Pour la dixième date de sa tournée 2016, débutée le 4 Mars à Troyes, No One Is Innocent posait son matos au Métronum le 31 Mars dernier. Les textes engagés, marque de fabrique du groupe, font échos à l’atmosphère de revendications sociales que nous connaissons depuis plusieurs semaines.

Bienvenus dans un live 100% Rock’n’Roll thérapeutique.

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La soirée débute à 20h30 avec X Syndicate, groupe punk métal féminin (assez rare pour être souligné) formé en 1994 (même année que les No One Is Innocent). Reconnues dans le milieu grâce à seulement trois albums en 20 ans de carrière, 4 friends (1998), Up your kilt (2001) et Dead or Alive (2015), le groupe a réalisé les premières parties de grands noms tels que Helmet, Slayer, Scorpions et Motörhead (comme les No One Is Innocent. Décidément, pas mal de points en commun ces deux-là.)

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Les trois filles (guitare, basse, chant) et le batteur nous envoient du punk survitaminé au métal. La voix est écorchée, les riffs rapides… on fait face à des piles de 100 000 volts sur scène et c’est un show explosif que produisent les trois furies dans un Métronum quasi plein mais quelque peu mou du genou. La solution est toute trouvée par la chanteuse aux cheveux blancs à pointes rouge en alpagant les « bad boys » de la salle. « Cette chanson est pour vous ! » et c’est une réussite, le public gigote . Ha, ces mecs ! Le set se termine sur le très bon et énervé Friends to Foes. Le punk old-school metal du dernier opus des X Syndicate rappelle les soirées Rock maison à danser dans le salon entre copains et trouve son efficacité à travers un show sous le joug d’une hyper énergie qui introduit parfaitement la suite de la soirée.

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Plus vraiment besoin de présenter la référence rock française que sont les No One Is Innocent après 20 ans de carrière et six albums. Leur tournée 2016 présente le dernier opus sorti le 8 Juin 2015, Propaganda, qui traite de thèmes internationaux comme le terrorisme, la stigmatisation d’une population, mais aussi la situation nationale avec la présidence dans le viseur. C’est un retour aux sources de la fibre rock après une partie de surf sur la vague électro avec Drugstore.

Le fond de scène s’habille d’une tenture sur laquelle est peinte le garçon hurlant entre les parenthèses que forment ses mains, référence à la typographie du groupe offrant un superbe jeu de lumières. 22 heures, le groupe arrive sur scène accueilli par une ovation. « Bonsoir Toulouse. On est No One Is Innocent et on fait du Rock’n’roll !». Le coup d’envoi est donné avec le titre Drones et son texte abordant l’hyper surveillance et la destruction à distance. L’ambiance est installée dès les premières notes. C’est violent, c’est énervé, c’est énergique. Les guitares saignent, la basse groove, la batterie est à deux doigts d’exploser. Les compositions nous remettent dans l’idée que le groupe parisien est notre Rage Against The Machine français.

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Kemar (le chanteur) saute, court, danse (au risque de s’emmêler dans le long fil de son micro) et la foule lève le poing, reprend les textes en chœur alors que s’enchaînent les titres de Propaganda avec Silencio à propos du manque d’action de la présidence, Barricades et les printemps arabes, Kids are on the road dénonce l’omerta médiatique subie par le groupe. Le show est efficace et thérapeutique, prescrivant un traitement par le cri. C’est le moment de sortir ce qu’on a dans le ventre, de « gueuler ensemble ! ». L’audience est captivée grâce à une réelle proximité entraînée par la générosité des cinq membres à travers les mots adressés au public et la mise en scène live. Ils prennent leur pied et nous aussi. La soirée continue avec d’anciens morceaux, les plus populaires, comme Nomenklatura, Révolution.com, La Peau, Johnny Rotten et Drugs. C’est sur ce dernier que Kemar invite une vingtaine de personnes à rejoindre le groupe sur scène et se paye le luxe d’un slide privé. Rock’n’Roll!! Il prend le temps d’embrasser chacune des personnes avant de finir le set sur 20 ans, hommage aux deux décennies d’existence du groupe porté par le slogan «No One Is Innocent, le feux sacré dans vos âmes » et qui appelle à « du bruit dans l’Hexagone ».

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No One revient pour le rappel avec Djihad Propaganda (concernant la composition, un de mes morceaux préférés). Le show se termine avec Charlie qu’introduit Kemar par : « On en a marre de ces chanteurs qui pleurent dans les micros. Ce qui s’est passé en Janvier a mis en colère les gars de la rédaction de Charlie, nous a mis en colère. C’est de la colère qu’il faut faire ressortir !». Pas très fan du texte, trop unilatéral à mon goût, je me laisse tout de même emporter encore une fois grâce à l’énergie du live.

23h15, le groupe serre les mains du premier rang avant de quitter le plateau du Métronum. Je ne suis pas d’habitude à jouer ma groupie et me jeter sur la barrière afin de récolter un peu de sueur du chanteur sur mon tee-shirt que je ne laverai plus jamais mais la générosité dont ont fait preuve les No One ce soir me fait m’avancer et prendre leur main juste pour leur dire un grand MERCI pour ce rock’n’roll français engagé qui manque terriblement à nos salles de concerts.

Texte par Anaïs

Crédit Photo : © Fred Moocher

L’ensemble des photos du concert ici.

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