Le récit d’un périple au Groland par Pierre et Arnaud, envoyés spéciaux dans la Présipauté du Groland de Toulouse.

Lundi 15h, je suis au garde à vous devant la Cinémathèque de Toulouse pour récupérer mon accréditation. Les portes s’ouvrent et je suis le premier des accrédités presse à retirer la mienne (hey! Rédac chef, t’as vu cette conscience professionnelle?). Je me tâte deux minutes à demander l’attachée de presse en mariage mais ça me paraît pas une super idée, on sait jamais, si elle dit non ça pourrait nuire à In The Morning Mag. On discute le bout de gras cinq minutes (« T’as pas ton appareil photo? Ben non, je shoote jamais avant le deuxième café de la journée.) Benoit Delépine est déjà là, et déjà au rouge. Tout ça s’annonce très bien.

La cérémonie d’ouverture n’a pas grand intérêt, si ce n’est que pour la première fois je dois jouer des coudes avec d’autres photographes pour chopper un cliché de Benoit Delépine devant l’affiche du festival. Ambiance tapis rouge de Cannes, je trouve ça un peu ridicule mais je joue le jeu, ce qui me permet de constater que certains « confrères » ne sont pas super cool (je voulais dire gros cons mais un peu d’auto-censure ne fait pas de mal), impression qui se confirmera dans certains concerts. Je croise quand même un pote à moi qui shoote pour une agence de presse et on s’enfuit viteuf boire des bières chez moi.

On arrive à la première soirée passablement pétés et on gratte toute la queue en sortant nos pass presse. C’est assez nouveau pour moi mais plutôt agréable. Sur scène c’est du bon gros punk des familles. Et je découvre un peu tard que je n’ai définitivement plus les même goûts qu’à quinze ans. Je suis un peu vieux pour les concerts de punks et les giclées de bières qui me laissaient indifférent ado m’énervent prodigieusement dès qu’elles s’approchent de mon appareil photo. Malgré tout ça fait plaisir de voir qu’il reste une jeunesse motivée par les murs de guitares saturées et les slams sauvages.

Le lendemain j’ai une méchante gueule de bois et je découvre que j’ai perdu mon accréditation dans le pogo. Ouais le premier soir, direct, comme un vrai boulet. Direction le cinéma Utopia pour essayer de voir ma copine attachée de presse. Un sourire plus tard elle me refait un pass et je retourne aussi sec me coucher. L’aprem est plus calme et je retourne à l’Utopia voir Touristes! (voir la chronique par ailleurs à cet endroit) avec mon pote Mark débarqué de Paname le matin même pour le festival. Le chômage ça a du bon qu’on se le dise.

C’est donc avec lui que je vais le soir même au Connexion café pour une nouvelle soirée de concert. Soirée à thème P, puisque les groupes du soir s’appellent Pneu, Poil et Papaye. Allez comprendre. On va dire que c’est du rock, instrumental, expérimental, je sais pas trop en fait j’y connais rien et je suis pas fan de la musique sans paroles. Désolé du manque de culture musicale scandaleux de cet article mais je suis photographe au départ, y’a qu’In the Morning Mag pour me convaincre d’écrire. Quoi qu’il en soit c’est plutôt pas mal et on passe une chouette soirée pleine de pintes à 4 euros et de photographies.

Le lendemain Mark me fait la morale, soit disant c’est un festival de cinéma et quand même on pourrait aller voir des films et pas seulement sécher des bières pas chères devant des concerts. Je me range à son avis et nous voilà parti pour l’ESAV regarder «Poultrygeist», un zombie hardcore et lesbien dans un fastfood de poulets dont le grand patron est un ancien du Ku Klux Klan. Si avec ce pitch vous avez pas envie de le voir je ne peux plus rien pour vous.

On enchaine avec l’expo sur la préhistoire du Groland au Muséum d’histoire naturelle. Ça fait un peu cheap mais c’est plutôt rigolo. Je shoote les jolies hôtesses du musée et histoire de pas se laisser abattre on met une bonne claque au vin rouge du buffet.

