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Chaque année révèle son lot de nouveautés, de déceptions, de révélations et/ou de confirmations. Le monde de la série tv ne déroge pas à cette règle immuable et nous offre de nombreux titres dans chacune de ces catégories. 2015 n’aura pas été avare en programmes calibrés pour le petit écran. Du bon, du nul, du pourri, de l’inattendu, du très bon, du très nul… Revenons de manière relativement exhaustive sur la plupart d’entre eux en les divisant de manière totalement arbitraire et « subjective ».

N.B. : Bien évidemment certaines séries ne figurent pas dans cet article pour la simple et bonne raison que son auteur n’a pas pu tout voir. Contrairement aux apparences ce dernier a plus ou moins une vie en dehors d’internet.

N.B. 2 (le retour) : Les avis exprimés, eux, n’engagent que celui qui les formule.

 

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Les Nouveautés qui ont assuré

Wet Hot American Summer

On commence avec celle qui n’est pas nécessairement la plus connue de toutes. Une mini-série comique, absurde, se déroulant sur un camp de vacances pour ados. Un casting tout simplement hallucinant pour huit épisodes d’environ une demi-heure chacun. L’originalité de ce programme réside dans le fait qu’il s’agît du prequel d’un film éponyme plus ou moins obscur sorti il y a plus de 10 ans. On s’intéresse ici à ce qu’il s’est passé dans les 24h précédent le début dudit long-métrage. Situation propice à tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi.

Netflix. Avec Amy Poehler, Paul Rudd, Christopher Meloni, Ken Marino, Jon Hamm, Joe LoTruglio, Bradley Cooper, Janeane Garofalo, Michael Cera… Pour ne citer que les plus connus.

Master of None

On continue avec Netflix et un nouveau véritable bijou. Ceux qui ne connaissent pas Aziz Ansari feraient mieux d’aller le découvrir tout de suite, que cela soit sur scène ou dans Parks and Recreation. Une véritable bombe comique qui est, depuis quelques années, en train de devenir un acteur/auteur/producteur accompli. Master of None c’est son histoire, romancée a priori. L’histoire d’un acteur d’origine indienne (cette précision est importante tout au long de la série) qui essaie de faire son trou à New-York, le tout en faisant face avec humour et décalage aux questionnements auxquels font face à peu près tous les trentenaires. Les responsabilités, le rapport à ses parents, les amis qui s’installent dans leurs nouvelles vies, les relations amoureuses et bien évidemment le racisme latent que l’on peut retrouver dans le monde du Cinéma comme de la Télévision. Une surprise qui n’en est pas une si l’on connait un minimum ce petit grand bonhomme qu’est Ansari.

Netflix. Créé, produit, écrit par Aziz Ansari. Avec Aziz Ansari, Noël Wells, Lena Waithe, Eric Wareheim (coeur sur lui depuis quelques temps), Kelvin Yu et les VRAIS parents d’Aziz Ansari.

 

Mr. Robot

Une toute petite promo, pas d’annonces fracassantes avant la sortie, une production modeste, une distribution d’illustres inconnus (oui bon, Christian Slater mais s’agit-il vraiment encore de l’assurance de quoi que ce soit ?) et un pitch qui, de prime abord peut ne pas être engageant pour tout le monde. On parle là d’un hacker paranoïaque, drogué et coupé du monde qui va se retrouver au milieu d’un complot qui pourrait bien le dépasser. Les premières scènes de « hacking » sont, de mon point de vue, plutôt indigestes. Comment faire monter une quelconque intensité dramatique avec des chiffres sur un écran et un vocabulaire incompréhensible du commun des mortels… Passé ce premier moment (et les autres scènes de hacking en fait) relativement mal amené et mis en scène, on se laisse avoir par la qualité d’écriture des personnages, les liens qui se créent entre eux et l’intrigue dont l’intensité augmente épisodes après épisodes.

