L’équipe de ITMM sera présente à la 4ème Edition du  » This Is Not A Love Song Festival » du 3 au 5 juin à la Paloma de Nîmes. Avec  une programmation indé audacieuse et exigeante, éloignée des standards commerciaux, un état d’esprit DIY, l’événement s’inscrit comme un des rendez-vous incontournables de ce mois de juin. C’est peu de le dire avec notamment à l’affiche, AIR, Dinosaur Jr, Ty Segall & The Muggers, Foals, Parquet Courts, etc…

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A cette occasion, nous avons rencontré Fred Jumel, directeur de Paloma et co-programmateur du TINALS.

FredJumel_by_SarahBZH

ITMM: Salut Fred, tout d’abord pouvez-vous présenter le festival à nos lecteurs en quelques mots?

Fred: Le This Is Not A Love Song c’est 3 jours sous le soleil nîmois pour une carte postale de ce qui se fait de mieux en matière de musique « indie », dans un cadre agréable, à taille humaine, avec aussi de nombreux ateliers. Bref un bon week-end en perspective !

– Cette année vous fêtez la 4ème bougie du festival pouvez-vous nous parler de son évolution? Qu’est ce qui a influencé la création de ce festival?

Avec l’asso nîmoise Come On People on a vite eu l’idée de proposer une sorte de temps fort de la saison, avec la possibilité de faire venir des artistes qu’on ne parvient pas forcément à attraper dans notre programmation à l’année. En 4 ans on a grossi mais de manière raisonnée. En 2013 la première édition se déroulait uniquement « indoor », l’année suivante on a investi l’extérieur pour profiter quand même de notre belle situation géographique et de sa météo, avec en têtes d’affiches des artistes internationaux reconnus mais somme toute assez pointus comme Suuns, The Black Lips ou WhoMadeWho. L’an dernier on a eu l’opportunité de recevoir Interpol ce qui nous a incité à monter d’un cran la taille de notre grande scène désormais intitulée « Flamingo », où se sont aussi produits Caribou ou Divine Comedy. Cette année on augmente encore un peu la taille du site, et c’est la 2e scène extérieure (« Mosquito ») qui prend de l’ampleur : le bon endroit pour découvrir des nouveaux venus qui font le buzz comme Girl Band, Cavern Of Anti-Matter ou les québécois de Chocolat.

– Pourquoi le choix d’une ligne artistique indé? Comment travaillez-vous sur la prog’ étant donné que vous faites venir des artistes plutôt rares en France?

C’est notre culture, la musique qu’on aime, celle que j’ai envie d’aller voir en tant que festivalier depuis toujours. Christian est aussi programmateur des Eurockéennes et du Cabaret Vert avec ses grosses têtes d’affiche et toute l’année je reçois à Paloma des artistes qu’on peut qualifier de mainstream : on n’a donc rien contre ça, mais ce n’est pas l’optique du TINALS de se battre pour des mastodontes et de grandir à tout prix. On pense à notre prog toute l’année et d’une saison sur l’autre, on voit plein de groupes à South By SouthWest ou ailleurs, nos amis de Come On People nous alertent régulièrement sur les artistes qu’ils repèrent, et on essaie de mettre en place quelque chose de cohérent avec un peu de diversité quand même. Bien entendu le choix du week-end de Primavera nous permet de récupérer sur le chemin des artistes qu’on ne pourrait pas forcément booker par ailleurs.

– Les coups de coeurs de la prog’ 2016? 

YAK

Il y en a tellement, c’est dur. On a par exemple une belle délégation new-yorkaise avec le trio Yak qui commence à faire parler de lui, ou Steve Gunn (un ex War On Drugs). Christian parle aussi souvent des étonnants No Zu quand on lui pose la question. Mais bon, s’il y a un groupe que vous ne connaissez pas encore dans la prog, c’est forcément qu’il mérite l’appellation de « coup de cœur » pour nous !

– AIR sur le festival ?