La soirée à la Dynamo est plutôt bizarre. Je suis crevé et mon foie réclame du repos. J’ai pas grand chose à dire si ce n’est que c’est quand même drôle de voir Hakim de Zebda chanter Renaud, Brassens et George Benson dans le même concert, même si visiblement lui et ses musiciens ont pas trop eu le temps de bosser. Pour le reste je dois avouer que Andreas et Nicolas ne m’ont absolument pas fait rire, au point de ranger l’appareil. Aucune envie de shooter.

Je rentre dormir tôt, il reste encore 3 jours mais Arnaud arrive demain, je vais pouvoir arrêter de prendre des notes pour cet article et me concentrer sur mes images…

« toutes les images sont propriétés exclusives d’Ask photographie et ITMM, reproduction et utilisation interdite. »

 

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3 Jours au Groland…
Jeudi 20 Septembre, arrivée à Toulouse, il est 13h, il fait chaud, j’ai dormi trois heures la veille et pourtant…Pourtant je ressens une motivation extrême, presque excessive. Non, pas excessive, légitime en fait. Oui, je me rends aux 20 ans Du Groland et cet évènement m’emplit d’une grande émotion.

Car 20 ans de Groland cela signifie que depuis mes 6 ans, environ, les gags présipautaires (que ce soit le 20H20, C.A.N.A.L. International…) ont rythmé ma vie. D’abord enfant donc forcément plus réceptif aux gags potaches puis l’esprit (légèrement) plus fin donc fan des aspects politiques et à double sens de sketchs que je ne pouvais pas comprendre jusque là. Il est donc 13h et la première projection presse à laquelle je dois assister se déroule à 13h30. Le temps de me signaler à l’espace dédié et c’est parti. Premier film, première claque : En Pays Cannibale (article sur le film à retrouver ici). Après une rencontre et quelques questions au réalisateur et au producteur c’est à la buvette de la cinémathèque que je me rends. Soyons clairs, cet endroit est un point névralgique du festival. On y retrouve les équipes des différents films présentés, de la bière, des concerts et surtout, tous ceux qui ont fait et font encore l’esprit grolandais. C’est d’ailleurs ici que l’on croisera pêle-mêle Benoit Delépine, Francis Kuntz, Gustave Kervern, Franki Ki et tant d’autres.

Après la Cinémathèque et son « folklore » pour le moins attendu c’est au Connexion Café que ça se passe pour une soirée « Girl Power », en quelque sorte. Au programme, des filles qui chantent, qui jouent (avec leurs instruments et avec le public), qui nous font rire et danser. Beaucoup de monde pour cette soirée qui affiche déjà complet lorsque nous y arrivons. Nous sommes enfin à l’intérieur, Maggy Bolle est sur scène et, ne la connaissant pas, je suis intrigué. Intrigué par cette fille seule sur scène, avec sa guitare et qui tient le public à l’aide de mélodies assez simples et de textes comico-dégueus dans la veine de Giedré. Un bon concert, drôle et entrainant,dans la lignée de ce qui va suivre. La suite se sont les Trash Croutes. Groupe toulousain, composé uniquement de filles qui reprennent de grands classiques mais à leur manière. Des traductions littérales de chansons anglophones, une reprise de Premier Baiser, adaptée de façon bien trash (comme par hasard…) et déjà culte. Bref, les Trash Croutes c’était sympa et ça allait bien avec toute la bière bue dans la journée. Après avoir croisé la quasi-totalité de l’équipe de En Pays Cannibale sur la terrasse (au baby-foot, visiblement « contents » d’être là), après avoir encore bu, discuté avec la plus jolie fille de Toulouse (qui ne vivait pas à Toulouse et n’était pas française, en fait), après avoir vécu une journée pour le moins complète donc, il est temps de rentrer, pour dormir, un peu…
Vendredi, environ midi, gueule de bois…Un café à boire, un nouveau film à voir. Cet après-midi c’est Opération Libertad, témoignage « fictif » en super 8 des agissements d’un groupe d’extrémistes de gauche (mais peut-on réellement être extrémistes et de gauche..?) à la fin des années 70. Sorti de cette projection qui entretient encore un peu plus mon côté chieur social, je retrouve la magnifique fille de la veille (un peu la classe) pour un petit tour dans Toulouse. 19h, direction la Cinémathèque (pour boire des bières pour ceux qui ont suivi) où je rejoins Pierre, mon binôme pour cet évènement. Et là, grosse relance. La possibilité nous est donnée de voir/rencontrer/photographier les fous grolandais qui nous ont tous autant fait exploser de rire, pendant des années. Pierre est aux anges, Monsieur Bertrand Blier est là…et il accepte de se faire tirer le portrait (à voir dans le portfolio, sur le site également).
Ce soir c’est au Mix’art Myrys qu’il faut être. Dernier concert de Da Krew, Salut C’est Cool…Malheureusement nous ne passerons pas le portail. La salle est parait-il blindée depuis le début ou presque…Au loin le président Salengro, qui nous dit qu’il nous aime. Ce sera là un moment de grâce marginal. Mais le service de sécurité (ou de gestion des entrées, en gros) est inexistant et, sur la liste des invités ou non, impossible de rentrer. Merci, au revoir… Heureusement, Pierre à un plan, chez un pote. Une bonne groose house party, une bonne cinquantaine-soixantaine de personnes et un retour, pas très frais, vers 6h30…