USA Network. Avec Rami Malek (LA révélation, en tant qu’acteur, de l’année), Christian Slater, Portia Doubleday

 

Superstore

On passe là à un véritable pari dans la mesure où seuls quatre épisodes sont sortis pour le moment. Mais quatre épisodes que je me permets de juger comme étant prometteurs. Sans pousser trop loin la comparaison on peut établir un parallèle avec The Office. Parallèle qui trouve sa raison d’être dans le fait que l’on parle ici d’employés de supermarché tout ce qu’il y a des plus « normaux » et qu’on les suit dans ce qui ne ressemble qu’à un quotidien tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Au fil des épisodes les personnalités se font plus précises, les gimmicks plus appréciables et les mécanismes toujours plus évidents. Ce qui, lorsque c’est bien fait, donne son sel à toute bonne sitcom qui se respecte. En attente de confirmation mais partie sur de bonnes bases…

NBC. Avec America Ferrera, Ben Feldman, Colton Dunn

 

Man Seeking Woman

On vous en a déjà parlé il y a quelques mois lorsqu’il s’est agit de vous conseiller des séries pour la rentrée mais après visionnage complet de la première saison (la saison deux vient tout juste de débuter) on ne peut que se féliciter de vous avoir orienté vers ce chef-d’oeuvre d’absurde dans la veine de…pas grand chose en fait. Suivre les aventures amoureuses de Josh est un plaisir nouveau à chaque épisode. De l’absurdité acceptée par les personnages, des concepts novateurs et extrêmement intelligents à chaque fois et des idées géniales qui semblent déborder du cerveau de Simon Rich, petit génie qui signe un coup de maître pour son premier véritable projet abouti. On ne peut en raconter beaucoup car il n’y a rien à raconter. Contentez-vous de regarder chaque épisode.

FXX. Avec Jay Baruchel, Eric André

 

The Last Man on Earth

Même constat pour cette série que pour Man Seeking Woman. On en attendait pas mal, on vous l’a conseillée, on est fiers de nous. Les aventures du dernier homme sur Terre, Phil de son petit nom, ont été à la hauteur des espérances. Le genre de série dont on ne peut rien dire sans trop en dévoiler. Simplement que vous irez de surprise en surprise, de moments de gêne en moments de gloire et de petits bonheurs en révélations…surprenantes…

Fox. Créé/écrit/joué par Will Forte.

 

Better Call Saul

Le spin-off relativement attendu de Breaking Bad a réussi le tour de force de trouver son propre univers sans pour autant renier tout ce qui a fait de sa « grande soeur » la série culte qu’elle est. On retrouve le rythme, la mise en scène, certaines références et même la lumière de la plus grande réussite d’AMC. Bob Odenkirk, on le savait, est excellent en Saul Goodman/Jimmy McGill. Ce dont on pouvait douter c’est de sa capacité à porter sur ses épaules un projet comme celui-ci. Pari gagné. On ne peut cependant pas nier que l’arrivée de Jonathan Banks (Mike) pour « l’épauler » n’est pas pour rien dans la réussite finale de la série. Une saison 2 d’ores et déjà très attendue nous donnera encore plus d’informations sur ce qu’on ne pouvait pas forcément s’attendre à vouloir savoir.

AMC. Avec Bob Odenkirk, Jonathan Banks, Rhea Seehorn

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Les Confirmations

The Affair

Dominic West, Ruth Wilson, Joshua Jackson, Maura Tierney dans ce qui ressemble de prime abord à un drame de moeurs pour se transformer en un thriller palpitant, bien écrit et comprenant son lot de twists… Bien évidemment que cette série était partie pour s’approcher de la perfection. Le moins que l’on puisse dire c’est que de perfection il a été question mais jamais de déception. On ne s’ennuie pas une seconde et on passe de scènes d’une sensualité rare à questionnements multiples en l’espace d’une seconde, le tout avec la même qualité, tant de mise en scène que de jeu d’acteurs. Une ambiance suffocante, une histoire dont on se demande comment elle peut continuer d’évoluer épisode après épisode, saison après saison mais qui n’en finit jamais de surprendre. Une réussite.

Showtime. Avec les acteurs mentionnés plus haut.

