gens assis pendant 40 minutes à écouter mes sons face à l’écran. Mais au final ça a pris, les gens ont aimé. »

4 EP à son actif depuis fin 2013, François ne chôme pas. Le premier « 1515 » a été enregistré sous le label toulousain Champ’Caine Records (Mangabey, Difuzion, Sophonic…). Les deux suivants « Neptune » et « Nyrmal » sortent sous le label Boxon Records à Bordeaux (Cyberpunkers, Far Too Loud, John Lord Fonda…).

« Hotel du Nord» est donc le petit dernier aux influences soul jazz, jazz fusion et compositeurs de bandes originales de films comme François de Roubaix. « Dans le morceaux que j’ai clipé, « From Roubaix », il y a un son de synthétiseur que j’ai vraiment emprunté. J’ai essayé de faire des choses plus larges, moins évidentes, moins binaires par rapport à ce que je faisais avant. C’est un peu l’EP de la maturité, il est plus travaillé.».

Totalement auto-produit, les quatre titres sortent sous le label Haut Cinq impulsé par Antonin. « On a fait quelque chose de plus artisanal avec une envie de faire une sortie physique. Cela nous a permis de ne pas avoir de contraintes particulières et de porter un maximum de casquettes en se chargeant de la production, du visuel et du clip. »

En effet, les différents visuels de l’EP ont été réalisés par François qui, en plus de faire une école de cinéma, de la musique, s’éssaie à la photographie. Les paysages ferroviaires de son quartier (la Chapelle) à Paris illustrent « Hotel du Nord ». La production de chaque EP est marquée par l’influence du lieu où se trouve François. Pour « Hotel du Nord », c’est à travers les visuels. L’EP précédent, « Nyrmal » traduit les six mois qu’il a passé à New York avec le visuel et le titre des morceaux.

« C’est un clin d’œil à l’endroit où je vis. L’EP « Nyrmal » que j’ai enregistré à New York est composé de tracks aux noms en relation avec la ville, mon quartier… Le lieu où je conçois les morceaux influence l’ensemble de mes EP. »

Cette autoproduction permet également une sortie physique. «  La sortie digitale est frustrante et je vais enfin avoir mon premier vinyle entre les mains. »

On comprend d’autant plus cette envie de posséder sa propre galette quand on sait que son goût pour la musique a largement été développé par un père gros consommateur de vinyles. Il commence à faire de la musique dans son coin sans trop l’assumer jusqu’à environ 20 ans puis, avec la création de Boussole Records, il a l’occasion de jouer ses premières productions en DJ set afin de tester si le public est réceptif. Ses premières productions se déroulent dans la cave de l’Épisode pour ensuite monter sur les scènes du Connexion, de la Dynamo et du Bikini. Après de nombreux lives à Toulouse, son champ d’action s’élargit à la France et plus particulièrement à Paris pour s’étendre au niveau européen avec, dernièrement, un DJ set au Kultstätte Keller de Berlin.

Artiste à suivre pour les amoureux de house, deep house, electronica, que vous pourrez retrouver au Week-end des Curiosités au Bikini le 4 Juin, en attendant la sortie d’un album prévue pour l’année prochaine.

Merci à Bleu Citron.

Portrait : Pierre

Texte : Anaïs

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