Samedi, aux environs de midi (encore…), je ne ressens plus grand chose, mon corps semble habituer au rythme grolandais, enfin. Et ça tombe bien, aujourd’hui la parade présidentielle et le concert punk de clôture nous attendent. Enfin, monsieur Salengro, accompagné de ses vierges et de quelques slips sales, va nous inonder de son amour. Nous tous, qui que nous soyons. Avant le début des hostilités on se recharge, on fait des réserves, bref, on se prépare à toutes les éventualités, on ne sait jamais avec ces gens-là. A 16h, les renforts arrivent. Matthieu, collègue d’In The Morning Mag vient en ami. Autant le dire, il n’est pas là pour bosser, vivement la suite. A peine à Toulouse, je le dirige subtilement vers la cinémathèque, où on va boire des coups, forcément. Et là, Elise Larnicol, ancienne des Robins des Bois, flanquée d’un Francis Kuntz en nage. Vision étrange et en quelque sorte magique dans le sens où ces deux personnes et leurs « équipes » ont forgé ce qui me sert d’humour à l’heure actuelle (et pour un bon moment encore, j’espère).

Il est 18h et l’on part au Capitole retrouver de joyeux compagnons, eux aussi extrêmement motivés à l’idée d’assister à l’apogée d’une semaine grolandaise à Toulouse. C’est finalement devant le musée des Augustins que le départ du cortège présidentiel doit être donné. Un peu à la bourre, un peu bourrés, on rejoint la foule présipautaire rue Alsace-Lorraine. Et finalement, beaucoup trop de monde, de portables en l’air qui bouchent notre vue et peu d’action (les rares actions sont surtout répétitives) en fait. Nous décidons tous d’aller nous « restaurer » quelque peu avant le début du Groconcert place Saint-Sernin. Le lancement en est donné un peu après 19h par le groupe Les Producteurs de Porcs. Mais en réalité ce que tout le monde attend c’est l’arrivée du char présidentiel. Ce dernier commence à fendre la foule à 20h et c’est là que not’ président va sur scène, rejoindre SON groupe. Brailler avec eux en fait. Et c’est ce que l’on voulait, rien de plus. Les « vierges » présent(e)s à ses côtés se rendent également sur scène. Franki Ki ambiance le tout, les spectateurs sont conquis.

A noter que, festivals musicaux mis à part, l’occasion m’avait rarement été donnée de voir autant de gens ivres morts aussi tôt dans la soirée. Le concert en lui-même ne présente en revanche que peu d’intérêt. Du vieux punk, des mecs de cinquante balais qui reprennent The Clash, Sex Pistols…On aura tout de même eu droit à l’hymne grolandais, reprise de Anarchy In The UK, interprété par le président lui-même.

Après ces trois jours de folie, à tous les niveaux, il est temps d’aller se reposer. Ah ben non en fait, ce soir c’est Electro Alternativ, au Bikini. Mais ça c’est une toute autre histoire…

 

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