You’re The Worst

Aux côtés de Master of None elle fait partie de mes révélations série comique de l’année (la saison 1 étant de 2014 elle se retrouve en revanche fort logiquement dans la catégorie « confirmations »). Une sitcom mais pas seulement. Une vraie réflexion sur le couple, ce que l’on attend de l’autre et surtout, ce que l’on attend de soi. Deux personnages principaux – l’un est un écrivain plus ou moins raté mais excessivement vaniteux et sarcastique, l’autre gère les relations pubs d’un groupe de hip-hop tout en étant très cynique quant aux choses de l’amour – qui refusent d’aimer mais se trouvent irrémédiablement attirés l’un par l’autre. Dis comme ça on pourrait croire à une énième romcom complètement conne mais on en est loin. Si un côté « fleur bleue » semble un court instant se dégager il est vite rattrapé par une atmosphère loin de tirer les ficelles que l’on retrouve habituellement. Du sexe, de la drogue, de l’alcool, des introspections tantôt logiques et intelligentes, tantôt superficielles et absurdes (selon les personnages) mais toujours drôles. Une véritable bouffée d’air frais pour deux saisons tout aussi réussies l’une que l’autre.

FX. Avec Aya Cash, Chris Geere, Kether Donohue, Desmin Borges

Brooklyn 9-9

La galerie de flics tarés d’un commissariat de Brooklyn n’a de cesse de se bonifier avec le temps. On connaissait Andy Samberg pour son travail avec The Lonely Island, il faudra désormais compter sur lui dans le domaine de la série télévisée (et bientôt du Cinéma, évidemment). Toute la joyeuse bande du 9-9 a su trouver son équilibre pour nous donner depuis quelques temps ce qui ressemble à une excellente série. Elle se laissait regarder et accumulait les gags. Elle a désormais ses propres mécanismes, gimmicks, running gags et par conséquent tout ce qui fait une bonne sitcom. Les enquêtes sont un prétexte à des « morceaux de bravoure » et ce que l’on attend nous est toujours offert au final. Trop Facile ? Pas tant que ça.

Fox. Avec Andy Samberg, Melissa Fumero, Joe LoTruglio, Stephanie Beatriz

 

 

South Park

Et oui, South Park. Parce que la saison dernière était la meilleure depuis un moment et que celle qui vient de s’achever est du même acabit. Une saison dont les épisodes se suivent dans le fond mais avec toujours un nouveau sujet à traiter en rapport avec l’actualité. Une véritable intrigue également. Si vous avez arrêté South Park il y a quelques années, jetez-vous sur les deux dernières saisons, c’est un ordre.

Comedy Central. De Trey Parker et Matt Stone. Avec Eric Cartman, Stan Marsh, Kyle Broflovski, Kenny McKormick, Randy Marsh, Le PC Principal

 

True Detective

Parce qu’il faut voir les choses avec un minimum de recul. Cette saison en a peut-être (doux euphémisme) déçu certains pour de multiples raisons mais on ne peut pas parler d’échec. La plupart des mauvaises critiques n’ont de cesse d’établir des comparaisons entre les deux saisons. Comparaisons légitimes mais moins que sur d’autres séries au final. On parle là d’une anthologie donc d’une autre histoire, d’un autre contexte, d’autres personnages etc… Si l’on prend la saison 2 de True Detective en tant qu’oeuvre à part entière et en oubliant sa devancière on est plutôt forcés d’avouer qu’il s’agit d’une bonne série. Avec certaines longueurs, un scénario alambiqué et ses défauts mais une bonne série au final. Sans compter que celui qu’on attendait pas, Vince Vaughn, est une véritable révélation avec son rôle dramatique campé à la perfection. Vraiment, qu’on aime ou non, True Detective deuxième du nom n’est pas un échec.

HBO. Avec Colin Farrell, Rachel McAdams, Taylor Kitsch, Vince Vaughn, Kelly Reilly

 

Ndr : On devrait en toute logique retrouver The Leftovers dans cette catégorie mais ayant attendu la sortie de tous les épisodes pour en commencer le visionnage je ne suis pas dans les temps pour en débriefer avec la qualité que l’on me connaît. 

La seconde partie sera légèrement moins positive et abordera les séries décevantes, voire très nulles ainsi que celles qui nous ont dit au revoir, avec élégance. Rendez-vous dans moins d’une semaine.

 

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