On a la chance à Paloma de disposer d’une excellente infrastructure pour accueillir des artistes en résidence, c’est-à-dire une session de préparation avant tournée, quelques jours au cours desquels ils peuvent se mettre dans les conditions d’une vraie scène pour préparer leur spectacle de tous les points de vue, musique, lumières, organisation, etc. On a une équipe technique appréciée qui a l’habitude d’accueillir des artistes de tous horizons, des logements sur place dans Paloma pour que les groupes et leur équipe puissent se concentrer sur leur travail tout en bénéficiant d’un cadre agréable, et du coup on a beaucoup de demandes pour recevoir des artistes en résidence. Nous avons ainsi accueilli Air mi-mai et on a trouvé logique d’en faire une de nos têtes d’affiches du festival cette année : un groupe d’envergure internationale et néanmoins français, ça ne se refuse pas. Notons qu’ils ne feront que 3 dates en France.

– Vous valorisez le côté DIY, humain et qualitatif du festival.  Pensez-vous qu’au-delà de la prog’, le festivalier accorde autant d’importance aux différentes animations? Est-ce une façon de se différencier des grosses usines à gaz françaises?

tinalsTu viens dans un festival pour sa prog bien sûr mais pas seulement, surtout si tu arrives de loin (ce qui est de plus en plus le cas pour This Is Not A Love Song) donc on essaie d’offrir une expérience complète pour un week-end qui donne envie de revenir, tout simplement. Les après-midi gratuites sont aussi là pour permettre à un public familial de venir passer un bon moment avec nous, d’où les ateliers qui pour certains sont en partie ou pleinement destinés aux enfants. Quant au DIY, à la déco ou au côté participatif avec les bénévoles entre autres, c’est assez naturel pour nous. Il est vrai que l’on n’a pas envie de faire un n-ième festival avec de vilains barnums et des baraques à frites à perte de vue. Au delà de la musique, Tinals propose une expérience collective, l’idée est de faire ensemble. On cherche à questionner la place des publics dans les festivals de musique, ne pas faire des festivaliers uniquement des spectateurs, consommateurs. Ils peuvent donc créer eux-mêmes leur sac du festival, le badge du festival ou sérigraphier des tee shirts.

– Plus grande fierté en tant que programmateur ?

Peut-être d’avoir accueilli Cat Power qui est venue en solo il y a deux ans, mais globalement d’avoir réussi à monter un événement reconnu maintenant au plan national, dans une région qui, quelques années avant pouvait faire figure de « terra incognita » pour les musiques indie. Et je sais de quoi je parle, je suis de Rennes et je ne connaissais pas du tout le coin avant de débarquer, alors « si on m’avait dit ça » !

– Si le festival était une personnalité ?

Pas facile. Astérix pour le côté « petit mais costaud », Inspecteur Gadget pour la facette DIY / bricolo, et Christophe Colomb parce qu’on va vous faire découvrir l’Amérique (enfin 30 groupes d’Outre-Atlantique, tout de même). Mais il manquerait un côté féminin assez présent dans le festival (l’aspect fleuri, l’attention portée aux autres) donc disons Alice au Pays des Merveilles. L’autre côté du miroir…

– Un film ?

Ca existe pas « Very Good Trip » non ? Alors pour moi perso, Alien 1 parce que je vais avoir peur jusqu’à la toute fin du festival ! Mais on va prendre du plaisir et on ne va pas s’ennuyer un instant.

– Quel groupe aimeriez-vous secrètement reformer pour le festival?

Pourquoi pas Sonic Youth mais ce n’est pas très secret puisque nous avons déjà accueilli les trois quarts du groupe, Lee Ranaldo en 2014 et Thurston Moore l’an dernier (avec à chaque fois Steve Shelley à la batterie).

– Si demain le festival meurt (ce que nous n’espérons pas:)) que marqueriez-vous sur sa tombe ?

« Merci pour ces belles années, on l’a fait »

– Le mot de la fin ?

Vivement #TINALS !

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